Québec veut contenir la demande en eau potable

Le maire Régis Labeaume a dévoilé sa vision... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Le maire Régis Labeaume a dévoilé sa vision du développement durable pour la ville de Québec, notamment en ce qui a trait à l'eau potable.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

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(Québec) L'administration Labeaume utilisera l'eau pour vendre à la population la nécessité de freiner l'étalement urbain en densifiant les quartiers existants. Disant vouloir protéger sa principale source d'eau potable, Québec resserrera sévèrement les règles pour construire dans le bassin versant de la rivière Saint-Charles. Et ce, tant sur son territoire que chez ses voisins.

Dans un discours fleuve de 45 minutes lundi matin, le maire Régis Labeaume a présenté le premier volet de son plan de développement de la capitale pour les  25 prochaines années. Un avenir qui passe par la densification des quartiers existants et non par un étalement au nord, s'est-il efforcé à démontrer.

Inquiet depuis les épisodes de contamination au TCE à Val-Bélair et de déversement de produits pétroliers à Stoneham en janvier dernier, le maire dit vouloir réduire la pression sur la prise d'eau de la rivière Saint-Charles, qui abreuve 276 000 citoyens de Québec.

Pour ce faire, il freinera le développement résidentiel dans la couronne nord, du quartier Lac-Saint-Charles aux municipalités de Stoneham, de Lac-Beauport et de Lac-Delage.

La capitale invite ainsi ses voisines ayant un pied dans le bassin versant de la prise d'eau à adopter dans une semaine à peine un moratoire de 150 jours sur toute construction d'habitations. Ainsi, si cette «résolution de contrôle intérimaire» - dans le jargon municipal - est adoptée le 9 juin, aucun permis ne pourrait être délivré d'ici le début novembre. Autant dire que très peu de chantiers y verraient le jour en 2010.

Ce «temps d'arrêt» permettra à Québec et à ses voisines d'adopter des règles plus strictes pour le développement résidentiel dans les bassins versants de prises d'eau, a exposé M. Labeaume. Ce dernier veut ainsi rendre obligatoire le raccordement au réseau d'égout. Fini les nouvelles constructions avec fosses septiques.

Risque de contamination

L'administration juge que les 5300 installations déjà présentes dans le bassin versant représentent «un risque élevé de contamination». À ce nombre, il faut également ajouter les 1700 fosses se trouvant dans le bassin de la rivière Montmorency, bassin dans lequel Québec puise l'eau pour 149 000 de ses citoyens.

Les nouvelles règles de construction envisagées dans les bassins versants de prises d'eau imposeront aux promoteurs de veiller à maintenir la qualité de l'eau. Ils devront également conserver 40 % de milieux naturels, contrôler l'érosion et concevoir leurs projets selon les principes du développement à faible impact. Un guide du promoteur sera disponible à l'automne pour expliquer comment respecter ces nouvelles exigences.

De plus, le maire a annoncé que Québec abandonnerait définitivement tout projet d'expansion dans le bassin versant de la rivière Saint-Charles. La Ville dit ainsi tourner le dos à un potentiel de 7000 nouveaux logements. Reste qu'on construira les projets déjà autorisés par les précédentes administrations sur 900 terrains, en respectant les nouvelles normes.

Au-delà de la protection de l'eau, l'annonce de lundi représente un prélude au dépôt le 10 juin du rapport sur la mobilité durable. Le comité mis sur pied par le maire voilà un an recommandera l'implantation d'une ligne de tramway de Lévis à d'Estimauville, comme le rapportait samedi Le Soleil. M. Labeaume a refusé de commenter la nouvelle lundi, sans pour autant la réfuter. Rappelons que ce nouveau mode de transport en commun sera appelé à servir d'outil de développement pour densifier diverses parties de la capitale.

Or, l'administration Labeaume aura fort à faire pour vendre la densification à une population qui s'est maintes fois opposée au principe. En février 2009, l'arrondissement Sainte-Foy-Sillery avait dû renoncer à introduire de nouvelles règles pour favoriser la construction de maisons en rangée ou de jumelés sur son territoire. Pas moins de 550 résidants étaient venus s'opposer en consultation publique à toute densification, même «douce», comme le proposait leur arrondissement.

Densifier au sud

Dans son discours lundi, le maire a directement relié la protection de l'eau potable à la lutte contre l'étalement urbain. La couronne nord fermée au développement, Québec n'aura d'autre choix que de miser désormais sur la densification du sud de son territoire.

«Le nouveau cadre urbain devra reposer sur le réaménagement des quartiers existants et sur une utilisation des terrains vacants ou peu utilisés», a d'ailleurs insisté M. Labeaume.

S'il souhaite voir davantage de maisons en rangées construites, le maire ne croit pas que cette décision viendra pousser à la hausse le prix des résidences unifamiliales. Avec le vieillissement de la population, de nombreuses personnes âgées devraient revendre leur maison pour occuper des logements moins grands, assurant aux jeunes familles l'accès à ces propriétés. «C'est pas ça qui va mettre la pression, tranche le maire. C'est la vigueur économique et le taux d'inoccupation.»

Dernière poussée de croissance

Québec aura droit à une dernière «poussée» d'étalement urbain. Disant vouloir désormais miser sur la densification pour développer la capitale, l'administration Labeaume autorise néanmoins un «dernier» agrandissement du périmètre d'urbanisation, limites dans lesquelles la Ville permet la construction de résidences et de commerces. Environ 1500 nouveaux logements pourront ainsi être ajoutés dans les arrondissements de Beauport, de Charlesbourg et de la Haute-Saint-Charles.

Le maire a défendu ce choix lundi en expliquant que cette poussée aurait un impact minime en raison de l'«utilisation maximale des réseaux d'aqueduc et d'égout et la présence du transport en commun». M. Labeaume a toutefois insisté pour dire qu'il s'agirait du dernier agrandissement du périmètre d'urbanisation «avant très longtemps».  

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