Proulx vise un taux de diplomation de 85 % d'ici 2030

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Devant des élèves de tous âges et 175 représentants du réseau de l'éducation réunis à l'école secondaire De Rochebelle, le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx ont rendu publique leur politique de la réussite éducative.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Parce qu'il croit que la plus grande richesse du Québec, c'est «le talent de nos jeunes», le premier ministre Philippe Couillard a dévoilé mercredi un plan de match «ambitieux» en éducation, qui vise l'atteinte d'un taux de diplomation de 85 % d'ici 2030.

C'est devant des élèves de tous âges et 175 représentants du réseau de l'éducation réunis à l'école secondaire De Rochebelle, à Québec, que le premier ministre et le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx ont rendu publique leur politique de la réussite éducative.

Intervenir de façon précoce, miser sur la lecture et l'écriture, appuyer les décisions sur la recherche et rehausser la formation des enseignants: la politique vise large avec 37 pistes d'actions, mais donne peu de détails sur les moyens concrets qui seront pris au cours des prochaines années pour y arriver. 

Le gouvernement croit tout de même que sa politique contient tous les ingrédients nécessaires pour faire grimper le taux de diplomation au Québec à 85 % d'ici 13 ans. Un objectif qui tient compte du nombre d'élèves qui obtiennent un diplôme d'études secondaires (DES) ou un diplôme d'études professionnelles (DEP) avant l'âge de 20 ans. À l'heure actuelle, ce taux est de 74 %. Si on inclut les diverses qualifications menant au marché du travail, ce que le ministère de l'Éducation incluait jusqu'à maintenant dans ses statistiques, la cible visée grimpe à 90 %. 

Le gouvernement Couillard s'engage aussi à réduire de moitié les écarts de diplomation entre les garçons et les filles, et entre les élèves handicapés ou en difficulté, les élèves immigrants ou provenant de milieux défavorisés et les autres. «Certains diront que c'est beaucoup de travail, mais sans ambition, nous n'arriverons à rien», a soutenu le ministre Proulx dans son discours. 

Comme Le Soleil le révélait samedi, un Institut national d'excellence en éducation sera créé. Le professeur Martin Maltais, de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), a été nommé à la tête d'un comité qui veillera à son implantation au cours des prochains mois. «Je devrai m'assurer qu'il y ait un organe qui fasse la part des choses entre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas en éducation», a-t-il expliqué. 

«On a besoin d'un organisme indépendant qui va nous produire un éclairage sur les décisions, comme on le fait en santé lorsqu'on introduit une nouvelle technologie», soutient pour sa part M. Couillard. 

Jusqu'à 18 ans?

La politique évite de trancher la question de rendre l'école obligatoire ou non jusqu'à 18 ans. Le gouvernement s'en fait plutôt un objectif à long terme, mais veut éviter d'appliquer des méthodes coercitives en accompagnant plutôt les jeunes différemment. «[Ce sera] certainement pas 18 ans vissé dans ton siège d'école, pis tu bouges pas de là et quand t'as 18 ans, tu t'en vas. On gagnera rien comme ça», a lancé le premier ministre. 

La question d'un ordre professionnel des enseignants est aussi absente du document, à la satisfaction des syndicats d'enseignants, qui s'opposaient à cette idée. Sur cette question, le premier ministre Couillard a soutenu que tout est encore «sur la table» et pas officiellement éliminé. Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), rétorque qu'elle s'occupera de donner «le dernier petit coup de pelle» si cette idée n'est pas encore enterrée. 

Même si aucune somme d'argent neuf n'a été annoncée mercredi, le premier ministre explique que son gouvernement a en main les marges de manoeuvre financières pour soutenir le déploiement des différentes mesures. «Jamais j'aurais pu annoncer ça il y a un an ou deux ans», a indiqué M. Couillard, en faisant référence aux années pour atteindre l'équilibre budgétaire. 

Cette politique est l'aboutissement d'une série de consultations un peu partout au Québec l'automne dernier. Le gouvernement a analysé 400 mémoires et les commentaires de 14 000 personnes qui ont donné leur opinion en ligne.

Quelques pistes d'action

  • Intégrer davantage d'élèves en difficulté dans les écoles privées
  • Analyser l'opportunité de rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans
  • Créer un institut national d'excellence en éducation 
  • Revoir le modèle de financement des élèves handicapés, en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage
  • Ajuster la fréquence des examens
  • Créer un ordre professionnel des orthopédagogues
  • Ajouter, dans chaque école primaire, un agent de liaison entre l'élève, sa famille et les intervenants

7,5 sur 10, selon Égide Royer

Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l'Université Laval et spécialiste de la réussite, avait établi il y a quelques mois une «grille de correction» pour évaluer la politique du gouvernement Couillard. Il lui a donné mercredi une note de 7,5 sur 10, «penchant vers le 8». 

Il a de la difficulté à donner une note précise étant donné que la politique reste vague sur plusieurs points. «Il faut que ça tombe sur ses pattes, sur des mesures concrètes», plaide-t-il. 

S'il est bien implanté, il croit toutefois que ce plan contient des éléments «assez puissants». M. Royer croit qu'étant donné la situation actuelle du Québec, qui a un taux de diplomation de 74 %, comparativement à 86 % en Ontario, «ça nous prend rien de moins qu'une forme de révolution pour combler un écart pareil». 

Mais le chercheur n'est pas certain encore que cette révolution est à nos portes. 

«Si on l'implante comme du monde [la politique], je reconnais les ingrédients utilisés par les meilleurs systèmes éducatifs.»

Ce qu'ils ont dit

«En septembre prochain, dans la vraie vie, il y a absolument rien qui va changer pour nos jeunes.» - Alexandre Cloutier, porte-parole du Parti québécois en éducation

«Rien n'a été fait depuis trois ans. Il faudrait les croire aujourd'hui alors qu'ils nous promettent la même chose?» - Jean-François Roberge, porte-parole de la CAQ en éducation

«Au lieu d'être à gauche et à droite, dans tous les sens, on a un document qui nous fait avancer tout le monde ensemble.» - Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec

«Le ministre n'annonce rien aujourd'hui de concret [...] On va encore attendre, comme les profs le font depuis si longtemps.» - Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE)

«Le réseau scolaire a besoin de stabilité et d'une vision. Ça fait que chapeau!» - Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

«Je pense qu'on a un ministre qui prend à coeur l'éducation, qui prend à coeur nos enfants et le rôle des parents.» - Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents du Québec




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