Course au rectorat: Michel Gendron, se battre pour gagner

Inquiet pour la notoriété de l'Université Laval, Michel... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Inquiet pour la notoriété de l'Université Laval, Michel Gendron est prêt à se battre pour aller chercher plus de budgets de recherche et des chercheurs étoiles. «J'aime ça quand on gagne.»

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Ils rêvent de diriger l'Université Laval de demain, de propulser l'institution un pas plus loin. Le Soleil s'est entretenu avec les trois candidats qui s'affrontent dans l'actuelle course au rectorat, qui se terminera par un vote du collège électoral, le 26 avril. 3e de 3

Michel Gendron, 60 ans, Doyen de la Faculté des sciences de l'administration

Inquiet pour la notoriété de l'Université Laval, Michel Gendron est prêt à se battre pour aller chercher plus de budgets de recherche et des chercheurs étoiles. «J'aime ça quand on gagne.»

Le candidat estime qu'à l'heure actuelle, Laval est menacée par d'autres universités en pleine croissance et peine à conserver son «statut de grande université de recherche au Canada». «C'est pas facile pour l'institution.» S'il devient recteur, M. Gendron n'hésitera pas à aller chercher à l'extérieur «des gens forts», des «frappeurs de coups de circuit», qui entraîneront dans leur sillage de gros laboratoires et de nombreux étudiants.

Animé pas un esprit de saine compétition, M. Gendron souhaite que les étudiants de l'Université Laval aient davantage l'opportunité d'aller «se frotter à l'international» et constater qu'ils sont capables de battre d'autres étudiants dans différents domaines. 

Mais pas au point de renier l'essence même de l'institution : être une grande université francophone en Amérique. «La troisième langue d'affaires au monde, après l'anglais et le mandarin, c'est le français.» Voilà pourquoi M. Gendron se dit prêt à «accommoder les anglophones» avec quelques cours en anglais, tout en conservant une majorité de cours en français. 

À plusieurs reprises durant l'entrevue, M. Gendron a refusé de critiquer le recteur actuel Denis Brière, proposant plutôt de tourner la page et de regarder vers l'avenir. Il veut quand même que le conseil d'administration revienne en arrière et annule les bonis d'après-mandat pour la haute direction. 

Spirale négative

Il veut également répartir l'argent autrement. À l'heure actuelle, les facultés qui sont en croissance obtiennent toujours plus d'argent tandis que celles qui sont en décroissance en obtiennent toujours moins, ce qui entraîne «une spirale» négative. «On dit que si tu ne croîs pas, c'est parce que t'es pas bon». M. Gendron pense que cette façon de faire a «pénalisé indûment» les sciences sociales, qui sont appelées à se réinventer. Il serait d'accord par exemple pour que la Faculté d'administration, qui est en bonne santé financière, donne au suivant. «Faut que ça serve à l'institution cet argent-là.»

Dernier à se lancer dans la course au rectorat, M. Gendron assure qu'il ne travaille ni pour l'élection d'Éric Bauce, ni pour celle de Sophie D'Amours, même si on lui prête parfois ces intentions. «Par choix personnel, parce que je trouve qu'il y a une certaine dérive, j'ai choisi de ne pas avoir une grande équipe et des stratégies» de campagne. S'il est élu, il dit qu'il sollicitera des membres de chacune des équipes pour occuper les postes de haute direction. 

Selon lui, la recherche d'appuis pour le rectorat a pris une ampleur démesurée dans la course. «Quand ça commence trop tôt et qu'il y a trop de politique, je crains que ça puisse être intimidant pour certaines personnes» de se présenter. M. Gendron aurait aimé que jusqu'à cinq candidats soient sur les rangs, comme c'était le cas il y a cinq ans, afin de favoriser les débats d'idées.

Trois questions à Michel Gendron

Quelle université l'inspire?

University of British Columbia (UBC), où il a fait son doctorat. «Pour moi, c'est un des plus beaux modèles au monde.» Il aime les nombreux parcs sur le campus, et la philosophie de l'institution, qui n'est pas mercantiliste.

Quel est le dernier livre qui lui a plu?

Il aime beaucoup les romans québécois, comme Les parapluies, de Christine Eddie, Les maisons, de Fanny Britt et La femme qui fuit, d'Anaïs Barbeau-Lavallette

Comment a-t-il été initié à l'université?

«Je ne m'en souviens plus! [...] C'était pas si dramatique que ça.» M. Gendron ne remet pas en question les initiations, mais conseille chaque année à ses étudiants de ne pas «faire les caves». Pourquoi ne pas amener les nouveaux servir des repas à L'Auberivière, par exemple? «Vous voulez un rite initiatique? Il y a une façon de tourner ça positif.»

En bref

Au tour des arts et de la culture

Avec le super PEPS, l'Université Laval a réussi à attirer toute la communauté sur le campus, des enfants jusqu'aux personnes âgées. Michel Gendron veut maintenant que ce succès sportif se transpose du côté des arts et de la culture. Le candidat rêve que les jeunes qui viennent s'entraîner au PEPS mangent leur lunch le midi en regardant une pièce de théâtre ou en écoutant une lecture publique. Il souhaite aménager une agora extérieure où des concerts de saxophone ou des projections de films pourraient avoir lieu.

Se préoccuper du Saint-Laurent

Michel Gendron veut poursuivre la recherche sur le développement durable du Grand Nord, qui est déjà bien entamée, «mais dans mon programme, on descend sur le Saint-Laurent.» Le candidat croit que l'Université Laval doit jouer un rôle de premier plan dans la conservation et le développement durable du fleuve. «Regardez ce qui se passe en Gaspésie, les routes qui tombent dans l'eau, la montée de l'eau salée dans le Saint-Laurent, la carpe asiatique qui détruit les environnements biologiques», énumère-t-il.




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