Écoquartiers: Portland veut devenir la référence mondiale

Portland prévoit l'érection dès 2012, dans son quartier... (Photo Oregon Sustainability Center)

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Portland prévoit l'érection dès 2012, dans son quartier universitaire, du Oregon Sustainability Center, qu'on espère voir devenir le monument phare de la construction verte en Amérique.

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(Québec) Portland se lance à son tour dans les écoquartiers. À l'heure où Québec entrevoit la création de trois quartiers verts sur son territoire, la ville de l'Ouest américain prend les devants et met en branle son projet colossal. Le but avoué : éclipser les références inévitables aux initiatives scandinaves et devenir la référence mondiale en la matière.

Les ténors du développement durable se réunissent ce matin pour une conférence de trois jours sur les écoquartiers au coeur de Portland. Au menu : la mise en place autour du centre-ville de cinq écoquartiers dans la même lignée de ceux qu'envisage Québec pour les secteurs D'Estimauville, Pointe-aux-Lièvres et de la Cité verte.

Mais Portland voit grand. Elle prévoit l'érection dès 2012 dans son quartier universitaire du Oregon Sustainability Center, qu'on espère voir devenir le monument phare de la construction verte en Amérique.

Pour la bagatelle de 120 millions $US (dont près de 80 millions $ déjà garantis par un financement public), Portland dévoilera le premier édifice «zéro émission» de la cité. Autosuffisante en eau et en énergie, la tour de huit étages sera construite avec des matériaux locaux et respecterait des normes environnementales - le Living Building Challenge - qui surpassent de loin celles de la certification LEED.

«Le but, c'est de devenir la ville la plus verte en Amérique, que ça devienne notre branding. Et cet édifice deviendrait l'icône de tout le mouvement», explique John Tarantino, l'auteur derrière The Environmental Blog, qui traite des questions d'urbanisme en Oregon.

Le centre novateur - ouvert au public - sera aménagé au coeur d'un écoquartier universitaire et à proximité d'une station de tramway. Les projets-pilotes seront intégrés au réseau cyclable, modernisé grâce à une enveloppe de 600 millions $ sur 20 ans.

Les écoquartiers à la sauce américaine ne feront pas que des heureux. La Ville a ainsi manifesté son intention de recueillir davantage l'eau de pluie dans les rues... et de s'en servir pour faire pousser des plantes qui prendront d'assaut des cases de stationnement qu'on prévoit condamner.

Malgré la résistance populaire, les citoyens de cette ville de près de 600 000 habitants embarqueraient dans l'aventure, selon David Oates, auteur d'essais sur l'étalement urbain à Portland. «C'est notre identité, ici. On essaie de construire une ville plus compacte, plus dense. Même si pour plusieurs, ça peut paraître antiaméricain! C'est un défi énorme, un combat de tous les instants, mais ça marche.»

À l'image de Québec et de sa rivière Saint-Charles, Portland accueille un cours d'eau urbain, la Williamette River, où un autre écoquartier verra bientôt le jour. «Ce sera spectaculaire, affirme David Oates. Ça ressemblera au modèle développé par Vancouver pour son village olympique. Mais ce qui est nouveau, c'est de voir enfin des constructions en hauteur au centre-ville.» Tout un changement pour une ville où les immeubles de deux ou trois étages ont la cote. La clé de l'acceptabilité sociale du projet en hauteur : des décennies de politique de fermeture et de repli sur soi; au sens urbanistique du terme, bien sûr.

Limiter l'étalement

Le maire de Québec, Régis Labeaume, avait causé bien des remous cet été en déclarant vouloir limiter le développement dans le bassin versant du lac Saint-Charles. Portland, elle, a instauré l'équivalent d'un immense dôme de verre transparent autour de sa frontière urbaine. Au-delà du dôme, aucun développement n'est toléré. Point à la ligne.

«Cette délimitation a métamorphosé la ville», soutient David Oates, qui a notamment écrit en 2006 Walking Portland's Boundary, où il a marché chaque mille de cette frontière imaginaire pour constater les conséquences de la législation. «Chez nous, on a l'impression d'avoir une qualité de vie supérieure, et ça vient beaucoup de cette frontière. Les écoquartiers, c'est juste une conséquence naturelle d'avoir établi des limites à l'étalement urbain. Sans cela, les promoteurs n'auraient pas pris le risque.»

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