Course au rectorat: Sophie D'Amours, jouer en équipe avant tout

«Notre réputation s'est dégradée et je veux qu'on... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

«Notre réputation s'est dégradée et je veux qu'on renverse ça», dit la candidate au rectorat de l'Université Laval, Sophie D'Amours. 

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Ils rêvent de diriger l'Université Laval de demain, de propulser l'institution un pas plus loin. Le Soleil s'est entretenu avec les trois candidats qui s'affrontent dans l'actuelle course au rectorat, qui se terminera par l'élection du 26 avril. 2e de 3


Sophie D'Amours, 51 ans, Ex-vice-rectrice à la recherche, issue de la Faculté des sciences et de génie

Sophie D'Amours considère que la haute direction de l'Université Laval est «centralisatrice, autoritaire et particulièrement opaque», en plus de faire cavalier seul. Si elle devient rectrice, elle s'engage à être tout le contraire.

Selon elle, les 10 ans de règne de Denis Brière et d'Éric Bauce, qu'elle dit indissociables, ont fini par user et démobiliser la communauté universitaire. «Je le mesure par le cynisme, par la fatigue [...] Quand j'ai présenté mon projet [de devenir rectrice], j'ai senti une étincelle.»

Mme D'Amours souhaite modifier les mandats de la direction et donner plus de libertés aux doyens et aux cadres. Elle veut que son équipe soit efficiente, responsable, mais surtout transparente. La candidate déplore par exemple que l'accès à l'information soit difficile au sein de l'institution.

En 2012, Mme D'Amours a été recrutée pour faire partie de l'équipe de direction de M. Brière. Elle a démissionné en 2015, parce qu'elle ne «partageait pas les mêmes valeurs» que lui. À l'époque, elle avait invoqué des raisons personnelles. «J'avais pas besoin de nuire à notre institution», justifie-t-elle aujourd'hui.

Après sa démission comme vice-rectrice, Mme D'Amours avait droit à une allocation de transition de deux ans, à laquelle elle a renoncé après un an. Selon elle, les bonis d'après-mandat des hauts dirigeants doivent carrément être abolis à l'Université Laval. Elle soutient qu'on «a le droit de se tromper» comme dirigeant, et de revenir en arrière s'il n'y a pas «d'acceptabilité sociale».

Blason à redorer

Pour Mme D'Amours, il est primordial que l'Université Laval regagne des rangs dans les classements internationaux, comme QS. «Notre réputation s'est dégradée et je veux qu'on renverse ça.» Pour ce faire, elle veut engager davantage de professeurs pour soutenir les 60 000 étudiants que l'institution accueille chaque année. En 1995, l'université comptait un professeur pour 15,5 étudiants, tandis qu'aujourd'hui, le ratio est passé à près de 22 étudiants pour un professeur, évoque-t-elle.

Au lieu d'investir de gros montants pour développer une plate-forme technologique de cours à distance, comme l'a fait l'administration actuelle, Mme D'Amours miserait sur les laboratoires vivants, le travail d'équipe et la relation avec le professeur. «L'université, c'est avant tout une expérience humaine.»

Aimant le travail d'équipe, la candidate voudrait que l'Université Laval cesse de faire «bande à part». Elle veut s'allier avec les autres universités québécoises pour offrir de la formation en ligne et pour parler d'une seule voix auprès du gouvernement. Mme D'Amours veut aussi créer des liens avec les différents acteurs régionaux. Elle préside déjà depuis l'automne la Coalition Force 4.0, qui vise à soutenir l'innovation. Elle voudrait aussi travailler davantage avec le maire de Québec. Au lieu d'aller «chacun notre tour à Bordeaux», Mme D'Amours souhaite travailler avec la Ville pour attirer des étudiants internationaux.

Trois questions à Sophie D'Amours

Quelle université l'inspire?

«C'est sûr que celle qui m'anime, c'est l'Université Laval [...], mais je ne crois pas qu'on a le monopole des bonnes idées.» Mme D'Amours apprécie l'audace de la Minerva University, aux États-Unis, et le virage moderne de la University of British Columbia (UBC), au Canada. 

Quel est le dernier livre qui lui a plu?

«J'ai toujours 4 ou 5 livres ouverts sur ma table de chevet.» La candidate a entre autres aimé Demain, le livre tiré du film du même nom sur le développement durable.

Comment a-t-elle été initiée à l'université?

«J'ai dû me déguiser en voiture.» À son premier cours de génie mécanique, Mme D'Amours s'est toutefois trompée de local et s'est retrouvée seule déguisée dans une classe de deuxième année, où elle a déjà tissé des liens. «Je pense que c'est très important les intégrations.» Elle aimerait même qu'elles durent plus longtemps et ne soient pas que des partys.

En bref

Former de grands mobilisateurs

«On forme les spécialistes, dans chacune des disciplines, mais on ne forme pas l'individu qui va être l'intégrateur.» Pour répondre à de grands enjeux comme le vieillissement de la population ou la mobilité durable, il faut des étudiants qui ont des connaissances très larges et qui ont l'audace de les intégrer pour proposer des solutions nouvelles, estime Mme D'Amours. C'est pourquoi elle compte proposer de nouveaux programmes qui formeront des leaders, de grands mobilisateurs. «Il faut s'assurer qu'on est en avant de notre temps.» 

Renforcer l'aide humanitaire

L'Université Laval envoie chaque année plusieurs étudiants au Mali ou au Burkina Faso pour faire de l'aide humanitaire au sein d'Ingénieurs sans frontières, Managers sans frontières ou d'autres organismes. «Tout ça, c'est éparpillé et on ne sait pas ça, que Laval a un grand engagement à faire avancer la connaissance, la science, dans des contextes où c'est plus difficile.» C'est pourquoi Mme D'Amours veut créer l'organisme UL sans frontières et ajouter un profil humanitaire à l'offre de formation.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer