La pesée interdite dans les écoles

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Il sera dorénavant interdit de peser les élèves dans les cours d'éducation physique au primaire et au secondaire. Il sera aussi fortement recommandé de ne pas le faire au cégep.

Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx et la ministre de l'Enseignement supérieur Hélène David ont déposé jeudi à l'Assemblée nationale un document qui vise à bannir cette pratique. Les deux ministres enverront vendredi une lettre à leurs réseaux respectifs pour qu'elle cesse.

Les deux ministres insistent sur le fait que la pesée n'a jamais fait partie intégrante des cours d'éducation physique. Aucun manuel ni directive du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur n'y fait référence. «La pesée est une pratique qui ne fait jamais partie du contenu de formation et, par conséquent, n'est jamais une option à retenir, n'apportant aucune valeur ajoutée. Elle devrait donc être proscrite», écrivent-ils. 

Une pétition contre la pesée dans les écoles signée par plus de 4000 personnes a été déposée en août dernier à l'Assemblée nationale. Cette pétition a été étudiée en commission parlementaire, et les députés ont recommandé, de façon unanime, de proscrire cette façon de faire. 

«Publiquement, ça peut être dégradant, ça peut être humiliant, ça peut être très blessant», a réagi la ministre David jeudi. Contrairement au ministre Proulx, qui enverra des directives claires aux écoles primaires et secondaires, la ministre de l'Enseignement supérieur peut seulement envoyer «un signal clair et fort» aux cégeps et aux universités, afin de respecter leur «liberté académique». 

«S'il y a pesée, c'est à la demande de l'étudiant et ça doit être fait de façon privée. Et jamais un étudiant ne doit être contraint à une pesée, ni privée, ni publique», a indiqué Mme David. 

Même si elle ne peut faire d'interdiction formelle au cégep, Mme David est persuadée que les pesées en public cesseront. «Ça m'étonnerait beaucoup qu'il y ait des gestes comme ça et si jamais ça se produisait, je redirais que je ne suis pas d'accord.»

Décision saluée

Cette prise de position a été saluée par la Fédération des comités de parents, qui remercie le ministre Proulx de sa rapidité à émettre une directive.

«On a compris qu'on se trompait en se fiant seulement à la balance pour savoir si une personne est en santé», s'est réjoui Corrine Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids. Selon elle, il était temps qu'on relègue cette «vieille pratique» aux oubliettes. 

Les nouvelles directives ont même été bien accueillies par la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FÉÉPEQ). «On vit bien avec le programme de formation de l'école québécoise et là, les directives clarifient une ambiguïté qui existait», commente le président Jean-Claude Drapeau. 

Selon lui, la pesée était très répandue dans les écoles il y a de nombreuses années. Elle n'était plus pratiquée dans les écoles primaires, mais subsistait dans certains cours de 4e et 5e secondaires. 

La FÉÉPEQ tient toutefois à ce que la mesure de l'indice de masse corporelle (IMC) reste permise au cégep, de façon volontaire et en toute confidentialité, car elle permet aux jeunes adultes de voir concrètement l'effet de leurs bonnes habitudes de vie.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer