Plus de pouvoir au protecteur de l'élève

La CAQ propose un bureau national du protecteur... (123RF/dolgachov)

Agrandir

La CAQ propose un bureau national du protecteur de l'élève, qui serait directement lié au ministère de l'Éducation.

123RF/dolgachov

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La Coalition avenir Québec (CAQ) croit que les protecteurs de l'élève au Québec agissent comme des «protecteurs du système». Pour qu'ils réalisent pleinement leur rôle, le parti propose que ceux-ci obtiennent plus de pouvoirs et deviennent totalement indépendants des commissions scolaires.

Méconnu de la population, le rôle de protecteur de l'élève existe depuis 2009. Nommé et payé par les commissions scolaires, ce protecteur a pour mission de traiter les plaintes des parents d'élèves. Transport scolaire, changement d'école, accès à une classe spécialisée, diagnostic d'un trouble d'apprentissage, intimidation : les motifs de plainte peuvent être nombreux. Mais selon Jean-François Roberge, porte-parole de la CAQ en matière d'éducation, les parents qui se frottent à ce processus de plainte sont souvent «insatisfaits». 

«Ça n'a pas de bon sens. [Les protecteurs] sont un mécanisme d'appel à une décision de la commission scolaire, mais eux-mêmes sont nommés par la commission scolaire», s'insurge M. Roberge.

Le député constate que les décisions des quelque 70 protecteurs de l'élève au Québec sont très disparates d'une région à l'autre, et peuvent même différer dans le temps, car il n'y a aucune jurisprudence qui s'accumule, aucun échange d'information qui se fait. Le protecteur de l'élève n'a aucun réel pouvoir, car les commissaires scolaires peuvent «balayer son rapport du revers de la main», soutient M. Roberge. Certaines décisions sont disponibles sur le Web, d'autres pas. «Il y a un nuage d'opacité autour de ça», juge M. Roberge.

À côté de la CAQ lors du point de presse mardi, à l'Assemblée nationale, se trouvait Éric Pettersen, ce père de famille qui mène un combat pour obtenir un «vrai protecteur de l'élève» au Québec. 

M. Pettersen veut renforcer ce rôle depuis le suicide de sa fille Kim, victime d'intimidation, il y a plus de deux ans. Il a produit une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, a déposé une pétition à l'Assemblée nationale l'an dernier et a souvent écrit au ministre de l'Éducation, sans succès. «Le gouvernement libéral semble se foutre que nos élèves du primaire et du secondaire n'aient pas de véritable protecteur», dénonce M. Pettersen. 

Ce que la CAQ propose, c'est un bureau national du protecteur de l'élève, qui serait directement lié au ministère de l'Éducation. Ce protecteur national pourrait faire un seul rapport des plaintes des parents québécois envers l'école. Il pourrait toutefois compter sur une équipe terrain qui irait recueillir les doléances dans les différentes régions; et si une commission scolaire décidait d'ignorer une recommandation du protecteur de l'élève, elle devrait se justifier auprès du ministère de l'Éducation, explique M. Roberge.

Une proposition que la Fédération des comités de parents (FCPQ) accueille favorablement, elle qui parle d'un «constat d'échec» lié au protecteur de l'élève. C'est la FCPQ qui avait demandé la création de cette fonction, il y a près de 10 ans. «Mais aujourd'hui, ce que l'on constate, c'est un manque de neutralité en raison du lien salarial qui unit la commission scolaire au protecteur de l'élève, un manque de transparence et pratiquement aucun impact des décisions», soutient, par voie de communiqué, la présidente Corinne Payne. 

La FCPQ aimerait que le protecteur de l'élève travaille sous l'égide du protecteur du citoyen, question d'accroître sa transparence, ses accès et la confiance des parents à son égard. 

Le ministre ouvert

En chambre, le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx s'est montré ouvert à l'idée. «J'entends la proposition. J'en ai eu d'autres, au cours des dernières semaines, et mon intention est d'y réfléchir de façon à ce qu'on puisse avoir, oui, l'indépendance nécessaire, mais aussi l'apparence d'indépendance qui est nécessaire pour que les parents puissent s'y retrouver et croire au système.»

Le ministre a toutefois fait valoir qu'un premier pas en ce sens avait été fait. La loi 105, qui vient d'être adoptée, oblige les commissions scolaires à mieux faire connaître ce mécanisme de plainte.

Partager

À lire aussi

  • Brigitte Breton | Réussite éducative ou électorale?<strong></strong>

    Brigitte Breton

    Réussite éducative ou électorale?

    ÉDITORIAL / Une politique de «réussite éducative» ou une politique de «réussite électorale»? Souhaitons que le ministre de l'Éducation, Sébastien... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer