Des élèves plus attentifs grâce au NeuroTracker

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(Québec) À force d'entraîner leur cerveau avec le NeuroTracker, des élèves de l'école secondaire Samuel-De Champlain, à Beauport, ont augmenté de façon significative leur capacité d'attention. Une avancée scientifique qui pourrait donner un coup de pouce dans les classes.

C'est la psychologue Carole Inkel qui a eu l'idée, en 2014, de créer un projet-pilote mettant en vedette le NeuroTracker dans son école. Après avoir vu un reportage sur des sportifs de haut niveau qui l'utilisaient à l'émission Découverte, elle est allée cogner à la porte de son concepteur (voir autre texte). «Je me suis dit, si c'est bon pour les athlètes, nos jeunes pourraient en profiter aussi», explique-t-elle en entrevue au Soleil.

C'est en partenariat avec une équipe de chercheurs de l'Université McGill et la compagnie qui commercialise le NeuroTracker que, depuis près de trois ans, 70 élèves en difficulté d'apprentissage, qui fréquentent les classes langage et d'adaptation scolaire de Samuel-De Champlain, utilisent le logiciel, à raison de trois séances de 10 minutes chaque semaine.

Lundi, les chercheurs de McGill étaient de passage à Québec pour rencontrer et former les enseignants qui participeront au projet cette année. En 2017, au lieu d'amener les élèves un à un devant un grand écran dans un local, le NeuroTracker sera disponible directement sur des ordinateurs portables, en classe, grâce à une nouvelle version en ligne. L'objectif est de faire des tests pour rendre le programme bientôt disponible à tous les élèves de l'école. 

«Les deux dernières années, on a fait de la recherche et des suivis pour voir si le programme avait un impact, et la réponse est oui. Un élève qui s'entraîne avec le NeuroTracker améliore sa capacité d'attention dans une autre tâche par la suite. Il y a un transfert qui se fait», explique Armando Bertone, chercheur principal et professeur à l'Université McGill. 

Reste maintenant à étudier si cette gymnastique mentale peut avoir un effet positif sur les notes d'un élève. Ce à quoi l'équipe compte s'attaquer au cours des années à venir. «Pour l'instant, c'est difficile d'établir une corrélation entre les deux, entre le programme et les notes des jeunes. Mais je remarque tout de même qu'ils sont plus attentifs après leur petite séance», explique Elysées Desruisseaux, enseignante en adaptation scolaire qui participe aux essais depuis le début. 

Éviter la médication

Pour Mme Desruisseaux et Mme Inkel, ce programme représente une avenue prometteuse pour améliorer la concentration des élèves en classe. Voire pour éviter à certains jeunes de prendre du Ritalin ou d'autres médicaments semblables. 

«Souvent, pour le traitement du déficit de l'attention, on parle de médication. Et on craint toujours une surconsommation. Alors si on peut trouver des moyens alternatifs pour faire de la rééducation du comportement et de l'attention des jeunes en classe, on peut viser peut-être une amélioration des compétences des jeunes à l'école», espère Mme Inkel. 

Si les données de recherche continuent d'être concluantes, Mme Inkel rêve que toutes les écoles québécoises puissent avoir accès à cette gymnastique du cerveau.

Comment ça marche?

Le Soleil a tenté l'expérience, assez simple, du NeuroTracker. On enfile une paire de lunettes 3D et on regarde des balles bouger sur un écran de télé ou d'ordinateur. Sur huit balles vertes, il faut par exemple être capable de suivre le parcours de trois balles qui étaient illuminées en rouge au départ. Le logiciel s'adapte au niveau de la personne qui l'utilise, en faisant bouger plus ou moins de balles, plus ou moins rapidement. La psychologue Carole Inkel explique que le jeu facilite le développement des fonctions exécutives, qui sont en quelque sorte des qualités de base pour apprendre. Il permet par exemple de trouver des stratégies pour mieux réussir lors d'un prochain essai.

Une invention québécoise

Le NeuroTracker est un système d'entraînement cognitif inventé par Jocelyn Faubert, de l'Université de Montréal. Depuis sept ans, il est commercialisé par la compagnie CogniSense et a surtout fait des adeptes dans le monde sportif. Il est utilisé par plus de 500 équipes de sport à travers la planète, dont le Manchester United, au Royaume-Uni, l'Impact de Montréal, les Canucks de Vancouver et le Comité olympique canadien. Les athlètes qui utilisent cette gymnastique mentale seraient plus concentrés lors d'un match, ce qui améliorerait leurs performances. Le NeuroTracker en est toutefois à ses débuts dans le monde scolaire, étant seulement en essai dans une école de Montréal et à l'école Samuel-De Champlain, à Québec.

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