Des résidus verts aux ordures

Pendant un mois, les résidus verts d'une partie... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Pendant un mois, les résidus verts d'une partie de Limoilou ont invariablement abouti à l'incinérateur plutôt qu'au centre de compostage de Saint-Henri. Le transporteur Gaudreau a commis une erreur, a admis la Ville.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

(Québec) La collecte des résidus verts a connu des ratés cette année à Québec. Dans au moins trois des six arrondissements, des matières destinées au compostage ont abouti à l'incinérateur. La Ville assure que les «transporteurs délinquants» ont été avertis et que tous les problèmes ont été réglés.

Michel Cantin a profité d'un récent dimanche après-midi pour ramasser les feuilles mortes tombées sur son terrain de l'arrondissement des Rivières. Comme demandé par la Ville, il les a disposées dans des sacs orange pour les différencier de ses déchets placés dans des sacs verts. Mais voilà, le lundi matin suivant, le citoyen a été estomaqué de constater que le tout était jeté pêle-mêle dans le même camion à ordures. Même chose pour son voisin qui avait opté pour des sacs transparents, l'autre «couleur» suggérée par la Ville pour disposer de résidus verts.

Alertée par deux plaintes de citoyens de cet arrondissement, Québec dit avoir averti la compagnie responsable de la collecte dans ce secteur, Sanibelle. «Il y a eu un problème de la part du transporteur. Les gens sur le terrain avaient eu la mauvaise information», indique une porte-parole de la Ville, Marjorie Potvin.

Les recherches du Soleil ont toutefois permis de constater que le problème n'est pas isolé. Des citoyens de deux autres arrondissements ont confié avoir vécu le même problème.

Une résidante de Beauport a acheté des sacs orangés comme le suggère le Bulletin municipal, le journal publié par la Ville, pour y déposer ses résidus de boîtes à fleurs. «Surprise! Mon sac a été balancé dans le bac vert prévu pour les ordures et transvidé avec le reste dans le camion à vidanges», écrit-elle.

Encore une fois, la Ville parle d'une simple erreur d'un éboueur. À la suite d'une plainte, la Ville dit avoir contacté l'entrepreneur pour lui rappeler ses obligations. «Ça ne reproduira plus. Tous gens sur le terrain sont avisés», assure Marjorie Potvin.

Deux journalistes du Soleil ont constaté les mêmes problèmes dans Limoilou. Daphnée Dion-Viens a vu ses restes de plates-bandes aboutir dans le même camion que les sacs verts. Elle avait pourtant pris la peine d'acheter à la quincaillerie un sac brun où l'on pouvait clairement lire «résidus de jardins». «On pouvait aussi y lire que toutes les municipalités acceptent ce sac biodégradable pour la collecte des résidus verts», rapporte-t-elle. Plus loin dans Limoilou, Jean-François Cliche a également vu un éboueur jeter un sac orange dans un camion à ordures rempli de sacs verts.

Erreur du transporteur

En fait, pendant un mois, les résidus verts d'une partie de Limoilou ont invariablement abouti à l'incinérateur plutôt qu'au centre de compostage de Saint-Henri depuis, a confirmé Marjorie Potvin. «[Le transporteur] Gaudreau a commis une erreur. Une personne récoltait les résidus verts avec les ordures. Aussitôt que la situation a été constatée, un avis a été donné à l'entrepreneur pour que ça ne se reproduise plus», explique la porte-parole.

L'administration Labeaume assure ne pas vouloir tolérer ces écarts. «Effectivement, il y a des transporteurs délinquants. Je pense qu'il va y avoir des petits ajustements», a indiqué Simon Brouard, responsable de l'environnement au comité exécutif.

Celui-ci invite les citoyens à porter plainte à la Ville quand ils sont témoins de tels problèmes. «Les gens n'ont pas toujours ce réflexe et appellent simplement leur conseiller, mais je leur dis toujours de porter plainte officiellement», indique M. Brouard. Dans le cas de Limoilou, aucun citoyen ne s'était plaint, d'où le délai d'un mois avant d'avertir le transporteur du problème.

Même si toute la collecte des matières résiduelles est maintenant confiée au privé, la Ville assure malgré tout garder le contrôle sur la qualité du travail. «Dans le cas des Rivières, les gens de l'arrondissement ont contacté l'entrepreneur pour lui dire qu'ils donnent la bonne information aux gens sur le terrain et s'arrangent pour que les sacs orange soient ramassés avec la collecte des résidus verts. C'est sûr qu'on garde le droit de regard.»

Selon la Ville de Québec, quel­que 12 700 tonnes de feuilles mortes ont été compostées en 2009. Cette année, la collecte des résidus verts s'étend du 13 septembre au 19 novembre, ainsi que durant le mois de mai.

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