La poule aux oeufs d'or de l'Université de Sherbrooke

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(Québec) «À l'origine, les chercheurs n'y croyaient pas vraiment. Faire une demande de brevet, pour eux, c'était comme publier un article dans une revue scientifique. Ça allait peut-être leur ouvrir des portes pour l'obtention de subventions», raconte Sylvain Desjardins, cofondateur et coprésident de VoiceAge et ancien directeur du Bureau du transfert de technologie de l'Université de Sherbrooke.

Plus d'un quart de siècle après le dépôt du premier brevet sur la technologie de compression de la voix développée par des chercheurs-inventeurs du Groupe de recherche sur la parole et l'audio de la Faculté de génie de l'Université de Sherbrooke, force est de reconnaître que les scientifiques avaient mésestimé le potentiel commercial de leur trouvaille.

En effet, la technologie ACELP (Algebraic Code Excited Linear Prediction) - un canal numérique par lequel la voix est traitée et transmise sur les réseaux cellulaires sans fil - est utilisée dans plus de 95 % des téléphones cellulaires sur la planète, soit par plus de six milliards d'usagers.

Il s'agit sans contredit du plus grand succès de valorisation commerciale de travaux de recherche universitaire au Canada.

Sur une période de 20 ans, la technologie de compression de la voix mise au point par le professeur Jean-Pierre Adoul et son équipe a généré des revenus de l'ordre de 180 millions $ pour l'Université de Sherbrooke et ses chercheurs-inventeurs sous forme de redevances, de fonds de recherche et de dividendes.

«Des résultats de cette importance, nous en voyons aux États-Unis, mais pas au Canada. Pas dans les télécommunications du moins», commente Sylvain Desjardins en précisant que la poule aux oeufs d'or ne cessera pas de pondre demain matin.

«Nous venons d'entrer dans la troisième génération de notre technologie et les derniers brevets obtenus nous protègent au moins jusqu'en 2034», ajoute-t-il.

En passant, ACELP collectionne les brevets. Pas moins d'un millier de titres de propriété industrielle dans une quarantaine de pays y sont associés.

Dès les premières présentations du professeur Adoul, les équipementiers du monde entier ont porté attention, raconte Roch Lefebvre, vice-doyen au département de génie électrique et de génie informatique de la Faculté de génie de l'Université de Sherbrooke.

«La technologie dominante à l'époque ne permettait pas d'encoder la voix en temps réel. Il fallait 100 secondes de temps d'encodage pour encoder une seconde de parole», explique M. Lefebvre. «La découverte faite dans nos laboratoires intègre les approches algébriques permettant d'intégrer la technologie dans les téléphones cellulaires.»

Pour coordonner le développement et la commercialisation de la plateforme technologique, deux entreprises ont vu le jour, Sipro Lab Telecom et VoiceAge. L'Université de Sherbrooke est actionnaire minoritaire de ces deux sociétés.

Une centaine d'emplois ont été créés à Sherbrooke et à Montréal.

Beaucoup de sous pour la recherche

Une fois l'argent distribué aux  chercheurs inventeurs - la répartition se fait généralement  50-50 - l'Université de Sherbrooke injecte massivement sa part de la pointe de tarte dans la recherche sur le campus, principalement du côté de la Faculté de génie qui s'est dotée, ces dernières années, d'équipements à la fine pointe de la technologie. «Ça ne sert pas à payer l'épicerie», prend soin de préciser Sylvain Desjardins.

«Bien sûr, nous sommes heureux d'avoir accumulé tous ces millions $ et de les réinvestir dans la recherche, mais notre grande fierté est d'avoir conservé notre position de leader. Tous les jours, nous nous battons contre les géants des télécommunications», indique Sylvain Desjardins en mentionnant que les partenaires ont toujours su résister à l'idée de céder leurs droits sur les brevets et de démanteler leur propriété intellectuelle. «Nous n'avons jamais lâché le morceau.»

L'Université de Sherbrooke a réalisé une courte vidéo expliquant le succès de l'«aventure» ACELP. Pour la visionner: www.usherbrooke.ca/voir/genie/acelp/




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