La conciliation travail-études... dès l'école secondaire

Félix Truchon, élève de cinquième secondaire à l'école... (Steve Boulay)

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Félix Truchon, élève de cinquième secondaire à l'école C.-E.-Pouliot, travaille une dizaine d'heures par semaine comme commis-vendeur dans une épicerie fine de Gaspé.

Steve Boulay

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<p>Geneviève Gélinas</p>
Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) À Gaspé, un élève de cinquième secondaire sur deux occupe un emploi en même temps qu'il étudie. Un compromis qui peut développer son sens de l'organisation, mais parfois aussi mener au décrochage dans une région qui a pourtant un besoin criant de main-d'oeuvre spécialisée. L'école secondaire C.-E.-Pouliot et la Chambre de commerce de Gaspé s'allient pour sensibiliser les employeurs, les élèves et leurs parents à la conciliation travail-études.

Félix Truchon, élève de cinquième secondaire à C.-E.-Pouliot, travaille une dizaine d'heures par semaine comme commis-vendeur au Marché des saveurs, une épicerie fine de Gaspé. «C'est bien d'avoir une liberté financière, de ne pas avoir à dépendre de ses parents pour s'acheter des choses», dit-il.

Entraîneur de hockey, joueur de soccer et karatéka, Félix réussit à tout concilier. Il estime même que son emploi entraîne des avantages : «Ça m'incite à mieux m'organiser parce que je sais qu'à telle heure, je dois aller travailler.»

La conciliation n'est pas aussi facile pour tous. L'école C.-E.-Pouliot a décidé de sonder ses élèves après que des enseignants eurent noté une baisse d'énergie chez certains étudiants-employés.

En cinquième secondaire à Gaspé, 56 % des élèves ont un travail rémunéré, indique ce sondage mené au printemps 2016. Parmi ceux qui travaillent, 45 % le font de 11 à 15 heures par semaine et 24 %, pendant 16 heures et plus. De la première à la quatrième secondaire, la proportion d'élèves-travailleurs est moindre, variant de 22 % à 32 %.

Le directeur de l'école, Jérôme Béland, est loin de diaboliser le travail rémunéré. «Il y a des bénéfices : développer le sens de l'organisation, des responsabilités, aider l'insertion sur le marché du travail plus tard parce que le jeune aura de l'expérience.»

L'envers de la médaille

«L'envers de la médaille, c'est que des élèves qui travaillent, 15, 20 ou 25 heures, ça peut avoir un impact sur leur énergie, diminuer leur motivation à l'école, poursuit M. Béland. Au travail, le stress du jeune peut diminuer son rendement. Et peut-être que l'activité physique, les loisirs, les amis, vont écoper.»

Les gens d'affaires ont besoin de la main-d'oeuvre étudiante, explique Olivier Nolleau, directeur de la Chambre de commerce et de tourisme de Gaspé. Mais ils ont tout autant besoin de main-d'oeuvre spécialisée. Et pour y arriver, il faut que ces jeunes obtiennent leur diplôme, ajoute-t-il.

Tous les commerçants ne le comprennent pas : «Il y a des menaces de certains employeurs : si tu ne travailles pas pendant l'année scolaire, tu n'auras pas de travail à l'été. Ça, il faut que ça cesse», rapporte M. Nolleau.

L'emploi doit plutôt devenir un «levier pour la réussite», estime Jérôme Béland. Les employeurs doivent encourager la poursuite des études. «Ils peuvent dire au jeune : amène-moi donc ton bulletin, as-tu des bonnes notes? Si oui, je peux te donner deux ou trois heures de plus», illustre le directeur.

Les horaires de travail d'un élève à temps plein ne devraient pas dépasser 10 à 15 heures par semaine. Au-delà, ses résultats scolaires risquent d'en souffrir, explique un dépliant qui circulera auprès des élèves, de leurs parents et des employeurs.




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