Gaz de schiste: Dominic Champagne en croisade pour un moratoire

Le metteur en scène Dominic Champagne (à droite)... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le metteur en scène Dominic Champagne (à droite) et deux agriculteurs, Bob Lemay et Philippe Gingras, demandent un moratoire sur le gaz de schiste pour que le Québec­ prenne une décision éclairée.

Le Soleil, Yan Doublet

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Jean Pascal Lavoie
Le Soleil

(Québec) Depuis deux mois, Dominic Champagne, qui a entre autres mis en scène le spectacle The Beatles - Love, du Cirque du Soleil, s'est lancé dans une croisade pour demander un moratoire sur le développement du gaz de schiste au Québec.

Rencontré chez lui à Deschaillons en compagnie de deux agriculteurs de la région, l'homme de théâtre qui s'est taillé une réputation internationale grâce à son travail avec le Cirque du Soleil, se défend bien de s'approprier une cause qui ne lui appartient pas.

«Je n'ai pas l'âme d'un militant et je n'ai pas la fibre écolo particulièrement développée, assure Dominic Champagne. Mais depuis 25 ans, je passe tous mes étés à Deschaillons. Ma femme est née ici et sa famille y vit depuis des générations. J'ai une terre de cinq âcres et je viens tout juste d'apprendre qu'une gazière a le droit de venir forer dans ma cour, sans ma permission, avec tous les risques que ça comporte. C'est sûr que je suis un artiste, que je parle de tout ça avec ma passion. Mais qu'on ne me demande pas de ne pas être qui je suis! Je suis concerné!»

Pas dans ma cour?

Ce doit donc être le syndrome du «pas dans ma cour» qui le fait monter aux barricades? «Je mets au défi n'importe qui de voir une gazière débarquer dans sa cour, et on s'en reparlera! lance M. Champagne en riant. Mais au-delà de ça, ce n'est pas juste quelques artistes hystériques qui s'énervent. Les gens sur le terrain aussi s'inquiètent. Je conçois que l'on ne soit pas tous des adeptes de Frédéric Back [L'homme qui plantait des arbres], que nous sommes aussi un peuple de bûcherons, mais nous sommes tous préoccupés par la qualité de l'eau que l'on boit. Ce qui nous rassemble tous, c'est le verre d'eau.»

Depuis que le développement du gaz de schiste a pris l'avant de la scène dans l'actualité, Dominic Champagne fait des recherches, épluche des études, lit tout ce qui concerne cette industrie, prend part à des débats et, surtout, parle avec les citoyens des MRC de Bécancour et de Lotbinière. Et ce qu'il trouve ne l'enchante pas du tout.

«Il y a trop d'exemples qui prouvent que cette industrie est polluante et que l'exploitation du gaz de schiste présente un risque pour la nappe phréatique pour qu'on se lance là-dedans les yeux fermés», indique-t-il.

Dominic Champagne cite en exemple le cas de Saint-Grégoire, où les parois d'un bassin d'eau ayant servi à la fracturation s'étaient affaissées, laissant des substances chimiques se déverser dans l'environnement. Il y a quelques semaines, après de fortes pluies, lui et un ami se sont rendus, en pleine nuit, sur un site de la région de Lotbinière pour examiner l'un de ces réservoirs.

«Nous sommes montés sur les bords du bassin et nous avons constaté que l'eau était à quelques centimètres de déborder. Au ministère de l'Environnement, on nous dit que ce sont des incidents mineurs. Peut-être, mais pour l'instant il n'y a que 29 puits. Qu'est-ce que ça va être quand il va y en avoir 7000?

«Ce n'est pas vrai que tout ce qu'il faut faire se fait pour préserver l'environnement. On nous rapporte trop de choses pour croire la ministre Normandeau quand elle nous dit qu'il n'y a pas de problèmes, que de toute façon il n'y aura pas d'exploitation avant 2014. Pour nous, c'est maintenant, les problèmes et les risques.»

Appuis de taille

Pour faire avancer sa cause, Dominic Champagne ne s'est pas gêné pour faire appel à ses connaissances, dont Guy Laliberté, le fondateur du Cirque du Soleil, et Richard Desjardins, dont le film L'erreur boréale avait beaucoup fait parler.

«Il y a des gens au village qui s'inquiètent, mais qui n'ont pas beaucoup de moyens de se faire entendre. Moi, je prends les moyens que j'ai, et ça leur fait plaisir de voir qu'un gars comme Desjardins les appuie.»

Si Dominic Champagne tient à ce que des personnalités connues l'appuient, c'est qu'ainsi plus de personnes seront au courant de sa cause.

«Quatre-vingt-dix pour cent de ceux qui s'informent sur le gaz de schiste trouvent que ça va trop vite. Ceux qui sont informés veulent un moratoire!»

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