La rentrée scolaire... quand on a le cancer

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(Québec) Même s'ils sont atteints du cancer, des centaines d'enfants de la région ont fait leur rentrée à l'école ces dernières semaines et Leucan facilite leur intégration, en répondant à toutes les questions de la classe.

«Pourquoi il ne fait pas d'éducation physique?» «Pourquoi son visage est bouffi?» «Pourquoi il perd ses cheveux?» «Est-ce que je peux attraper sa maladie?» Au primaire, les interrogations sont nombreuses et spontanées. Lorsqu'un enfant malade réintègre son école, Leucan est sur place pour faciliter la transition et informer les enseignants, la direction et les copains. 

«Il est pas gêné, alors il a voulu expliquer lui-même sa maladie devant la classe, avec les gens de Leucan», raconte Yann Richard, père de François Richard, qui est atteint de leucémie et vient d'entrer à la maternelle. 

Kelly-Anne Gingras, huit ans, explique quant à elle que plus ses amis grandissent, plus ils acceptent qu'elle est maintenant devenue presque aveugle, en raison d'une tumeur aux deux nerfs optiques. «Ça a amené beaucoup de compassion de certaines petites amies envers Kelly-Anne. Ceux qui comprenaient pas sa condition se sont mis à un peu mieux comprendre», commente son père, Guy Gingras. 

«Le premier souci des parents, c'est de bien s'occuper de leur enfant. Tout ce qui touche l'école, ils ont moins de temps à investir naturellement. Mais c'est quand même important, parce que c'est le deuxième milieu de vie naturel de l'enfant», explique Nathalie Matte, directrice multirégionale à Leucan. 

L'organisme explique aux collègues de classe du jeune et à ceux de ses frères et soeurs qu'il devra s'absenter souvent pour aller suivre ses traitements à l'hôpital. Le cas spécifique de l'enfant est aussi mieux expliqué aux enseignants et à la direction. «Tout le monde est mieux équipé ensuite pour faire face et mieux accompagner le jeune dans son retour en classe.»

Services à domicile

Parfois, lorsque le système immunitaire de l'enfant est trop affaibli, il ne peut fréquenter l'école en raison des nombreux microbes qui y circulent. C'est le cas de Mégane Sénéchal, qui fait sa 1re année à la maison, en raison de deux heures par jour. «Elle était déçue de ne pas y aller en septembre, mais on espère qu'elle va être correcte pour y retourner un peu avant Noël», commente sa mère, Marie-Pier Savard. 

Dans la plupart des commissions scolaires, des services d'enseignant à domicile sont offerts aux enfants malades. Mais comme ils ont peu de temps, ils se concentrent normalement sur le français et les mathématiques. 

Et lors des longues journées de traitement au Centre mère-enfant du CHU de Québec, Leucan a aménagé une salle de jeux, qui comprend aussi des tables de travail et des ordinateurs, pour que les jeunes puissent aussi s'avancer dans leurs devoirs et leçons. 

Ces enfants malades sont pour la plupart capables de suivre le rythme des apprentissages, afin d'essayer - autant que possible - de ne pas prendre de retard dans leur parcours scolaire. Au cours des 20 dernières années, le taux de survie des enfants atteints de cancer est passé de 15 % à 82 %, indique Leucan. 

Pour payer ses services de sensibilisation scolaire, Leucan vendra cette année Camie la peluche, en collaboration avec la compagnie Gladius. L'organisme mettra aussi entre les mains des écoliers ses traditionnelles tirelires pour leur tournée d'Halloween, une façon de récolter entre 500 000 $ et 750 000 $ au Québec chaque année.

Un prof à l'hôpital

Lorsque les enfants sont hospitalisés pour de longues périodes au Centre mère-enfant du CHU de Québec, un enseignant visite chacune de leurs chambres afin de s'assurer qu'ils peuvent poursuivre leurs apprentissages. «Le prof doit être polyvalent, car il touche toutes les matières, de la 1re année à la 5e secondaire», explique Pascale St-Pierre, porte--parole du CHU. L'enseignant est en quelque sorte prêté par la commission scolaire des Découvreurs, et fait le lien entre l'élève et sa classe. «On prête des tablettes ou des portables connectés sur Internet, ce qui permet au jeune d'être quand même en contact avec son enseignant et avec le matériel à apprendre», ajoute-t-elle. Mme St-Pierre explique que la plupart des enfants très malades sont très heureux de voir le prof de l'hôpital, parce qu'apprendre leur permet d'oublier un peu la maladie, et aussi parce qu'il devient souvent un confident pour eux.

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