Cégep Limoilou: un nouvel outil de lutte au décrochage scolaire fait ses preuves

Marie-Josée Lavoie, aide pédagogique, Yvon Charest, président d'Industrielle... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Marie-Josée Lavoie, aide pédagogique, Yvon Charest, président d'Industrielle Alliance, et Chantal Arbour, directrice des études du Cégep Limoilou.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Julie Bolduc, 26 ans, a déménagé à Québec en septembre pour faire un retour aux études, en diététique. Dès le départ, le courant ne passe pas du tout avec sa coloc et elle trouve la marche très haute par rapport au secondaire et au marché du travail. Élise (nom fictif) a quant à elle vécu un deuil important en pleine session d'animation 3D. Elle n'avait plus du tout la tête à faire ses travaux et ses examens.

Toutes deux ont pensé à laisser tomber le Cégep Limoilou. Mais leurs difficultés ont été rapidement détectées et elles ont accepté la main qui leur était tendue. Si bien que Julie a aujourd'hui retrouvé une grande motivation et qu'Élise est en voie d'obtenir son diplôme.

«Je suis quand même reconnaissante d'avoir continué, parce que sinon, je serais chez moi et je ne ferais rien», admet Élise. «Anne [une enseignante] m'a écoutée et m'a dit qu'elle voyait une technicienne en diététique en moi. Ça m'a beaucoup rassurée», commente pour sa part Julie. 

Les deux étudiantes ont eu un coup de pouce du nouveau programme Connaître pour accompagner + (CPA+), en place depuis 18 mois au Cégep Limoilou. Un programme qui porte déjà fruit, car le cégep a réussi à faire passer son taux de persévérance à la deuxième session de 68 % à 89 % en technique de gestion d'un établissement de restauration. En animation 3D, le taux de réussite des cours à la première session est passé de 87 % à 94 %. Des bonds en avant qui devraient se traduire en bout de piste par une hausse du taux de diplomation.

Parce que l'institution s'est rendu compte que c'est souvent à la première session, voire dans les premières semaines de cours, que les jeunes sont tentés de laisser tomber. «S'ils ont un échec au départ, c'est comme s'ils perdaient confiance en leurs moyens», lance la directrice des études Chantal Arbour. 

La plupart des cégeps offrent différents services d'aide, mais le Cégep Limoilou a innové en concertant ses efforts et en travaillant sur le dépistage hâtif des problèmes. L'institution forme ses enseignants et leur demande d'envoyer des signaux d'alarme dans un logiciel central, où les informations restent confidentielles. Ceux-ci peuvent par exemple signaler le fait qu'un étudiant s'absente souvent, n'a pas encore acheté ses livres à la troisième semaine de cours, a l'air fatigué, déprimé, inattentif, etc. 

«Avant, il se passait plusieurs semaines avant qu'on voie les problèmes et les dommages étaient déjà faits», commente Mme Arbour. 

À l'heure actuelle, dans les programmes où CPA+ a été implanté, un intervenant appelé «aide pédagogique individuelle» prend en charge les signaux d'alarme, va voir l'étudiant en question et le réfère aux différents services : psychologie, aide alimentaire, orientation, etc. «Une personne à la fois s'occupe du cas de l'étudiant, ce qui fait aussi qu'on est plus efficaces. On évite les dédoublements», explique Marie-Josée Lavoie, aide pédagogique individuelle au Cégep Limoilou. 

L'objectif du cégep, qui doit faire face à une baisse des inscriptions de 3 % cette année, est d'éviter que les problèmes personnels des jeunes viennent miner leur projet d'études et de carrière. Et de garder en ses murs de bons candidats à un diplôme. 

Pour pallier la baisse démographique des jeunes Québécois, le Cégep Limoilou a aussi commencé cette année à faire du recrutement à l'international. Et elle compte sur CPA+ pour offrir un accueil personnalisé à ces jeunes venus d'ailleurs. 

Appui du privé

C'est grâce à 1 million $ amassés par des entreprises privées que le Cégep Limoilou a pu mettre sur pied cette initiative. Yvon Charest, président d'Industrielle Alliance et président du Club des ambassadeurs du Cégep Limoilou, raconte que les gens d'affaires avaient le goût d'investir dans ce qui compte le plus : la réussite des étudiants eux-mêmes. 

Étant donné le manque criant de main-d'oeuvre spécialisée dans la région de Québec, M. Charest explique que les gens d'affaires sont aujourd'hui plus sensibles à la question du décrochage scolaire, et pas seulement au secondaire. «Le cégep nous a convaincus que c'est l'endroit où notre argent rapporterait le plus», lance-t-il. 

CPA+ n'est pas encore implanté dans tous les programmes du Cégep Limoilou : il le sera en septembre 2018. Mais déjà, l'institution est sollicitée par d'autres collèges qui veulent s'inspirer de la façon dont il aide les jeunes à rester accrochés.




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