Des experts dénoncent la «course aux diagnostics»

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Des experts condamnent dans un mémoire la «course aux diagnostics» qui mobilise les orthopédagogues, psychologues, psychoéducateurs, etc., en début d'année vers des tâches administratives au lieu que ceux-ci s'occupent directement des enfants.

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(Québec) Un groupe d'experts dénonce la «course aux diagnostics» qui s'enclenche dans les écoles chaque automne, afin de «coder» le plus rapidement possible les élèves handicapés, en difficulté d'apprentissage ou qui ont des problèmes de comportement. Question d'obtenir à temps l'argent du ministère de l'Éducation rattaché à ces élèves à temps.

Réunis au sein du Comité québécois pour les jeunes en difficulté de comportement (CQJDC), les experts condamnent dans un mémoire remis cette semaine au Ministère cette «course aux diagnostics», qui mobilise les professionnels (orthopédagogues, psychologues, psychoéducateurs, etc.) en début d'année vers des tâches administratives au lieu que ceux-ci s'occupent directement des enfants. 

«Cette façon de catégoriser les élèves doit être revue, et il faudrait aussi qu'on puisse poser des diagnostics tout au long de l'année, sans qu'il y ait une date limite, qui est habituellement vers la mi-novembre», soutient France Michon, présidente du CQJDC. 

Par exemple, un enfant doit être vu par un professionnel de la santé pour diagnostiquer un trouble grave du comportement ou un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité dans les premiers mois de l'année afin que sa commission scolaire puisse avoir accès en cours d'année à une subvention du ministère de l'Éducation qui est liée à son code, c'est-à-dire qui représente sa condition. La commission scolaire décide ensuite de la façon dont l'argent sera dépensé, et du nombre d'heures avec un professionnel dont cet enfant a besoin.  

Le code qui est accolé à l'enfant a aussi une incidence sur le nombre d'élèves que l'enseignant aura dans sa classe. Par exemple, une classe comportera moins d'élèves si plusieurs d'entre eux ont des problèmes d'apprentissage ou d'adaptation. 

Pour le CQJDC, tout ce processus, qui demande de remplir beaucoup de paperasse, est contre-productif. «Toute cette façon de faire, c'est très lourd. Il y a un investissement de temps important dans la période de l'automne lié aux diagnostics», soutient Mme Michon.

Plancher de ressources

Le CQJDC souhaite plutôt qu'un plancher de ressources soit reconnu dans toutes les écoles, un minimum qui pourrait être ajusté en fonction des particularités des milieux. «Ça assurerait une stabilité aux professionnels et un meilleur suivi en fonction des réels besoins des enfants, qui sont évolutifs. On ne gérerait plus juste en fonction des diagnostics», soutient Mme Michon. 

Ces dernières années, le nombre d'élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage a explosé dans les écoles, atteignant 21 % en 2013-2014. La Presse rapportait en février 2015, une tendance au surdiagnostic dans les écoles qui pourrait être causée par la formule de financement actuelle. 

En pleine consultation sur la réussite éducative, le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx n'était pas disponible vendredi pour commenter ce dossier. Son attachée de presse Marie Deschamps soutient toutefois qu'il est très préoccupé par la question et qu'il songe à «revoir l'approche de financement par catégorie», tel qu'annoncé dans le document de consultation en septembre dernier.

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