Un programme pour faire son secondaire en six ans

Pour Jean Garneau, le directeur du collège de... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Pour Jean Garneau, le directeur du collège de Champigny, il était naturel pour cette école «déjà ouverte aux différentes réalités des jeunes», de faire un pas de plus pour s'arrimer aux besoins des élèves, mais aussi des parents.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Une école privée de Québec a choisi de ralentir le rythme en permettant à des élèves en difficulté de faire leur première et deuxième secondaire en trois ans, dans l'espoir que ceux-ci puissent rattraper le retard accumulé et retourner dans les classes régulières en troisième secondaire.

Cette nouvelle classe, qui a ouvert en septembre au Collège de Champigny, dans Sainte-Foy, est déjà très appréciée des jeunes qui la fréquentent. «On reçoit plus d'aide que jamais», dit un élève. «Les profs sont plus patients», renchérit une autre lors du passage du Soleil mardi. 

«Enfin, ils ont une place de choix et ils peuvent être qui ils sont. Ils peuvent poser les questions qu'ils souhaitent, même 50 fois, s'il le faut. Ils se permettent de le faire», commente leur enseignante Sophie Frenette, spécialisée en adaptation scolaire et orthopédagogue. 

Cette classe n'accueille pas des jeunes qui ont des troubles de comportement graves. Plutôt ceux qui ont des difficultés d'apprentissage comme la dyslexie ou un trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). D'où la présence de deux vélos stationnaires dans un coin de la classe. «Ça peut sembler lourd comme mandat, mais la nuance, c'est que moi, j'ai le temps de prendre mon temps», souligne Mme Frenette.

Pour Jean Garneau, le directeur du Collège de Champigny, il était naturel pour cette école «déjà ouverte aux différentes réalités des jeunes» de faire un pas de plus. La classe d'un maximum de 25 élèves n'a pas été difficile à remplir. «C'est un pari que les parents ont pris avec nous autres, parce qu'on est hors piste.» L'école organise une soirée de lancement de la classe appelée 2/3 mercredi pour remercier les parents de lui avoir fait confiance et accueillir ceux, déjà nombreux, qui pensent à y envoyer leurs enfants l'an prochain. 

L'initiative, unique dans les écoles privées de la région de Québec, est inspirée du Collège privé Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, qui se veut non élitiste et qui a mis sur pied un programme similaire de trois ans avec succès.

Parents «épuisés»

Nancy Grenier, directrice des services pédagogiques au Collège de Champigny, explique que certains parents ont osé cogner à leur porte parce qu'ils étaient «tannés, épuisés de payer pour des services d'orthopédagogie à la pièce ou de voir leur enfant suivre plusieurs cours d'été.» Et certaines de ces familles ne pouvaient se résoudre à ce que leur enfant redouble à répétition ou fréquente une classe de cheminement particulier, où les attentes sont moindres et où une attestation préparatoire au travail est souvent délivrée en bout de piste, au lieu d'un véritable diplôme d'études secondaires (DES). 

Sophie Frenette a espoir qu'une bonne partie de ses jeunes puissent réussir à retourner au régulier en troisième secondaire. «On leur dit : "Viens, on va décoder ta façon d'apprendre, on va comprendre comment ça s'est connecté de façon originale dans ton cerveau et on va t'aider avec tout ça."» C'est en leur donnant une méthodologie de travail et des trucs adaptés à leur propre façon d'apprendre qu'ils vont parvenir à se débrouiller par eux-mêmes plus tard, croit Mme Frenette. 

En plus d'avoir plus de temps dévoué aux mathématiques et au français, ces jeunes ont aussi davantage de cours d'anglais, d'art et d'éducation physique. 

Le Collège de Champigny n'a pas eu à demander une permission spéciale au ministère de l'Éducation pour mettre sur pied cette classe, car le temps qui doit être accordé pour chaque matière est inscrit à titre indicatif dans le régime pédagogique. 

Dans son récent mémoire sur la réussite éducative, la Fédération des établissements d'enseignement privé (FEEP) demandait justement au gouvernement plus de flexibilité pour les écoles, afin de mieux répondre aux besoins spécifiques de tous les élèves. 

Elle souhaite que l'État favorise l'obtention du DES en six ans pour les élèves qui ont des difficultés et en quatre ans pour les élèves doués, qui ont de la facilité dans certaines matières.

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