La rivière George devient aire protégée du Québec

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Québec s'approche peu à peu de son objectif de placer 8 % de son territoire dans des aires protégées. Le premier ministre Jean Charest a annoncé la mise sous réserve de près de 18 000 kilomètres carrés de terres du Nord québécois, dont toutes les rives d'un cours d'eau aux allures de fleuve, la «mythique» rivière George.

Flanqué de représentants inuits, plus de 80 % des nouvelles zones désignées se trouvent au nord du 52e parallèle, M. Charest a indiqué, hier, que son Con­seil des ministres a voté un décret, la semaine dernière, à ce sujet.

Il met les terres désignées à l'abri de toute tentative de développement hydroélectrique, minier ou forestier, jusqu'à «la fin des temps», a laissé tomber M. Charest. Les secteurs protégés représentent maintenant 7,07 % du Québec. Le reste à faire pour atteindre le but fixé ne constitue qu'une formalité, a laissé entendre le chef du gouvernement.

Aux yeux du premier ministre, le fait saillant à retenir porte sur la George, qui se déverse dans la baie d'Ungava. La rivière protégée sur toute sa longueur a valeur de symbole pour les Inuits, a-t-il dit.

Le corridor abrité des activités d'exploitation des ressources représente 9000 km2. C'est l'équivalent d'un cordon de nature large de deux kilomètres qui s'étirerait de Blanc-Sablon à Victoria, à l'autre bout du Canada, a insisté le chef du gouvernement.

Les nouvelles aires protégeront aussi les monts Pyramides, toujours dans le Nord québécois. Un parc de la Baie-aux-Feuilles verra le jour. La réserve pour le parc national des Collines-Ondulées, près de Schefferville, est également instituée. Des aires de moindre grandeur sont également instaurées plus au sud, comme dans la région de Mont-Laurier.

Jean Charest a insisté sur le lien qu'il fait avec le Plan Nord, dont il a dévoilé les grandes lignes lors du récent congrès du Parti libéral du Québec, un vaste chantier pour exploiter les ressources du Québec septentrional. «L'avenir du Nord commence par sa protection», a-t-il lancé lors du point de presse, dont le fond de scène était la vallée de la rivière Jacques-Cartier.

M. Charest a signalé que les aires protégées n'empêcheront pas des entreprises de réaliser des projets ailleurs dans le Grand Nord. Hydro-Québec n'a­ban­donne pas pour autant son projet d'ériger des barrages sur la rivière aux Feuilles, a-t-il répondu. Il a indiqué que tout projet, comme cela a été le cas pour la désignation des aires protégées, passe par la consultation des habitants du territoire, les Inuits, les Premières Nations, mais aussi les Blancs qui y demeurent.

À ses côtés, la présidente de l'administration régionale Kativik, Maggie Emudluk, en a témoigné. Il y a six ans, «l'implication (des Inuits sur le développement de leur territoire) était minimale. Depuis 2003, les choses ont changé».

Bonne annonce

Les premiers échos sont favorables. Une coalition d'écologistes, comprenant Nature Québec, a applaudi l'annonce. «Une autre étape vient d'être franchie», peut-on lire dans un communiqué se réjouissant particulièrement de la protection de la rivière George, «patrimoine ancestral» des autochtones et qui accueille «l'une des plus grandes hardes de caribous au monde».

Claude Roy, à l'Action démocratique du Québec, «calcule que c'est une bonne annonce. Nous nous dirigeons vers l'objectif que, généralement, tout le monde veut atteindre», a dit le député adéquiste en déplorant que le gouvernement n'investisse pas assez pour assurer une surveillance réelle des aires situées dans le sud du Québec.

Le critique pour le Parti québécois est lui aussi satisfait de la décision. «C'est insuffisant, a cependant enchaîné Camil Bouchard. Je pense qu'il ne va pas assez loin.» M. Bouchard a donné l'exemple de l'Ontario, qui a décidé de préserver 50 % de son Nord. La taïga québécoise agit comme un «buvard de carbone», une substance qui doit demeurer enfouie dans le sol pour ne pas accentuer les dérèglements climatiques. Le député péquiste n'a pas voulu préciser si le Québec doit aussi protéger 50 % du Nord contre les activités industrielles.

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