Cri d'alarme des garderies privées

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Les garderies privées demandent au gouvernement l'équité pour les enfants qu'elles accueillent et un fardeau financier moins lourd pour leurs parents.

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(Québec) Exclues des dernières annonces visant la réussite éducative des tout-petits, les garderies privées lancent un cri d'alarme. Elles demandent au gouvernement l'équité pour les enfants qu'elles accueillent et un fardeau financier moins lourd pour leurs parents.

«On est en train d'étouffer les parents. Il y a une inéquité qui augmente par rapport aux autres services de garde», lance David Haddaoui, vice-président de l'Association des garderies non subventionnée en installation (AGNSI). Avec ses collègues Suzanne Gagnon et Renée Houle, il est allé déposer une pétition de près de 5000 noms au cabinet du premier ministre Philippe Couillard mardi, pour que le plafond de remboursement auquel les parents ont droit passe de 9000 $ à 13 500 $ par enfant par année. 

Ce plafond n'a pas bougé depuis 2009 et est calculé en tenant pour acquis que les garderies privées en installation coûtent 35 $ par jour. «Avec l'augmentation du coût de la vie et des salaires, on n'a pas le choix. Nos membres chargent plutôt entre 40 et 45 $ par jour aux parents», explique Mme Houle. Chaque dollar au-dessus du 35 $ par jour doit être entièrement assumé par les parents. 

Le trio dit avoir reçu un «accueil chaleureux» de la part du cabinet du premier ministre, mais pas de promesse formelle. Selon eux, si rien ne bouge au cours des prochaines années, certains de leurs membres devront fermer leurs portes. «Les propriétaires sont inquiets. Les parents ne pourront plus suivre à un moment donné», estime M. Haddaoui.

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David Haddaoui, de l'AGNSI, et ses collègues Suzanne Gagnon et Renée Houle, ont déposé une pétition de près de 5000 noms au cabinet du premier ministre Philippe Couillard.

Le Soleil, Patrice Laroche

Sortie des plans

En plus du fardeau financier, l'AGNSI ne sent pas qu'elle fait partie des plans du ministre de la Famille Sébastien Proulx pour la réussite éducative des enfants. «On a l'impression d'être exclus du ministère de la Famille», soupire M. Haddaoui. Par exemple, le gouvernement a annoncé il y a deux semaines que chaque enfant de 4 ans inscrit dans un service de garde éducatif aura droit à 200 $ pour préparer sa transition vers l'école. Mais pas ceux qui fréquentent les garderies privées non subventionnées. Ces bambins ne pourront pas non plus avoir accès au programme sur les saines habitudes de vie lancé lundi en collaboration avec le Grand défi Pierre Lavoie.

Déjà, les membres de l'AGNSI n'ont pas droit aux subventions pour les enfants autistes, qui ont des problèmes de langage, de comportement ou des allergies sévères. 

«On est d'accord avec le désir d'améliorer la qualité des services de garde. Mais on aimerait plus d'uniformité. On veut avoir accès au savoir-faire du ministère, à ses programmes et à son soutien pédagogique», soutient Mme Houle. Elle invoque le principe d'équité pour les 65 000 enfants que son réseau accueille. 

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) réclame depuis plusieurs années un moratoire sur l'ouverture de nouvelles garderies privées non subventionnées. Elle croit que le développement fulgurant de ce réseau parallèle n'a pas été contrôlé. «On a pris la balle au bond à un moment où il manquait de places en garderie et où le gouvernement n'avait pas les moyens d'ouvrir d'autres places subventionnées», justifie M. Haddaoui. 

Maintenant, ces propriétaires privés ne veulent pas perdre leurs investissements. Surtout que pour avoir un permis délivré par le ministère de la Famille, ils doivent respecter les mêmes règles que les autres garderies d'environ 60 places, en termes d'alimentation, de propreté, de nombre d'enfants par groupe et de formation des éducatrices. 

L'AGNSI déplore que la population confonde souvent ses membres avec les garderies privées en milieu familial, qui elles, ne reçoivent la visite d'aucun inspecteur du ministère de la Famille et ne doivent obéir à aucune règle, sauf celle d'accueillir un maximum de 6 enfants.

Répartition des places en garderie selon le type d'installation

  • Centre de la petite enfance (CPE) 32 %
  • Milieu familial subventionné 30 %
  • Garderie privée non subventionnée 22 %
  • Garderie privée subventionnée 16 %

Source: ministère de la Famille, 1er mars 2017




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