Couillard appelle à une école flexible

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(Québec) Intervenir auprès des enfants de moins de 5 ans et s'attaquer à l'analphabétisme d'une grande partie des Québécois. Le premier ministre Philippe Couillard a pointé ces deux grandes priorités pour le futur de l'éducation jeudi, au lancement de la consultation nationale sur la réussite éducative, qui se tient sur deux jours à Québec.

«La réussite du Québec tout entier est étroitement liée à cette réussite éducative. Si le Québec veut atteindre tout son potentiel, notamment son potentiel économique, on a besoin de Québécois qui sont bien formés», soutenu le premier ministre. 

Accompagné du ministre de l'Éducation Sébastien Proulx, M. Couillard a martelé que l'éducation doit maintenant être considérée comme une formation qui se poursuit tout au long de la vie, qui déborde du cadre classique. Il a lancé un appel à une école plus «flexible», car personne n'est en mesure de prévoir les emplois que les enfants occuperont en 2030, emplois qui seront probablement appelés à changer 10 ans plus tard. 

À l'ouverture de la consultation, à laquelle ont été conviés une centaine de participants, une vidéo sur l'histoire des 50 dernières années du système public a été projetée et le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx a eu une pensée pour Paul Gérin-Lajoie et Jean Lesage, les hommes politiques qui ont créé le ministère de l'Éducation. «On se souhaite autant de succès qu'ils en ont eu.»

«Il faut que toute la société redécouvre l'énergie et l'enthousiasme qui ont mené à la naissance du système d'éducation moderne dans les années 60 pour l'amener vers le prochain siècle», a pour sa part souligné le premier ministre. Selon son gouvernement, une intervention précoce, dès la garderie, permettrait de mieux déceler les difficultés d'apprentissage des enfants et de faire de la prévention. Il souhaite également que les Québécois sachent mieux lire et écrire, et qu'ils conservent et développent ces compétences à tout âge. 

Le premier ministre se défend toutefois de paver la voie à une autre réforme du système scolaire. «Je sais qu'il y a une fatigue de réforme dans le système d'éducation», a-t-il indiqué.

Sans faire d'annonce de réinvestissement en éducation, le premier ministre a laissé entendre qu'il serait maintenant plus facile de le faire de manière stable et à long terme, le Québec ayant retrouvé ses «marges de manoeuvre». «On est maintenant dans une circonstance où on est capables d'investir de façon importante et prévisible au cours des prochaines années en éducation. S'agit maintenant de prendre ce virage.»

Gagner du temps

Pour l'opposition, cette grande consultation ressemble plutôt à une façon de gagner du temps pour le gouvernement, avant les prochaines élections. «Alors qu'il a déjà coupé des centaines de millions de dollars en éducation, c'est dur de croire le premier ministre quand il dit qu'il en fait maintenant une priorité nationale», a lancé Alexandre Cloutier, critique du Parti québécois. Selon lui, l'exercice de consultation aurait dû être fait il y a deux ans. 

«La dernière chose qu'on attendrait, c'est un rapport et une tablette. Il faut que ça bouge», a pour sa part averti Jean-François Roberge, critique de la Coalition avenir Québec. Il invite le ministre Proulx à poser des gestes dès le début de l'année 2017.

Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx s'est montré ouvert en fin de journée à des changements rapides. «Je vais prendre aussi des décisions, pas seulement faire des consensus», a-t-il lancé. 

Rappelons que le ministre a sillonné toutes les régions du Québec ces derniers mois pour discuter avec 1300 personnes de réussite éducative. Le ministère a également reçu plus de 400 mémoires sur le sujet et près de 14 000 personnes ont répondu à un questionnaire en ligne. Il doit écrire et déposer la première Politique de réussite éducative du Québec au printemps 2017.

Départ sur fond de grogne

Une centaine d'enseignants venus de plusieurs régions du Québec ont bravé la tempête jeudi pour manifester à l'extérieur du Centre des congrès de Québec, parce qu'ils ont l'impression que leur point de vue n'y est pas assez entendu. 

«Les réformes qui se sont faites en éducation depuis les 20, 30 dernières années, n'ont jamais tenu compte du point de vue des experts dans la classe, les enseignantes et les enseignants», a déploré Alain Marois, vice-président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE). Selon lui, le ministre Proulx s'est montré «sympathique» avec les profs lors des consultations régionales, mais ceux-ci attendent toujours «des preuves» de sa bonne foi. Les membres de la FAE veulent entre autres un retour à l'enseignement explicite des connaissances et à des évaluations plus claires. 

Quelques membres de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) avaient également sorti leurs pancartes. «Nous sommes plus que des figurants dans l'histoire», a soutenu Line Camerlain, vice-présidente de la CSQ. 

Les dirigeants de ces syndicats ont toutefois pris la parole lors des consultations, ce qui n'a pas été le cas des dirigeants des ordres professionnels des psychologues, des orthophonistes et des psychoéducateurs, entre autres, invités seulement à titre d'observateurs. «Notre surprise est de ne pas avoir été considérés comme des acteurs suffisamment importants et pertinents dans le contexte de l'éducation», a commenté Denis Leclerc, président de l'Ordre des psychoéducateurs.

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