Les écoles privées dans le viseur du PQ

Au lendemain du vote de confiance qui a... (La Presse canadienne, Graham Hughes)

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Au lendemain du vote de confiance qui a apporté 92,8 % d'appuis à Jean-François Lisée, une majorité de délégués du Parti québécois a voté dimanche pour diminuer «de façon significative et graduelle le financement public des écoles privées».

La Presse canadienne, Graham Hughes

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(Montréal) S'il prend le pouvoir, le Parti québécois réduira les vivres aux écoles privées.

Il diminuera «de façon significative et graduelle le financement public des écoles privées». Il investira «les sommes récupérées dans le système public d'éducation».

C'est ce qu'ont décidé une majorité des 1500 délégués ayant pris part au 17e congrès du Parti québécois, qui s'est conclu dimanche à Montréal. La proposition a été portée par l'ex-députée Monique Richard, qui a aussi été présidente de la Centrale des syndicats du Québec de 1999 à 2003.

Au printemps dernier, Jean-François Lisée avait estimé que couper les vivres aux écoles privées était une «fausse bonne idée». Attention, a-t-il expliqué dimanche, il ne s'agit pas de cela dans ce cas-ci. La résolution adoptée ne dit pas qu'il faut abolir les écoles privées ou réduire leur financement de moitié, a-t-il argué. 

Dissonance sur la laïcité? 

En matière de laïcité, les délégués ont très majoritairement appuyé la proposition de Louise Mailloux et Djemila Benhabib d'«étendre l'exigence de neutralité politique des fonctionnaires de l'État à la neutralité religieuse».

Depuis un an, le Parti québécois parlait plutôt d'«affirmer une nette préférence pour la plus grande réserve possible des employés de l'État». Des délégués ont vu dans le libellé retenu le retour à la Charte des valeurs de 2013. Le Parti québécois poursuit «dans la radicalité», a pesté Jean-Michel Gauthier, de la circonscription de Laurier-Dorion. 

La députée Agnès Maltais nie cette interprétation du retour à la Charte des valeurs. Les fonctionnaires qui ne sont pas en situation d'autorité et qui ne travaillent pas auprès des enfants pourraient toujours porter un signe religieux, a-t-elle assuré. Les représentants de l'État qui seraient astreints à l'obligation de n'«afficher» aucun symbole religieux si le PQ est porté au pouvoir seraient les juges, les procureurs, les gardiens de prison et les policiers, ainsi que les éducateurs en garderie ou en CPE et les enseignants des niveaux préscolaire, primaire et secondaire.

Mme Maltais ne voit pas d'incompatibilité entre les précisions qu'elle met en exergue et la résolution parlant au sens large «des fonctionnaires de l'État», adoptée par les délégués.

Sa présence n'avait rien à voir avec ce débat, mais Boufeldja Benabdallah, une figure bien connue du Centre culturel islamique de Québec, a assisté pendant quelques heures aux travaux du congrès du Parti québécois. Il y est venu à l'invitation du parti. Agnès Maltais l'a accompagné. «Je voulais être présent, a-t-il dit au Soleil. Je ne voulais pas rater cette chance.» M. Benabdallah a eu une rencontre avec M. Lisée.

Les cégeps anglophones

Au troisième et dernier jour du congrès, le PQ a officiellement retiré de son programme le projet d'étendre la loi 101 au réseau collégial. Un «compromis» a été adopté en lieu et place, un compromis qui n'interdit pas formellement l'accès des francophones et des allophones aux cégeps anglophones, mais qui devrait le restreindre.

Plutôt que de fermer la porte des cinq cégeps de langue anglaise aux francophones et aux allophones, les délégués péquistes ont «accepté» d'offrir aux cégépiens francophones qui démontrent déjà une bonne maîtrise du français la possibilité «de suivre au cégep un parcours en anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un cégep anglophone».

Par contre, les mêmes militants ont exigé qu'un éventuel gouvernement péquiste s'assure «que le financement des cégeps anglophones réponde en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone et, par conséquent, qu'il soit graduellement aligné sur le poids démographique proportionnel de cette communauté».

Les délégués ont aussi décidé d'«instaurer pour les personnes qui n'ont pas droit à l'école anglaise et qui n'ont pas reçu leur instruction primaire et secondaire en français - par exemple, parce qu'elles sont au Québec depuis peu - l'obligation de fréquenter un cégep francophone», ainsi que d'«étendre à l'éducation des adultes et aux écoles de formation professionnelle les dispositions de la loi 101».

Pas d'affichage unilingue

Au dernier jour du congrès, Jean-François Lisée est intervenu personnellement pour faire battre une résolution qui réclamait le bannissement de l'anglais et des langues autres que le français de l'affichage commercial. Pour autant que le français y prédomine, comme c'est le cas actuellement, «il faut une part de respect pour la différence», a plaidé le chef péquiste. Il n'a eu aucun mal à faire entendre son message.

La députée Véronique Hivon est montée au front pour faire battre, encore là facilement, le projet visant à appliquer les dispositions de la loi 101 aux CPE et aux garderies subventionnées.

Le Parti québécois n'a pas non plus retenu l'idée de soumettre toute entreprise comptant au moins 10 salariés à la procédure de certification de francisation. C'est le chiffre de 25 qui figurera au programme, comme le voulait la direction et comme l'a défendu le député Alain Therrien.

Sur la souveraineté, l'obligation qu'avait le Parti québécois de tenir un référendum au moment jugé opportun dans un éventuel premier mandat a été officiellement remplacée par l'engagement de ne pas en tenir avant les élections générales de 2022. Au coeur du projet de Jean-François Lisée, cette idée est passée sans débat.

Soulignons enfin qu'un gouvernement du PQ créerait un panthéon québécois pour honorer de grands personnages du Québec.




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