Un échec attend les doctorants en psycho qui boycottent leurs stages

Au total, plus de 250 internes et 450... (123rf/Wavebreak Media Ltd)

Agrandir

Au total, plus de 250 internes et 450 stagiaires en psychologie issus de six universités soutiennent le boycottage des stages.

123rf/Wavebreak Media Ltd

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les doctorants en psychologie qui boycottent leurs stages s'exposent à des conséquences qu'ils doivent être prêts à assumer, avertit la direction de l'École de psychologie de l'Université Laval.

En entrevue au Soleil, le directeur de l'École, Jean Vézina, précise d'emblée appuyer les revendications des doctorants en psychologie, qui ont commencé la semaine dernière à boycotter les internats, pour lesquels ils veulent être rémunérés.

«Les internats peuvent être faits n'importe où, donc pour l'Université, ça n'a pas beaucoup d'impacts, ça crée quelques tracasseries administratives, sans plus. Le problème, ce sont les doctorants qui font des stages et qui ont décidé de boycotter leurs stages en guise de solidarité. Ça crée tout un casse-tête parce que les étudiants veulent des aménagements, alors que c'est le règlement sur les études de l'Université qui s'applique. Et si le cheminement des programmes prévoit des stages, ceux-ci ne peuvent pas être remplacés par d'autres cours», rappelle M. Vézina.

Si les doctorants décident de boycotter leurs stages, alors ils deviennent des étudiants à temps partiel. «L'étudiant à temps partiel n'a pas droit aux prêts et bourses ni aux contrats d'auxiliaires de recherche», souligne le directeur de l'École de psychologie.

Les doctorants ont donc trouvé cette «astuce» : ils s'inscrivent aux stages, mais n'ont pas de milieu de stage ni de superviseur, rapporte Jean Vézina. «Ils s'exposent à un échec s'ils n'ont pas de milieu de stage. Et s'ils abandonnent, ils vont devoir reprendre leur stage l'an prochain. Dans un cas comme dans l'autre, ils retardent d'un an leurs études», expose Jean Vézina, ajoutant que l'École de psychologie se retrouvera l'an prochain avec deux cohortes de stagiaires et qu'elle «ne pourra pas placer tout le monde». «C'est la nouvelle cohorte qui aura priorité», prévient-il.

Mauvais calcul

M. Vézina estime que les doctorants font un mauvais calcul s'ils croient qu'un règlement favorable aux doctorants en psychologie sera adopté rapidement. «Ils ont l'air de penser que le gouvernement adoptera ce règlement dès qu'il recevra le rapport» de l'ex-président de l'Ordre des psychologues du Québec, Luc Granger, qui a été mandaté pour trouver d'ici la mi-octobre des solutions dans le dossier de la rémunération des doctorants en psychologie, explique Jean Vézina. «C'est utopique de penser qu'un règlement va être adopté aussi vite. Le gouvernement va vouloir prendre le temps de regarder le rapport [...]. Plus le temps passe, plus la session est à risque», avertit-il.

Selon la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie du Québec (FIDEP), les finissants québécois sont les seuls en Amérique du Nord à ne pas être rémunérés pour leur internat de 1600 heures, soit l'équivalent d'un an de travail à temps plein. 

Lors du lancement du boycottage, la semaine dernière, le président par intérim de la FIDEP, Eddy Larouche, rappelait que les doctorants en psychologie rencontrent annuellement quelque 12 000 patients, majoritairement dans le réseau public. «L'exploitation des internes en psychologie a contribué depuis des années à éponger les coupures récurrentes en santé mentale et il est temps que ça change», disait M. Larouche. 

Au total, ce sont près de 250 internes et 450 stagiaires issus de six universités qui soutiennent le boycottage. Le mois dernier, la FIDEP a soumis au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, une proposition de salaire pour cette année et une autre à long terme. 

Il n'a pas été possible de connaître les détails de ces propositions, mais selon M. Larouche, la FIDEP réclame un salaire «qui rend compte de notre apport aux services publics et qui se compare à celui de nos collègues canadiens et de nos collègues résidents médecins».

Au Canada, les doctorants en psychologie sont en moyenne rémunérés 31 000 $ pour leur internat, alors que les résidents québécois en médecine sont rémunérés à partir de 45 000 $ par année.

Au cabinet du ministre Barrette, on dit attendre d'avoir en main le rapport de Luc Granger avant de se prononcer sur les propositions de la FIDEP.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer