La frontière du pergélisol recule

Dans les tourbières, les buttes causées par le... (Serge Payette)

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Dans les tourbières, les buttes causées par le pergélisol sont facilement repérables par avion.

Serge Payette

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(Québec) La frontière du pergélisol a reculé de 130 kilomètres vers le nord au cours du dernier demi-siècle, d'après une étude de l'Université Laval publiée dans la revue scientifique Permafrost and Periglacial Processes.

Le permafrost est cette couche de sol qui ne dégèle jamais, même en été. Exception faite de quelques îlots plus au sud - sur les hauteurs de Charlevoix, par exemple -, on trouve du pergélisol jusqu'à la hauteur de la baie James, explique le biologiste Serge Payette, coauteur de l'étude avec son étudiant Simon Thibault.

C'est en faisant le relevé de petits monticules appelés «palses» entre le 51e et le 53e parallèle q­e lors d'un entretien téléphonique, accompagnent parfois le pergélisol aux endroits où le sol argileux ou limoneux contient beaucoup d'eau.

En effet, comme l'eau prend de l'expansion en gelant, cela a pour effet de soulever la terre d'environ un mètre à la limite sud du pergélisol, et jusqu'à une dizaine de mètres dans le Grand Nord.

Dans les tourbières, ces buttes sont facilement repérables par avion, car les lichens et les végétaux qui y poussent tranchent avec le reste - voir les taches pâles (des lichens) sur la photo. En se rendant, en 2004, dans sept tourbières, dont il existait des photos aériennes datant de 1957, les chercheurs ont réalisé qu'il n'y avait des palses que dans deux d'entre elles, contre la totalité 50 ans plus tôt. Et encore, en retournant dans ces deux tourbières l'année suivante, Thibault et Payette ont trouvé que le nombre de palses y avait chuté de 90 % et de 86 % en un an.

De nombreux signes suggèrent fortement que le réchauffement climatique soit derrière ce recul du pergélisol, mais M. Payette n'ose toutefois pas se montrer catégorique. «On veut être prudent parce que les données météorologiques de la région ne sont pas suffisantes [pour éliminer la possibilité que le milieu des années 50 ait été exceptionnellement froid dans ces parages]».

Il demeure possible qu'un épisode de froid inhabituel ait créé un nombre anormalement grand de palses sur les photos de 1957, ce qui donnerait maintenant l'impression d'un recul du pergélisol.

Mais, selon lui, cette découverte vient s'ajouter à une série d'observations qui est trop longue pour que le climat ne soit pas le «suspect principal»...

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