5 idées pour changer le monde en éducation

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, s'est adressé... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, s'est adressé aux participants de la  consultation nationale sur la réussite éducative, jeudi au Centre des congrès de Québec.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Près de 100 experts ont mis leurs neurones à contribution jeudi et vendredi à Québec lors de la consultation nationale sur la réussite éducative. Quelques consensus ont émergé, mais plusieurs idées se sont entrechoquées dans le grand dépoussiérage du système amorcé par le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx au début de l'automne. Pour propulser l'école dans le futur, Le Soleil vous présente cinq idées évoquées.

1. La garderie gratuite à 4 ans

Tout le monde s'est entendu sur la nécessité d'intervenir tôt dans la vie de l'enfant pour déceler ses difficultés d'apprentissage. Oui, mais comment faire? L'Association des garderies privées du Québec propose de rendre la garderie gratuite pour tous les enfants de 4 ans. Mona Lisa Borrega a expliqué que les locaux, les jeux et la taille des garderies conviennent mieux aux enfants de 4 ans que les écoles primaires, qui peuvent être intimidantes pour les bambins de cet âge. Elle s'est toutefois dite ouverte à rehausser la formation des éducatrices qui travaillent avec les enfants de 4 ans et à faire des ponts avec les écoles. Les enseignants ont quant à eux plaidé pour qu'on continue de déployer des maternelles 4 ans dans les milieux défavorisés.

2. Vers un métier dès la 3e secondaire

L'école obligatoire jusqu'à 18 ans est loin d'avoir fait l'unanimité. Pour certains, forcer un jeune qui n'aime pas l'école à y rester équivaut à la transformer en prison. La Fédération des commissions scolaires du Québec propose plutôt un parcours scolaire plus souple à partir de la 3e secondaire, où un jeune pourrait apprendre un métier en même temps qu'il termine son secondaire régulier. Le vice-président Richard Flibotte aimerait abaisser l'âge moyen des étudiants en formation professionnelle, qui est aujourd'hui de 27 ans. Les représentants des employeurs ont également été nombreux à dire qu'ils voulaient travailler avec les écoles en offrant des lieux de stage, de la machinerie et des mentors aux jeunes du secondaire. 

3. En finir avec les tâches minutées

Cinquante minutes de cours, quinze minutes de surveillance le midi, vingt minutes de réunion avec les autres profs, trois minutes pour se déplacer d'un local à l'autre : toute la tâche des enseignants québécois est compartimentée, minutée par les conventions collectives. Une situation que dénonce la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement (FQDE), qui réclame plus de souplesse. «Il faudrait revoir ce concept-là, qui est vieillot», juge la présidente Lorraine Normand-Charbonneau. La FQDE tend la main aux syndicats pour travailler ce dossier avant la fin de la présente convention, qui s'achève en 2020. Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement, voit plutôt cette idée comme une tentative d'alourdir encore la tâche des profs. 

4. Une école personnalisée 

Parce que chaque enfant est différent, l'école doit personnaliser son approche. Plusieurs experts soutiennent que l'enseignant doit être un guide plutôt que quelqu'un qui enfonce une matière dans le crâne de l'enfant. Geneviève Bauvais, de la Fédération des établissements d'enseignement privés, a plaidé pour la fin du «modèle rigide adapté à une autre époque». Nicolas P. Arsenault, pdg de Mobilys, croit qu'il faut intégrer l'apprentissage en ligne dès le primaire, parce que ça dégage du temps de correction pour les enseignants, parce que ça intéresse les enfants et parce qu'il faut «former une génération capable d'apprendre de façon personnalisée, sans contrainte de temps et d'espace». 

5. Un minimum pour chaque matière

Ajouter de l'anglais intensif en 6e année, des cours de sexualité, d'économie... «Si on veut que ce soit obligatoire, qu'est-ce qu'on enlève comme cours?» se questionne Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement. Elle demande au gouvernement d'établir les priorités et de dicter un nombre d'heures minimal pour l'enseignement de chaque matière. La Fédération des commissions scolaires est aussi bien embêtée face au casse-tête, en rappelant que le nombre d'heures de classe est limité. Certains experts ont soutenu que la plupart des enfants passent de plus longues journées à l'école aujourd'hui, notamment au service de garde, et demandent à ce qu'on décloisonne la grille-horaire.

20 M$ pour l'alphabétisation et le soutien aux parents

Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx a envoyé un premier signal en faveur de l'éducation tout au long de la vie vendredi en injectant 20 millions $ pour des mesures visant les adultes. Il renfloue entre autres les coffres des organismes d'alphabétisation et crée une ligne Allô parents. 

L'annonce a été faite en conclusion des deux jours de consultation nationale sur la réussite éducative à Québec. La plus grosse part de ce montant récurrent, soit 9 millions $, ira au Programme d'action communautaire sur le terrain de l'éducation (PACTE), qui n'avait pas vu ses fonds être renfloués ou indexés depuis 2008. Le PACTE travaille à améliorer le niveau de lecture et d'écriture des analphabètes fonctionnels et lutte contre le décrochage scolaire. 

Les commissions scolaires toucheront 4 millions $ pour faire des partenariats avec le milieu, tandis que les Instances régionales de concertation (IRC) auront droit à 3 millions $, toujours pour des projets de persévérance scolaire ou de littéracie. Même les entreprises auront droit à 1,3 million $ pour inciter leurs employés à accroître leur formation générale. «Il faut soutenir l'apprentissage de la lecture et de l'écriture dans notre société. Il faut cesser d'être parmi les derniers et être parmi les premiers», a commenté M. Proulx. 

Allô parents

Mesure réclamée par la Fédération des comités de parents, le gouvernement a annoncé la création d'une ligne Allô parents, qui servira à répondre aux questions des parents qui peinent à suivre et à aider leur enfant dans son parcours scolaire. C'est l'organisme Allô profs qui s'occupera de déployer ce nouveau service. «Il y a un besoin de vulgarisation et de connexion entre le système d'éducation et les parents», a commenté le ministre.

Le gouvernement confiera aussi à Télé-Québec le mandat de créer une trousse pédagogique numérique pour aider les parents d'enfants de 3 à 5 ans à les éveiller à la lecture et à l'écriture. Le ministre Proulx fait valoir qu'à peu près tous les parents québécois reçoivent un guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à 2 ans, mais qu'après, il n'existe aucun guide comparable. 

Pour le Parti québécois, cette annonce représente un minimum après des années de coupes, tandis que pour la Coalition avenir Québec, elle nage dans le «consensus mou». Selon le député Jean-François Roberge, le gouvernement doit aller beaucoup plus loin en éducation et «n'a pas fait preuve de courage encore». 

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