Un restaurateur se lance dans la livraison écologique

Hugues Philippin dit s'être fait klaxonner une seule... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Hugues Philippin dit s'être fait klaxonner une seule fois en trois semaines en raison de sa basse vitesse.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

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Guy Benjamin
Le Soleil

(Québec) Imaginez un cabanon de huit pieds sur 12 pieds dans lequel le proprio un peu écolo range tous ses outils électriques rechargeables comme la tondeuse et le taille-bordure. Et pourquoi pas une voiture électrique comme la Zenn.

Hugues Philippin est un jeune restaurateur de Cap-Rouge avec une vision écologique. Le recyclage à l'intérieur de son établissement, le Chic Alors, est une religion à laquelle adhèrent tous les employés. Restait une ombre au tableau, la livraison avec une voiture émettant des gaz à effet de serre.

Le problème est résolu depuis le mois dernier alors que le restaurateur a acheté une voiture entièrement électrique, la Zenn, qui se branche dans la même prise électrique que la tondeuse pour recharger les batteries. Le petit véhicule de cinq pieds de large et de 10  pieds de long, fabriqué à Saint-Jérôme, est autorisé à rouler sur certaines routes québécoises en vertu d'un projet-pilote de trois ans, qui pourrait toutefois se prolonger.

Maximum de 40 km/h

Le terrain de jeu de la Zenn est limité aux rues où la vitesse maximale est de 50 km/h. Parce que le petit bolide atteint 40 km/h, la pédale au plancher. Ajoutez 3  km/h en descendant la côte de Cap-Rouge, mentionne son proprio en souriant. Seulement 37  km/h en montant.

M. Philippin dit s'être fait klaxonner une seule fois en trois semaines en raison de sa basse vitesse. Il faut dire que la vitesse maximale du véhicule est inscrite sur le coffre arrière et qu'un triangle rouge indiquant qu'il s'agit d'un véhicule lent y est aussi apposé.

«Fini les plaintes des résidants des quartiers qui trouvent que les livreurs circulent trop rapidement», de dire M. Philippin. Avec la Zenn, on roule la pédale au plancher tout le temps, et personne ne se plaint.

M. Philippin y tenait, à son auto électrique. Transports Canada avait autorisé la circulation de ce type de véhicule, mais chaque province devait aussi y aller de sa permission. Voyant que le Québec hésitait, notamment pour des raisons de sécurité lors de collision, le restaurateur a écrit à la ministre des Transports Julie Boulet. Son argument : la Zenn est certainement aussi sécuritaire que le cyclomoteur.

18 000 $

Dès que cela a été possible, le restaurateur n'a pas hésité à consacrer 18 000 $ à l'achat d'une auto électrique. Même s'il est ravi de son achat, il souhaiterait que le constructeur y apporte deux améliorations : une plus grande autonomie et une vitesse qui pourrait atteindre 50 km/h.

Par beau temps, le jour en été, la voiture peut franchir 80 kilomètres avant d'avoir besoin d'être rebranchée. Une autonomie qui chute à 40 kilomètres par temps froid.

Un autre véhicule électrique, la camionnette Nemo, est aussi autorisé à rouler à basse vitesse sur certaines routes du Québec. Six Zenn et trois Nemo roulent actuellement au Québec. Une trentaine de municipalités attendent la livraison de camionnettes Nemo. La Colombie-Britannique est la seule autre province à autoriser ce gen­re de véhicule.

Pour l'instant, M. Philippin ne gare pas sa voiture dans un cabanon, mais il y songe.

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