Doit-on peser les jeunes à l'école?

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Deux visions s'affronteront à l'Assemblée nationale jeudi, sur la pesée des élèves dans les écoles du Québec.

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(Québec) Pour ou contre la pesée des élèves dans les écoles du Québec? Deux visions s'affronteront à l'Assemblée nationale jeudi. Les élus, qui ont reçu une pétition demandant l'abolition de cette pratique, devront trancher.

POUR

Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ)

La science a démontré l'utilité du calcul de l'indice de masse corporelle (IMC) pour détecter des problèmes de santé et y faire face, fait valoir le professeur chercheur Jérôme Leriche.

M. Leriche représente les profs du collégial au sein de la FEEPEQ. Il est docteur en éducation. Et il est convaincu de l'utilité de la pesée des étudiants et étudiantes, autant pour détecter ceux qui sont à risque d'avoir un poids trop élevé que celles qui manquent de masse.

«C'est vraiment pour l'éducation», dit-il. Les jeunes passent leurs journées à naviguer sur les réseaux sociaux, le Web. Ils sont bombardés d'informations contradictoires, parfois fausses, sur le poids, la santé, l'alimentation. L'école doit les guider.

La mesure du poids et de la grandeur pour évaluer l'IMC est une porte d'entrée, poursuit-il. «Ça nous donne un indice pour pouvoir discuter.»

M. Leriche en convient, l'IMC a des limites. Un jeune qui est très sportif, musclé, aura un IMC qui le classe chez les obèses puisque son poids est élevé. Pourtant, il est en pleine forme.

Par contre, la littérature scientifique serait concluante : «L'IMC est associé avec énormément de maladies de toutes sortes.» Diabète, troubles cardio-vasculaires, problèmes musculo-squelettiques, etc.

Une fois qu'on a établi que la pesée peut être utile (surtout au collégial, sans doute à partir du secondaire), il faut cependant s'assurer de l'effectuer de la bonne façon, note Jérôme Leriche. Il faut que l'élève puisse prendre ses mensurations en privé, en toute confidentialité. On lui remet une fiche à remplir tout en lui expliquant à quoi ces mesures servent. Voilà qui oblige l'étudiant à poser son regard sur lui, sur sa santé.

Surtout, une fois le calcul fait, il faut poursuivre l'intervention. «Le problème, c'est si on prend juste l'IMC.» Après, il faut ouvrir la discussion sur l'alimentation, les habitudes de vie, le stress...

Et M. Leriche évalue que les profs d'éducation physique sont les mieux placés pour gérer ce dossier de la pesée. Pourquoi? «On voit tous les étudiants.» C'est le cours obligatoire que tous doivent suivre, même au cégep.

CONTRE

Fédération des comités de parents du Québec et Coalition québécoise sur la problématique du poids

La pesée des jeunes dans les cours d'éducation physique et dans les activités sportives parascolaires est inutile, voire nuisible, prévient la directrice de la Coalition poids, Corinne Voyer.

«Le poids tout seul n'est pas une bonne façon de mesurer l'état de santé», avance-t-elle. Il faut avoir en main bien plus de variables pour pouvoir dresser un portrait fiable : habitudes de vie, hérédité, alimentation, musculature, morphologie... 

Un exemple : avoir de la graisse ne veut pas dire que c'est grave, ajoute-t-elle. «Ce qui est dommageable, c'est la graisse abdominale, la bedaine dure.»

Mme Voyer ne blâme pas les professeurs et les entraîneurs des équipes sportives de peser leurs protégés. «Ça fait sûrement partie de bonnes intentions. [...] Ils pensent qu'ils le font pour le bien des enfants.»

Elle juge cependant que cette pratique n'a pas d'utilité pédagogique. Et qu'il y a risque élevé de stigmatiser des jeunes dont l'estime de soi est déjà amoindrie. «La pesée à l'école peut avoir des effets négatifs. [...] Un enfant obèse, souvent il le sait déjà qu'il est obèse.»

En mettant l'accent sur le poids, on pourrait même accroître le mal-être d'une jeune fille préoccupée par son apparence. «Il ne faut pas engager les enfants dans un processus de régime.»

Corinne Voyer pense qu'il faudrait plutôt accroître la formation des maîtres et des entraîneurs en matière de saines habitudes de vie. Accroître le temps d'enseignement qui y est consacré.

Avis partagé par la Fédération des comités de parents du Québec : «Les parents estiment que [la pesée] devrait être remplacée par l'enseignement des saines habitudes de vie, de la saine alimentation, d'éducation aux médias, de la valorisation d'une image corporelle diversifiée, de développement de la pensée critique ou d'activité physique», nous indique-t-on dans un courriel. «Le problème, actuellement, se pose quant à l'absence de suivi et de support, pour les élèves aux prises avec une problématique de poids. De plus, on ne peut négliger les risques d'intimidation ou d'anxiété liés à l'activité de la pesée.»




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