Récits de profs extraordinaires

Avec son nouveau livre, Mylène Moisan a voulu... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Avec son nouveau livre, Mylène Moisan a voulu permettre à des professeurs de raconter ce qu'ils vivent et comment ils enseignent.

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(Québec) Après le récit familial Maman est une étoile, la chroniqueuse du Soleil Mylène Moisan revient avec son deuxième livre, Dans une classe à part, qui plonge cette fois dans l'univers de six enseignants hors de l'ordinaire.

Q Pourquoi as-tu décidé de raconter l'histoire de profs?

R Ça a commencé par la chronique «Le prof qui a triché» sur Alexandre Poulin, qui était professeur, qui est devenu chanteur. Il avait modifié une note d'un élève. Il estimait que l'élève méritait cette note-là, malgré le fait que c'était pas la note que son travail méritait. Ça avait créé un tollé. J'avais reçu des centaines de courriels de profs qui disaient : «Moi aussi, je le fais.» Il y avait d'autres gens qui disaient : «Ça a pas de bon sens, on ne peut pas modifier une note comme ça!» Ça a amené toute une réflexion sur le rôle du professeur, sur sa marge de manoeuvre. Comment le professeur peut se servir de son jugement? Dans les dizaines et dizaines de courriels que j'ai reçus, j'en ai sélectionné quelques-uns. J'ai fait une série de chroniques, mais visiblement, ce n'était pas assez. Alors j'ai décidé de faire un livre, pour avoir de plus longues histoires, pour permettre à des professeurs de raconter ce qu'ils vivent et comment ils enseignent. 

Q Qu'ont-ils en commun, les enseignants que tu as choisis?

R Ils sont vraiment dévoués. Ils adorent leur métier et ils se mettent à la place de l'enfant. Je pense que les professeurs qui réussissent bien sont ceux qui sont capables d'aller chercher l'enfant, de comprendre ce dont il a besoin et de le lui donner. C'est vraiment ça qui ressort. Il y a un prof de maths qui, les premières semaines de son année, il parle même pas de maths. Même pas un petit peu. Rien. Il jase avec les élèves. «Vous venez d'où, vous êtes combien chez vous, avez-vous bien dormi?» Et une fois qu'il connaît tous les élèves, toutes leurs histoires, là il ouvre les livres de maths. Il dit qu'une fois que ça, c'est fait, tu peux faire l'année en un mois. T'as un lien de confiance qui est établi. 

Q C'est ce qui ressort, peu importe l'âge des profs ou le système dans lequel ils sont?

R Oui! J'ai tenu à avoir le portrait d'une dame de 98 ans, Blanche, qui a enseigné dans les années 60, dans des classes difficiles, avec des gars. À l'époque où c'était des soeurs à cornette, dans un système d'éducation qui n'a rien à voir avec celui d'aujourd'hui. Je l'ai fait de façon délibérée, pour me rendre compte que finalement, c'est la même affaire! Elle, pour passer sa matière, pour aller chercher les enfants, faut qu'elle tende la main, qu'elle s'assure que l'enfant a compris avant de passer à une autre étape. Elle a tenu à me donner une composition d'un certain Gilles qui, en début d'année, cassait des vitres. Aucun prof n'en voulait, la police était tout le temps là pour venir le chercher. Elle lui a donné des responsabilités, a mis le reste de la classe de son côté et il a finalement passé son année haut la main.

Q Est-ce que les profs que tu as rencontrés se sentent valorisés dans leur rôle?

R Ça dépend de la direction d'école. Ça, c'est majeur. Quand la direction est ouverte, a le goût d'embarquer dans des projets, est disposée à permettre aux professeurs d'expérimenter des choses, d'enseigner selon leurs intérêts, c'est le jour et la nuit. Les professeurs que j'ai rencontrés sont dans des environnements où l'initiative personnelle est favorisée, même encouragée. Ça fait toute la différence. Évidemment, ces professeurs-là, dans des milieux où l'expérimentation n'est pas favorisée, non seulement ils sont malheureux comme des pierres, mais ils sont isolés par rapport aux autres parce qu'ils en font plus.

Q Alors que le ministre Proulx vient de lancer une consultation pour moderniser l'éducation, qu'est-ce qui devrait changer?

R Faut revenir à la base. Il faut valoriser le rôle de l'enseignant et lui permettre d'utiliser ses connaissances et son instinct. C'est beau les programmes, tout ça, mais c'est le professeur qui est là, en contact avec l'élève et il faut lui donner les moyens et le temps de favoriser le lien de confiance. Toutes les technologies, et même la transmission des connaissances, ça vient après. Il faut que l'école soit un lieu agréable, que ça soit le fun.

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