Agressions à l'Université Laval: plusieurs suspects ciblés

Les mesures de sécurité ont été renforcées au... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Les mesures de sécurité ont été renforcées au pavillon Alphonse-Marie-Parent.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La police de Québec a identifié un témoin clé et souhaite l'interroger concernant la vague d'agressions sexuelles survenues dans la nuit du 15 octobre à l'Université Laval.

Posté devant le pavillon Alphonse-Marie-Parent vendredi soir, Le Soleil a constaté la visite de deux enquêteurs de l'unité des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Selon nos informations, ces derniers étaient à la recherche d'un témoin important qui permettrait de faire la lumière sur les événements qui ont semé l'émoi sur le campus il y a une semaine. 

Le SPVQ n'a cependant confirmé aucun de ces renseignements par les voies officielles. 

Plus tôt dans la journée, les autorités ont indiqué que l'enquête progressait et que «des suspects» avaient été identifiés, sans préciser leur nombre. «Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a plusieurs suspects et que ces personnes ont eu des implications différentes [lors des présumées intrusions et agressions sexuelles]», a déclaré le porte-parole David Poitras. Ce dernier n'a pas voulu développer sur la notion d'implication. 

Mis à part de dire qu'il s'agit de personnes «de couleur» et d'origine étrangère, le SPVQ n'avait aucune description physique à fournir aux représentants des médias. «Ce sont des suspects qui ne sont pas de race blanche», a-t-on seulement dit. Pas moyen de connaître leur âge ou de savoir s'ils résident dans l'un des quatre bâtiments abritant des résidences à l'Université Laval. Seule certitude, la police n'avait aucune raison de croire que ces individus avaient quitté la région. 

Lundi, un peu plus de 48 heures après les présumés crimes commis dans la nuit du 15 octobre, le SPVQ affirmait avoir au moins un suspect à identifier, et possiblement trois. L'analyse des caméras de surveillance et les témoignages des victimes, dont le nombre est passé de 10 à 15 en cours de semaine, semblent donc permis d'écarter l'hypothèse de l'action en solo. Le bilan fait toujours état de quatre cas possibles d'agression sexuelle dont la gravité est variable.

Le SPVQ a installé un poste de commandement devant le pavillon Alphonse-Marie-Parent une partie de la semaine et a ainsi pu récolter les versions de divers témoins. 

Résidences verrouillées

Toutes les portes des résidences de l'Université Laval seront désormais verrouillées à clé 24 heures sur 24. La mesure touche tous les accès «principaux, secondaires et tunnels» menant aux pavillons Agathe-Lacerte, Ernest-Lemieux, H.-Biermans-L.-Moraud et Alphonse-Marie-Parent.

Ce dernier aurait été en fin de semaine dernière le théâtre d'une quinzaine d'entrées par effraction dans les chambres, dont plusieurs suivies d'agressions sexuelles. L'affaire a profondément troublé la vie sur le campus, et la police est toujours à la recherche d'un ou de plusieurs suspects.

«Toutes les résidentes et tous les résidents ont reçu l'information hier, en fin de journée», a indiqué la porte-parole de l'Université Laval Andrée-Anne Stewart, précisant que les nouvelles mesures entreront en vigueur à 17h vendredi.

Mme Stewart précise aussi qu'un agent de sécurité sera posté en permanence à la porte principale du pavillon Alphonse-Marie-Parent pour permettre aux gens qui n'y habitent pas et qui n'ont donc pas de clé d'avoir accès aux services situés dans cet immeuble.

«Nous sommes pleinement conscients des inconvénients à prévoir et des bouleversements à vos habitudes de vie. Toutefois, ces mesures s'imposent, par respect pour les victimes et dans le souci de garantir un environnement sécuritaire à tous», a ajouté la porte-parole de l'Université Laval. L'institution, ajoute-t-elle, souhaite «atteindre un équilibre entre sécurité et qualité de vie» et entreprendra bientôt une consultation à ce sujet.

Hommes «de couleur» dans la mire: l'UL réagit

L'Université Laval est forcée de réagir aux nouvelles informations fournies par la police de Québec selon lesquelles les suspects de la vague d'intrusions et d'agressions sexuelles au pavillon Alphonse-Marie-Parent étaient des hommes «de couleur». Le Service des résidences mettra en place une consultation pour maintenir «un milieu de vie respectueux» dans ses résidences. 

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a fourni de bien minces informations aux médias, du moins au goût de certains étudiants étrangers rencontrés par Le Soleil vendredi soir sur le campus.  

Abdoulay, originaire du Cameroun, est des nombreuses personnes faisant partie des minorités visibles à habiter dans les résidences du pavillon Alphonse-Marie-Parent. Selon lui, le SPVQ a été «maladroit» et n'aurait pas dû donner si peu de renseignements sur les suspects. «S'ils ont une description ou quelqu'un à identifier, OK. Mais si vous n'avez personne, ne dites rien», a-t-il commenté. 

L'étudiant camerounais n'était pas encore au courant des informations fournies par la police vendredi soir. Mis au parfum par Le Soleil, il s'en est d'abord amusé, mais a ensuite admis qu'il pourrait éventuellement surgir des tensions dans les résidences.

Un homme d'origine maghrébine, qui n'a pas voulu s'identifier compte tenu des circonstances, a abondé dans le même sens. «La police n'aurait pas dû faire ça», a-t-il dit. «Ça vient implanter une idée dans la tête des gens.» 

Atteindre un équilibre

En réaction à ce nouveau contexte pour le moins délicat, l'Université Laval prendra des moyens pour assurer le bon vivre-ensemble dans les résidences. «Afin de maintenir un milieu de vie respectueux, stimulant, agréable, sécuritaire, nous entreprendrons un dialogue avec nos résidentes et résidents, dans le but d'atteindre un équilibre entre sécurité et qualité de vie», a-t-on répondu au Soleil. «Les résidentes et résidents seront tenus informés de cette consultation et seront invités à y prendre part», a ajouté la porte-parole Andrée-Anne Stewart.

L'information comme quoi les suspects étaient «de couleur» a d'abord été dévoilée, à l'aide des mêmes mots, par le commandant aux enquêtes criminelles du SPVQ, Sylvain Gagné. Ce dernier s'est en quelque sorte échappé en entrevue radiophonique avec Jérôme Landry au Énergie 98,9. Le SPVQ n'a eu d'autre choix que de corroborer cette information par la suite.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer