La «loi du 1 %» doit être resserrée, disent les cégeps

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Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps

Le Soleil, Erick Labbé

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Michel Saba
La Presse Canadienne
Montréal

La Fédération des cégeps demande au gouvernement du Québec de resserrer les critères de la loi qui oblige les entreprises à allouer 1 % de sa masse salariale à la formation des employés afin de les inciter à avoir recours aux commissions scolaires, aux cégeps et aux universités.

Selon le regroupement, la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d'oeuvre, communément appelée loi du 1 %, pourrait mieux atteindre ses objectifs et générer des revenus supplémentaires pour les cégeps.

Il estime que les formations données en entreprise ne permettent pas toujours d'augmenter réellement les qualifications des employés, contrairement à celles offertes par les maisons d'enseignement, a souligné samedi le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, en entrevue avec La Presse canadienne.

Selon lui, la loi du 1 %, a «des critères très larges» qui permettent «de faire reconnaitre beaucoup de choses».

Par exemple, beaucoup de formation se donne en entreprise en lien avec des équipements. Parfois, elles sont très pointues et spécifiques, a-t-il souligné.

M. Tremblay se demande si la formation offerte à l'employé d'une entreprise qui ferme lui permettrait de trouver un travail ailleurs.

«Fera-t-elle vraiment évoluer ses compétences?», s'est-interrogé.

«On peut donner des formations entre guillemets sur la gestion du stress en entreprise, a-t-il ajouté. Je ne dis pas que ce n'est pas une bonne chose, mais ça ne permet pas à une personne qui perd son emploi de se relocaliser ailleurs.»

M. Tremblay indique que Québec pourrait par exemple octroyer des crédits d'impôts ou d'autres mesures financières, aux entreprises qui se tournent vers les établissements d'enseignement.

Un resserrement des critères viendrait non seulement améliorer le financement du réseau collégial public, mais aussi la productivité et la compétitivité de l'économie québécoise, a insisté M. Tremblay. Il estime que le Québec pourrait ainsi mieux faire face à la transformation numérique des prochaines années.

Les cégeps, dont 88 pour cent des revenus proviennent des subventions gouvernementales, y voient une occasion de générer d'autres revenus pour combler des problèmes de financement.

«Contrairement aux commissions scolaires qui ont une taxe scolaire locale et aux universités qui peuvent imposer des droits de scolarité, les cégeps qui sont un niveau d'enseignement gratuit, n'ont pas beaucoup de revenus autonomes», a souligné Bernard Tremblay.




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