Université Laval: un long conflit à prévoir

Depuis une semaine, le Syndicat des employées et... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Depuis une semaine, le Syndicat des employées et des employés de l'Université Laval a cumulé deux jours et demi de grève.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les employés de soutien sont retournés au boulot vendredi à l'Université Laval, mais leurs pancartes ne sont pas rangées trop loin. Ils tiendront encore plusieurs autres journées de grève ponctuelles au cours des prochaines semaines, promet leur syndicat, qui s'attend à livrer une très longue bataille.

Chaque semaine, les employés devraient être en grève de une à trois journées, lesquelles seront annoncées à la pièce. Le Syndicat des employées et des employés de l'Université Laval (SEUL) n'a pas changé de discours depuis janvier et considère que la session de certains étudiants pourrait être en péril. «Pour qu'un cours soit validé, il faut que la personne y assiste pendant 12 semaines au minimum. Mais si on fait la grève toujours la même journée, ça peut devenir problématique, surtout pour ceux qui ont des cours en laboratoire», prévient Éric-Jan Zubrzycki, conseiller syndical pour le SEUL.

Lors de la grève de deux jours qui s'est terminée jeudi, la grande majorité des cours ont pu être donnés, mais certains cours en laboratoire ont dû être annulés. L'horaire du PEPS a été modifié, celui de la bibliothèque aussi et le même scénario devrait se reproduire si d'autres journées de grève surviennent, explique Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l'Université Laval. La direction de l'université n'a toutefois pas voulu répondre aux prétentions du syndicat sur la durée du conflit et sur ses répercussions. 

Rencontre de sept minutes

Pour Éric-Jan Zubrzycki, il ne fait pas de doute qu'il s'agit maintenant d'une «guerre de tranchées». La rencontre de conciliation entre le SEUL et la direction a duré sept minutes jeudi midi. Les deux parties sont restées campées sur leurs positions. «Il faut croire que la soupe n'est pas encore assez chaude pour l'Université Laval; alors on va la chauffer encore un peu», a commenté M. Zubrzycki. Le conseiller syndical dit avoir l'appui d'autres membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) de partout au Québec, prêts à venir appuyer la cause du SEUL au besoin. 

D'autres rencontres de conciliation sont prévues lundi et mardi, mais, pour le SEUL, il s'agit de «formalités», car tout le processus de négociation doit maintenant être repris de zéro. 

Le conflit de travail s'est transposé au niveau judiciaire cette semaine. La direction a demandé et obtenu deux injonctions d'urgence : l'une pour contraindre les syndiqués à manifester dans un périmètre déterminé dans le stationnement devant le pavillon Alphonse-Desjardins, et l'autre pour obliger certains techniciens de laboratoire à donner des «soins de base» aux singes utilisés dans des recherches. Cette question des soins à prodiguer aux animaux qui font partie de protocoles de recherche sera débattue sur le fond mercredi, et M. Zubrzycki soutient que le syndicat est prêt à aller jusqu'en Cour suprême pour défendre sa position.

Course au rectorat

La course au rectorat, qui s'est déclenchée mardi dernier, pourrait aussi faire en sorte d'étirer le conflit de travail, évalue le SEUL. Même si aucun candidat n'a encore officiellement sauté dans l'arène, le vice-recteur exécutif Éric Bauce, qui chapeaute la négociation, fait partie des candidats pressentis. «Comment pourrait-il justifier un revirement? Il s'est avancé trop loin pour faire ça et il n'y a aucun moyen pour lui de s'en sortir sans perdre la face», évalue M. Zubrzycki. 

La professeure en génie industriel Sophie D'Amours et Michel Gendron, doyen de la Faculté des sciences de l'administration, seraient aussi intéressés par le poste. Le prochain recteur ou la prochaine rectrice sera élu le 26 avril.

Rappelons que les prestations de retraite sont au coeur du conflit entre l'Université Laval et ses 1900 employés. Le SEUL indique que ses membres touchent en moyenne 21 000 $ par année à la retraite, si bien que tout recul aurait de grandes conséquences.




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