Ordre des enseignants: «Le débat est clos», tranche la CSQ

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La présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot

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(Québec) Créer un ordre des enseignants. Cette idée ressortie par le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx ce printemps pour améliorer la réussite scolaire ne fait pas du tout l'affaire de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui espère qu'elle ne durera pas cet automne.

Pour le ministre, faire en sorte que les enseignants soient encadrés par un ordre professionnel permettrait de redonner ses lettres de noblesse à la profession. «C'est un mythe qu'un ordre vient valoriser la profession d'enseignant. Pour nous, ce n'est qu'une contrainte de plus, une structure de plus», lance Louise Chabot, présidente de la CSQ, en entrevue avec Le Soleil après sa conférence de presse de la rentrée dimanche.

«On a entendu la proposition de certains experts, mais pour nous, le débat est clos. Dans le système d'éducation au Québec, on a déjà tous les outils pour assurer la protection de l'élève», soutient Mme Chabot.  Par exemple, un protecteur de l'élève, qui reçoit les plaintes des parents, existe déjà dans chaque commission scolaire. 

Bien qu'elle salue l'initiative du ministre Proulx, qui veut mettre la persévérance scolaire et la réussite au coeur des enjeux, elle espère qu'il ne s'obstinera pas à vouloir faire passer ses idées, au détriment de la consultation du milieu qu'il a promis de faire cet automne. «L'ordre des enseignants, on espère qu'il va enterrer ça le plus rapidement possible», indique Mme Chabot. 

Le dernier avis de l'Office des professions du Québec à ce sujet date de 2002. À l'époque, l'Office avait rejeté la création d'un tel ordre parce qu'il ne considérait pas «nécessaire» et qui était d'ailleurs «rejeté par une majorité d'enseignants». En Ontario, les enseignants font toutefois partie d'un ordre professionnel depuis 1996. 

La CSQ ne voit pas non plus d'un bon oeil la création d'un Institut national d'excellence en éducation, qui chapeauterait la recherche scientifique et la vulgariserait. Une autre idée qui obtient la faveur du ministre Proulx. «Ça va nous mener dans un autre débat de structure, surtout qu'on a déjà des centres de recherche au Québec», déplore-t-elle. 

Vrais enjeux

Louise Chabot espère que cette fois, le gouvernement s'attaquera aux «vrais enjeux» que sont par exemple le nombre de plus en plus élevé d'élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage dans les classes. En 10 ans, leur proportion est passée de 12 % à 21%. Et plusieurs de ces enfants se retrouvent sur des listes d'attente parce qu'ils n'ont pas accès à un spécialiste, comme un orthopédagogue, pour les aider. «On a beaucoup parlé de listes d'attente en santé, mais je ne pensais jamais devoir parler de listes d'attente pour les enfants en difficulté d'apprentissage. Ça, c'est la dure réalité», soumet Mme Chabot. 

Que le gouvernement veuille faire de l'éducation une priorité nationale est une «opportunité» pour les travailleurs du réseau. «Mais en même temps, on n'est pas dupes. On espère qu'il va maintenir le cap, pas juste mettre des plasters sur les bobos pour se donner bonne presse.»

Mme Chabot considère que ces dernières années, «le système a été assez malmené» par des compressions à répétition et qu'il est grand temps de redresser la barre. Mais pour ce faire, le gouvernement provincial devra se résoudre à écouter les acteurs du milieu de l'éducation.

«Il a une approche top-down. Il décide de quoi l'école a besoin en fonction de sa vision des choses. Il faudrait [plutôt] qu'il prenne un temps d'arrêt pour regarder la situation en misant sur l'expertise du personnel [du réseau]», a-t-elle expliqué.

En optant pour cette approche plus collaborative, le gouvernement du Québec pourrait, s'il faut en croire Mme Chabot, «se doter d'une vision globale et non pas à courte vue des problèmes» du système.

La présidente de la CSQ a souligné que, pour en arriver à un tel résultat, le ministre Sébastien Proulx devra sortir des ornières creusées par ses prédécesseurs.

«Il semble être à l'écoute, désireux de corriger les choses, [mais] il faut qu'il évite de se précipiter dans toutes sortes de mesures qui ne mèneront nulle part. Il devra prendre le temps de vraiment consulter [le personnel de l'éducation]», a-t-elle conclu.  Avec La Presse canadienne

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