L'ancienne garde de l'UL conserve ses privilèges

L'ex-recteur de l'Université Laval Denis Brière bénéficiera du... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'ex-recteur de l'Université Laval Denis Brière bénéficiera du régime qui permet de toucher entre 100% et 75% du salaire jusqu'à 6 ans après le mandat.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La rectrice Sophie D'Amours aura un régime d'après-mandat beaucoup moins généreux que celui de l'ancienne administration, dont les membres conserveront toutefois les privilèges.

Le conseil d'administration de l'Université Laval a dévoilé mardi les conditions de rémunération de la nouvelle patronne de l'établissement. Mme D'Amours, gagnante de la course au rectorat en avril, touchera 331000$ cette année, «un salaire équivalent à celui de son prédécesseur».

Cette somme comprend l'ensemble de la rémunération versée à la rectrice. Elle ne touchera aucune autre forme d'allocation ou de revenu supplémentaire que ce soit, assure-t-on à l'Université Laval. Seule la question du chauffeur et de la voiture de fonction reste à trancher, nous dit-on.

D'autre part, le c.a. de l'Université Laval passe à la moulinette les conditions d'après-mandat qu'il avait pourtant lui-même bonifié en 2014. Cette bonification avait soulevé l'indignation sur le campus et dans la sphère politique.

Une fois son mandat terminé, Mme D'Amours ne conservera donc que pendant un an son plein salaire de rectrice. Elle devra ensuite se satisfaire de la rémunération dévolue au poste qu'elle aura réintégré au sein de l'université.

Par contre, les membres de l'ancienne administration, eux, jouiront des conditions d'après-mandat bonifiées, a confirmé au Soleil la présidente du c.a., Mme Marie-France Poulin. «Il y avait un contrat et il sera respecté», a-t-elle indiqué.

Ce régime permet de toucher entre 100% et 75% du salaire jusqu'à 6 ans après la fin de son mandat. Le tout se calcule en fonction du nombre d'années passées à la direction pour un ex-patron qui demeure à l'emploi de l'Université Laval. À l'heure actuelle, l'ex-recteur Denis Brière et les vice-recteurs Éric Bauce, Michel Beauchamp, Angelo Tremblay et Josée Germain ont signifié leur intention de continuer à travailler à l'université. Ils pourront donc se prévaloir de l'ancien régime.

Lorsque la bonification des conditions a été révélée par Le Soleil, en 2014, le ministre de l'Éducation de l'époque, François Blais, mécontent, a amputé en représailles le financement de l'Université Laval de 1,4 million $.

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La rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours

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«Je ne vous cacherai pas qu'on a entendu les préoccupations de la communauté», a indiqué Mme Poulin pour expliquer l'important changement de cap du c.a. sur l'après-mandat. Elle rappelle que certains membres de l'équipe Brière ont passé 10 ans au sein de la direction.

Les conditions salariales des autres membres de l'équipe de la rectrice D'Amours n'ont pas encore été déterminées. Mais il est acquis que la politique d'une seule année de transition en après-mandat s'appliquera à eux, a assuré la présidente du c.a. de l'Université Laval.

Les travaux de révision des conditions d'emploi et de la rémunération de la haute direction de l'Université Laval ont été entrepris par le c.a. en début d'année, de concert avec son comité des ressources humaines.

«Je ne suis pas intervenue dans le processus, a assuré mardi la rectrice D'Amours. Je suis heureuse que le c.a. ait considéré les commentaires de la communauté, les réactions et les commentaires que j'ai faits pendant la campagne. Les messages ont été entendus.»

Mardi, la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a salué «le choix fait par l'Université Laval, qui va dans le sens des travaux que nous menons afin de baliser les conditions de rémunération des hauts dirigeants».

Lyne Bouchard sera vice-rectrice aux ressources humaines

C'est mercredi que la rectrice Sophie D'Amours présentera sa nouvelle équipe de vice-recteurs au conseil d'administration de l'Université Laval, qui devrait l'entériner. 

Le Soleil a appris que Lyne Bouchard sera nommée vice-rectrice aux ressources humaines. Mme Bouchard est administratrice de la Société des alcools du Québec (SAQ), professeure à la Faculté des sciences de l'administration et directrice de l'Observatoire de gouvernance des technologies de l'information. 

La nouvelle vice-rectrice aura comme mandat d'instaurer de meilleures relations de travail avec les employés et un dialogue plus ouvert avec les syndicats. Le tout afin d'éviter un conflit de travail sur le campus, comme celui qui a eu cours avec les employés de soutien l'hiver dernier. 

Mme D'Amours s'entourera de quatre autres vice-recteurs qui l'épauleront dans ses décisions et pourront publiquement représenter l'université.

Elle a d'ailleurs déjà fait des propositions au conseil d'administration pour instaurer des changements et gouverner davantage en équipe. Au lieu d'avoir le vice-recteur exécutif comme seul bras droit, à l'image du duo formé par Denis Brière et Éric Bauce ces dernières années, la nouvelle rectrice veut que les vice-recteurs aux études, à la recherche, aux ressources humaines, à l'administration et aux affaires externes soient tous en mesure de prendre des décisions.

Sans confirmer qu'elle allait complètement s'entourer de sang neuf, Mme D'Amours a indiqué au Soleil mardi qu'elle aura «une équipe de rêve». Patricia Cloutier

Rien contre le syndicat, dit D'Amours

L'octroi de 1,6 million de dollars en «supplément de salaire» aux 266 cadres de l'Université Laval pour compenser leurs heures supplémentaires pendant la grève des employés de soutien ne défavorise pas le syndicat, estime la rectrice Sophie D'Amours. «Absolument pas, a-t-elle commenté, mardi. C'est permis par le gouvernement. Les personnes ont travaillé très fort pour garder le cap. On est tout à fait justifié d'offrir un supplément salarial.» Les 6000 $ octroyés à chaque cadre en lien avec la grève de six semaines de l'hiver dernier équivaut à une subvention à la prolongation de la grève, estime le président du Syndicat des employés de l'Université Laval (SEUL), Luc Brouillette. La rectrice répète qu'elle souhaite dégager l'espace de dialogue nécessaire pour «dénouer les difficultés» avant même d'en arriver à un conflit de travail sur le campus.

Simon Boivin




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