Notes falsifiées: 3 profs sur 4 veulent une commission parlementaire

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La FAE juge que ces chiffres sont assez préoccupants pour que le ministre mette sur pied une commission parlementaire.

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(Québec) Trois enseignants sur quatre (74 %) souhaitent qu'une commission parlementaire fasse la lumière sur le dossier de la falsification des notes, alors que le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx dit non à la tenue d'une telle commission.

C'est ce qui ressort d'un sondage de la firme Léger, commandé par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE). Ce syndicat, qui avait lancé le sujet des notes gonflées à l'insu des profs il y a un mois, a cette fois-ci eu recours à une véritable firme de sondage pour évaluer la problématique. 

Ce sondage, tenu entre le 11 et le 14 mai dernier auprès de 502 profs, révèle que 37 % des enseignants ont déjà vécu l'une ou l'autre des situations suivantes: on a remis en question son jugement professionnel, on lui a demandé de modifier le résultat obtenu par un élève ou on a modifié le résultat sans son accord.

Le pourcentage est moindre que dans le premier sondage maison de la FAE, qui soutenait que près d'un prof sur deux avait déjà vu les notes attribuées gonflées à son insu. 

Le sondage Léger révèle aussi que 80 % des enseignants soutiennent que c'est la direction d'école ou la direction adjointe qui fait des pressions pour qu'ils modifient leur jugement pédagogique. La problématique est encore plus criante au secondaire qu'au primaire.

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx... (Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne) - image 2.0

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Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx

Photo Jacques Boissinot, La Presse Canadienne

La FAE juge que ces nouveaux chiffres sont assez préoccupants pour que le ministre mette sur pied une commission parlementaire. Déjà, en 2012, un sondage CROP mené pour le compte de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) indiquait que 29 % des profs avaient subi de la pression pour revoir à la hausse des résultats scolaires.  

Il y a deux semaines, M. Proulx a refusé la tenue d'une commission parlementaire, invoquant le fait que les enseignants pourraient avoir peur de venir témoigner à l'Assemblée nationale. Il est resté sur ses positions jeudi. 

Sylvain Mallette, président de la FAE, croit tout de même que M. Proulx pourrait envoyer une directive dans les prochains jours à tous les directeurs d'école, en soutenant que la modification de notes sans l'accord de l'enseignant n'est pas possible. «Déjà, si le ministre émet une directive en ce sens-là, ça rassurerait les profs», soutient M. Mallette. 

Les directeurs réagissent

Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements (FQDE) a été piquée au vif par cette nouvelle sortie de la FAE. Selon elle, la gestion pédagogique d'une école relève de la direction. «La direction est la gardienne de l'évaluation dans une école pour ne pas qu'il y ait préjudice pour les élèves», a-t-elle commenté. 

Elle ne nie pas que les directions rencontrent parfois les enseignants pour parler de notes, mais ne considère pas qu'il s'agit de pressions. «C'est pas des notes gonflées, ça se fait en étude de cas, en collaboration avec l'enseignant», assure-t-elle. 

«Jamais les directions d'établissement ne permettraient de mettre en péril l'avenir d'un enfant québécois au profit de simples statistiques», a pour sa part réagi Danielle Boucher, présidente de l'Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE). 

Pour Alexandre Cloutier, du Parti québécois, ces nouvelles données démontrent qu'il faut que le gouvernement arrête de «se mettre la tête dans le sable» et qu'il accepte d'approfondir la question. «Une parole a été libérée et il faut accepter de l'entendre», lance-t-il. 

Jean-François Roberge, de la Coalition avenir Québec, va dans le même sens et réclame une directive claire pour les notes de fin d'année, qui seront bientôt attribuées. «Le ministre a essayé de balayer ça sous le tapis. Il prétend que c'est anecdotique, mais ce n'est vraiment pas le cas.»




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