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Jusqu'à 9 millions $ d'ordinateurs usagés pour les écoles

Pour la première année, au moins 18 000 postes informatiques... (123RF/Wavebreak Media Ltd)

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Pour la première année, au moins 18 000 postes informatiques devraient se retrouver dans plusieurs laboratoires au primaire et au secondaire, de même que dans quelques cégeps.

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(Québec) Plus des deux tiers des commissions scolaires du Québec, et quelques cégeps, se sont regroupés pour acheter, sur deux ans, pour un maximum de 9 millions $ d'ordinateurs destinés aux laboratoires scolaires, tous des appareils usagés de «plus de quatre ans».

«On parle de 18 000 postes informatiques environ pour la première année», note Danielle Lavoie, conseillère en communication du Centre collégial des services regroupés (CCSR) - même si son nom ne l'indique pas, le CCSR est aussi mandaté par les commissions scolaires gérant des écoles primaires et secondaires pour leurs achats. On ajoute à la commande de ces milliers d'ordis, quelque 5400 écrans. Pour une valeur du contrat de l'an 1 d'environ 5 millions $.

Avec les options de renouvellement, la commande vaut plus ou moins 9 millions $, lit-on dans des documents consultés. Le CCSR indique, en outre, qu'il pourrait «se prévaloir d'une option d'achat supplémentaire pouvant atteindre 30 % des engagements budgétaires totaux estimés ci-haut».

Dans cette commande, les commissions scolaires optent uniquement pour les produits signés Bill Gates. «Ce sont des équipements qui sont pour la plupart des retours de location qui ont été remis en état qui sont munis d'un système d'exploitation Microsoft.» Des ordis de table, mais aussi des portables.

«Puis, le principal avantage de cet appel d'offres, pour les gens qui participent, c'est la possibilité d'acheter des lots de plusieurs machines», ajoute Mme Lavoie. «Donc, on peut avoir 50, 100, machines qui sont identiques. Ça permet d'uniformiser le parc informatique; ça facilite la gestion, l'implantation des machines.»

Assez performants

Ces ordinateurs âgés sont-ils assez performants pour que les jeunes des écoles québécoises soient à la fine pointe? «[Ils] sont utilisés principalement pour du traitement de texte, de la navigation sur Internet, les applications de base qui ne demandent pas beaucoup de pouvoirs.»

Argument supplémentaire : «Ça permet de donner une deuxième vie à ces machines qui seraient mises au rancart autrement.» 

Et, dans un contexte où les budgets sont limités, les prix des produits usagés sont nettement plus bas que les neufs. «Il y a à peu près autant d'ordinateurs neufs qu'usagés qui s'achètent dans le réseau des commissions scolaires. Les usagés sont principalement destinés à des laboratoires informatiques.»

À la fin de la location de lots d'ordinateurs par des compagnies ou des organismes publics, des entreprises les rachètent, les inspectent et les revendent notamment au réseau de l'éducation.

Parmi les 53 participants à l'appel d'offres, il y a la Commission scolaire de la capitale. La porte-parole, Marie-Élaine Dion, explique que c'est aux directions d'école de décider si elles ont du budget pour le neuf ou pour l'usagé. «[À la commission scolaire], on privilégie beaucoup l'achat d'équipements neufs.»

Pas la fin du monde si...

Fournir de vieux ordinateurs aux élèves du Québec, ce n'est pas la fin du monde, assurent deux experts universitaires. Mais encore faut-il que les appareils soient performants, qu'on y installe des logiciels adéquats et que les ressources économisées soient investies dans l'enseignement.

«Il est fort possible qu'acheter des ordinateurs usagés soit correct pour l'utilisation qu'ils en font», commente le directeur du département d'informatique de l'Université de Sherbrooke, Gabriel Girard. «La puissance des ordinateurs d'aujourd'hui n'augmente pas aussi rapidement que dans le passé. Un ordinateur neuf n'est souvent pas significativement plus puissant qu'en ordinateur de deux ans d'âge.»

«Ça va leur durer deux, trois ans, peut-être plus.» Même dans son département, certains ordis moins sollicités sont conservés six ans.

«L'important, c'est la pédagogie qui est utilisée beaucoup plus qu'une quelconque course à toujours avoir les ordinateurs les plus récents», acquiesce Moncef Bari, professeur au département de didactique de l'UQAM, spécialiste de l'utilisation des technologies de l'information en éducation. «Ça dépend des logiciels qu'ils vont utiliser et ça dépend de la façon dont ils vont l'utiliser. Ça, c'est beaucoup plus important que la puissance des ordinateurs, surtout au niveau scolaire.»

Des logiciels spécialement créés pour l'enseignement de toutes les matières sont en vente, fait-il remarquer. Les produits sont là, il faut s'en servir.

Et encadrer les jeunes. Un exemple : ne pas simplement leur apprendre à naviguer sur le Web. Aussi leur apprendre à jauger les informations consultées en ligne, apprendre que Wikipédia ce n'est pas toujours vrai. Forger l'esprit critique le plus tôt possible, donc.

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