Anges et chandelles de papier pour oublier le drame

Pour se défouler, les élèves de l'école Filteau,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Pour se défouler, les élèves de l'école Filteau, dans le secteur Sainte-Foy, ont fait des anges dans la neige.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Loin du sang et des coups de feu, plusieurs écoles ont quand même dû faire face à l'urgence lundi : l'urgence de consoler des enfants en pleurs.

«Les enfants pleuraient, étaient enragés, choqués, ils ne comprenaient pas [...] Ils étaient dehors et ils disaient : "On peut-tu donner des coups dans la neige? Briser de la glace?"» raconte Nathalie Pelletier, éducatrice spécialisée à l'école primaire Filteau, dans Sainte-Foy.

À la place, Mme Pelletier les a invités à se défouler en faisant des anges dans la neige. La plupart sont partis et en ont fait partout dans la cour. Ou ils ont tracé des coeurs pour Mohammed, leur ami de 11 ans qui a perdu son père Aboubaker Thabti, dans l'attentat de la Grande Mosquée de Québec. «C'était très beau. Même moi, j'avais une petite chair de poule en voyant ça», lance Mme Pelletier. 

«Quand la directrice nous a dit que Mohammed avait perdu son père, j'étais dévasté. J'avais les yeux remplis de larmes. J'étais juste vraiment fâché», raconte Lucas Nascimento. Quand le garçon de 6e année est rentré chez lui lundi, il n'avait pas beaucoup d'appétit et est rapidement allé se coucher. 

Tristan Lafrance, un autre ami de Mohammed, raconte que la nouvelle a fait en sorte que les élèves de la classe n'étaient plus concentrés. «Les devoirs, on a tout arrêté ça, on a regardé un film. Personne n'était capable de travailler», explique-t-il. 

Dans cette école qui compte près de 60 enfants musulmans, ce n'était pas le chaos complet lundi, mais des travailleurs sociaux et des psychologues ont été appelés en renfort. «Tout le monde a vraiment mis l'énergie qu'il fallait pour s'assurer que tout le monde était correct», dit Mme Pelletier.

Retour sous les encouragements

Dès le dimanche soir, la directrice Johann Pichette a commencé à texter et à appeler son personnel, afin de les convier à une réunion d'équipe tôt le lundi matin. La commission scolaire des Découvreurs a rapidement déployé son protocole d'urgence. «Des enfants qui se désorganisent, qui sont en crise ou qui vivent un deuil, j'ai déjà géré ça. Mais un drame avec autant de monde touché, jamais», exprime Mme Pichette. En 15 ans comme directrice d'école, elle a, selon elle, vécu sa pire crise.

Les élèves ont inscrit des messages d'encouragement destinés... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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Les élèves ont inscrit des messages d'encouragement destinés à Mohammed sur des chandelles en papier.

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Mardi, Mohammed est venu saluer ses amis 30 minutes à l'école, ce qui a ravivé les émotions. Émilie, une élève de 4e année, voulait faire quelque chose pour lui et pour toutes les victimes de l'attentat. «Les chandelles, à l'école, on ne peut pas, alors je lui ai suggéré d'imprimer des chandelles en papier et que chacun écrive un mot dessus», explique Mme Pelletier. 

Affichées dans les portes d'entrée de l'école, Mohammed pourra lire des dizaines de mots d'encouragement à son retour : «sois fort», «soyons tolérants», «aimons-nous», et bien d'autres.

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