Dépôts de matières recyclables à Charlesbourg: des airs de dépotoirs à ciel ouvert

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Situé sur le boulevard Louis-XIV, l'un des deux sites non surveillés est rempli de matières interdites.

Le Soleil, Martin Martel

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Avec le grand ménage du printemps, les deux sites non surveillés de dépôt de matières recyclables à Charlesbourg ressemblent de plus en plus à des dépotoirs à ciel ouvert. La Ville de Québec menace de les fermer.

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L'autre dépôt, situé à l'arrière des Galeries Charlesbourg, est un peu moins délabré, même si la fonte des neiges y  révèle également des matières non recyclables.

Le Soleil, Martin Martel

Hier avant-midi, le terrain situé sur le boulevard Louis-XIV à l'intersection du boulevard du Loiret, entre le Canac-Marquis et le Maxi, était rempli de matières interdites. Aux abords des 10 conteneurs, des pneus, un aileron de voiture, des cassettes vidéo, des bouts de tuyaux, des chaudières de produits chimiques et des tas d'autres déchets jonchaient le sol jusque dans le ruisseau avoisinant.

À ne pas confondre avec les sept écocentres de Québec, des endroits surveillés où les citoyens peuvent entre autres déposer leurs matériaux secs, leurs résidus dangereux, leurs électroménagers et leurs pneus d'automobile, les sites de dépôt de matières recyclables sont libres d'accès en tout temps et réservés à certaines matières.

Collées sur les conteneurs, de grandes affiches y indiquent que seuls le papier, le carton, les journaux, le plastique, le métal, le verre et les contenants de jus ou de lait peuvent être déposés. Elles mentionnent aussi que des «amendes de 100 $ peuvent s'appliquer à tout contrevenant».

L'autre terrain de dépôt de matières recyclables, situé à l'arrière des Galeries Charlesbourg, est un peu moins délabré. Mais la fonte des neiges commence à révéler un amoncellement de déchets proscrits dans les sept conteneurs qui s'y trouvent, dont un vieux matelas et des morceaux de plaque de plâtre.

Avertissement en évidence

Sur les deux sites, la Ville a également planté un avertissement presque impossible à manquer : «Merci de garder ce site propre! La malpropreté de ce lieu pourrait entraîner sa fermeture.»

Joint hier après-midi, le porte-parole des Travaux publics, Jacques Perron, indique qu'en plus des investissements qu'ont nécessités les écocentres, Québec n'a pas les moyens de payer pour assurer la surveillance des deux terrains libres d'accès de Charlesbourg et se fie à la responsabilité des citoyens.

«Dans les sites non surveillés, c'est évident que si les citoyens ne font pas un effort additionnel, ça donne ce que vous avez vu ce matin, dit-il. S'il y a des abus et que c'est constamment malpropre, la Ville va tout simplement procéder à la fermeture de ce site-là et les gens devront faire plus de distance pour disposer de leurs déchets.»

Problème constant

Rencontré alors qu'il venait déposer ses matières recyclables au dépôt du boulevard Louis-XIV, Frank Paradis, 37 ans, résidant de Charlesbourg, a souvent vu les lieux en piètre état, même sans le ménage de printemps.

«D'habitude, ici, il y a tellement de cochonneries que ça n'a pas de sens, dit-il. Il y a de la place pour deux voitures, pas plus! Quand ce n'est pas de la peinture, c'est des déchets de construction, c'est du styromousse, des vêtements, des télévisions. Il y a n'importe quoi!»  M. Paradis se fait un devoir de récupérer les objets qui ne sont pas à leur place et de les donner à un écocentre ou à un organisme de charité.

Gaudreau Environnement, à qui la Ville a donné le mandat d'entretenir les deux endroits de dépôt de matières recyclables de Charlesbourg, vide les conteneurs et nettoie autour trois fois par semaine, parfois plus, indique son directeur  adjoint, Luc Bédard. Difficile, toutefois, de freiner les délinquants.

«J'ai essayé d'enrayer ça, raconte-t-il. Pendant presque une semaine, je me suis tenu là, j'ai avisé plusieurs personnes et je me suis fait offrir plusieurs claques sur le nez. Le monde est prêt à tuer pour des vidanges!» Selon lui, la surveillance est le seul moyen d'éviter que les sites aient l'air de dépotoirs à ciel ouvert. Sinon, ajoute le directeur adjoint, ils devront être fermés à Charlesbourg comme dans les autres arrondissements de la ville, où ils avaient été implantés il y a une dizaine d'années, notamment pour ajouter à la capacité des bacs de recyclage dans les immeubles de logements.

Lors du passage du Soleil au site de dépôt du boulevard du Loiret, un citoyen est venu déposer deux grosses chaudières de ce qui semblait être un produit dangereux. «Je l'ai pris ici et je viens le rapporter!», s'est-il défendu, avant de retirer un vieux tapis de son coffre, une matière pourtant interdite.

Lui aussi citoyen de Charlesbourg, Réjean, un homme dans la quarantaine qui a préféré ne pas dévoiler son nom de famille, craint que le désordre dans les sites de dépôt de matières recyclables entraîne leur fermeture. «C'est une très bonne idée d'avoir ça, dit-il. Ce serait de valeur que la majorité soit pénalisée à cause d'une minorité.»

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