Le nouvel autobus, fabriqué chez Novabus et arrivé incognito à Québec en juin, était stationné devant le nouveau garage du RTC, rue Armand-Viau, lors du passage du Soleil, mercredi. Mais bien malin celui qui aurait deviné, de loin, qu'il s'agit d'un hybride. La seule différence est la présence de la batterie sur le toit, à l'arrière du véhicule. Sinon, de visu, il est en tout point identique aux autobus à planchers bas qu'on a l'habitude de voir.
C'est lorsque le véhicule roule et quand vient le temps de passer à la caisse que les améliorations sont notables. D'abord, la première facture est salée : environ 726 000 $ par autobus, comparativement à 435 000 $ pour un véhicule diesel, indique le président du RTC, Raymond Dion. Il ajoute cependant que selon les tests effectués à Montréal et à Gatineau, «sur une période de six à sept ans, on pourrait rentabiliser l'excédant».
Les deux sociétés de transport ont évalué qu'un autobus hybride consommait de 20 % à 30 % moins de carburant qu'un autobus diesel. Un avantage économique certes, mais également environnemental, se réjouit Raymond Dion. «Les cibles [de réduction] de la Ville et du gouvernement, faut que ça passe à quelque part!» dit-il.
L'économie de carburant, ajoute M. Dion, varie selon le parcours emprunté : «Plus le régime de vitesse est bas, meilleure est la performance du véhicule hybride.» L'hybride adore aussi les arrêts et départs fréquents, puisque le freinage permet de recharger la batterie. Selon ces critères, «le parcours 7 est l'exemple type, on gagne énormément, on pourrait aller chercher 30 % d'économie», croit M. Dion. C'est d'ailleurs sur ce parcours que le bolide devrait entreprendre son périple dans les rues de Québec dans les prochains jours ou les prochaines semaines.
Moins bruyant
«Aussi, ce qui n'est pas négligeable, poursuit le président du RTC, c'est qu'il s'agit d'un véhicule beaucoup moins bruyant. Quand il roule à basse vitesse ou qu'il est arrêté longtemps, les gens ne l'entendront pas parce qu'il sera sur le régime électrique.» De la musique aux oreilles des passagers, mais aussi à celles des résidants qui habitent près des terminus, par exemple.
Avec un seul véhicule, l'effet ne se fera pas sentir immédiatement, s'entend. Mais d'ici 2030, par contre, les rugissements des autobus diesel pourraient, selon les plans du RTC, se faire aussi rares que les chars tirés par des chevaux aujourd'hui. Le RTC a lancé un appel d'offres en mai dernier pour l'acquisition d'un minimum de 107 autobus hybrides à livrer de 2012 à 2016.
«Tout ce qu'on achète maintenant, on va essayer dans la mesure du possible de se diriger vers l'hybride ou, s'il y a possibilité, d'ici quatre, cinq ans, vers le tout-électrique», confirme M. Dion. Le RTC tente aussi de modifier le contrat en cours qui prévoyait la livraison de véhicules diesel pour commander des hybrides à la place.
Avant de prendre du service, le petit nouveau au garage du RTC devra se faire connaître. «On fait le tour des chauffeurs, on donne l'information, explique M. Dion. Il va falloir qu'ils se familiarisent, parce que les départs, les arrivées et le freinage ne sont pas pareils.»
Il s'agit aussi d'une nouvelle technologie pour les mécanos. Une équipe a commencé une formation en juin.