Bruit près des autoroutes: la Ville refuse d'élargir la zone tampon

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Il ne reste pas beaucoup de lots à construire le long des autoroutes.

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(Québec) L'administration Labeaume se refuse à l'idée d'élargir la zone tampon le long des autoroutes, comme l'invite à le faire une pétition signée par près de 2100 citoyens. D'abord parce qu'un tel règlement pourrait nuire à un mégaprojet de 4300 résidences le long d'Henri IV. Et aussi parce que la Ville soupçonne un nouvel épisode de Pas-dans-ma-cour.

«Il ne reste pas grands lots à construire le long des autoroutes», souligne François Picard, responsable de l'aménagement du territoire au comité exécutif de Québec. Or, avec le manque de terrains constructibles dans la capitale, l'administration municipale souhaite exploiter au maximum ce qui reste. Bordure des autoroutes comprise. «Pour l'instant, notre objectif est de continuer à permettre la construction au-delà de 30 m», tranche l'élu des Rivières.

La Ville a d'ailleurs un important projet dans sa mire le long de l'autoroute Henry IV, au nord de l'avenue Chauveau, selon ce qu'a appris Le Soleil. Le projet baptisé «Alpha Est» couvrira à terme 275 hectares, soit près de trois fois la superficie des plaines d'Abraham.

Selon les premières évaluations, on pourrait y construire pas moins de 4300 logements sur environ 100 hectares dans le district des Châtels. On y plannifie principalement des immeubles à logements multiples (40 %) et des maisons en rangées (35 %), mais aussi des jumelés (15 %) et des maisons isolées (10 %). Cent autres hectares accueilleront des entreprises, tandis que les 75 derniers hectares resteront à l'état naturel.

Le tout sera toutefois aménagé pour éviter les problèmes de pollution sonore, promet M. Picard. «Pour les nouveaux développements, on veut privilégier des édifices industriels ou commerciaux en bordure des autoroutes et mettre les résidences plus éloignées.» On ne parle pas ici d'industrie lourde, mais d'entreprises «sans nuisance». L'élu cite en exemple Æterna, spécialisée en biopharmaceutique, qui s'est implantée dans le parc technologique, le long d'Henri IV.

Le projet Alpha Est en est toutefois encore à l'étape des planches à dessin, la Ville devant préciser les zones à protéger. Un milieu humide et des ruisseaux d'intérêt ont été inventoriés. Deux bassins de rétention devront être aménagés pour éviter les débordements dans la rivière Lorette. Ceux-ci pourraient d'ailleurs être aménagés le long d'Henri IV.

Du Pas-dans-ma-cour?

Mais au-delà de l'enjeu de la pollution sonore, l'administration Labeaume soupçonne les instigateurs de la pétition déposée lundi soir au conseil municipal de provenir d'un comité d'arbres. «On croit que la pétition origine de gens [réclamant la protection du boisé] Bon-Pasteur, au nord de Charlesbourg et ces gens ne veulent pas de construction à côté de leurs résidences. Ils ont trouvé ce moyen pour éviter la construction et le déboisement d'une partie du boisé», estime M. Picard.

L'élu reconnaît tout de même que les pétitionnaires ont fait du «beau travail» en colligeant 2088 signatures pour appuyer leur demande. Il reste toutefois sceptique devant la démarche. «Pourquoi des gens, au nom des citoyens de toute la ville, veulent en empêcher d'autres de s'installer et de s'acheter une résidence en bordure des autoroutes?»

En vérité, un règlement prévoyant un tampon de 300 m n'empêcherait pas un promoteur de construire dans cette zone. Il aurait toutefois l'obligation d'aménager auparavant un mur antibruit.

Rappelons qu'un groupe a déposé une demande de recours collectif contre le ministère des Transports et la Ville de Québec. M. Picard considère toutefois que l'absence de mur antibruit le long de l'autoroute Laurentienne s'explique par le refus des riverains à contribuer à sa construction par une taxe de secteur. L'administration municipale juge inconcevable de refiler à tous les citoyens la facture pour ceux ayant décidé de s'établir près des axes routiers. Au moins quatre quartiers seraient éligibles à des écrans, ce qui pourrait représenter une facture de plus de 60 millions $.

 

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