Nouveau cours d'histoire: «réparer l'erreur» de 2006

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L'historien Denis Vaugeois considère que le nouveau cours n'est pas «biaisé» et qu'il ne contient pas de «propagande».

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(Québec) Bien qu'il prête flanc à la critique, le nouveau cours d'histoire de troisième et quatrième secondaire a la faveur de la majorité des enseignants et historiens du Québec, qui le trouvent mieux construit et plus simple à assimiler pour les élèves.

«Il fallait réparer l'erreur de 2006. L'ancien programme avait des problèmes pédagogiques épouvantables et il fallait revenir à un enseignement de faits, de contenu», soutient Gilles Laporte, porte-parole de la Coalition pour l'histoire et ex-président du Mouvement national des Québécoises et Québécois. 

Celui qui enseigne l'histoire au Cégep du Vieux-Montréal a vu fondre les inscriptions à son cours ces dernières années. «Les élèves arrivaient dégoûtés de l'histoire du Québec et du Canada. Franchement, on a une pente à remonter», lance-t-il. 

Écrit dans la mouvance de la réforme scolaire, l'ancien cours d'histoire misait sur de «grandes compétences transversales» et sur l'éducation à la citoyenneté. «C'était une horreur. Jamais les profs n'y ont compris quoi que ce soit», soutient M. Laporte. Selon lui, le nouveau cours est accepté par une grande majorité de profs, car il rétablit un enseignement basé sur les connaissances et non sur les compétences. «Le nouveau programme peut être critiqué, mais c'est parce qu'enfin, il est plus accessible. On est capables de lire les sujets qui seront traités!» explique M. Laporte. Oui, la «trame nationale» de la société québécoise guide le récit historique, mais M. Laporte croit qu'il doit en être ainsi. «On ne peut pas parler de tout le monde dans sa spécificité individuelle, il faut parler d'une communauté.»

Ce n'est pas ce que croit la Quebec Community Groups Network, qui aurait aimé que l'histoire soit racontée de façon plus «neutre» et «inclusive», notamment à l'égard des autochtones, des anglophones et des immigrants. 

«De ce que j'en sais, ce n'est pas un cours de propagande, ou biaisé», rétorque l'historien Denis Vaugeois. Bien qu'il est difficile d'être 100 % objectif quand on enseigne l'histoire, «tous les profs et les historiens sérieux tendent vers ça», ajoute M. Vaugeois. 

L'historien apprécie également que le volet éducation à la citoyenneté soit abandonné. «Un bon cours d'histoire, ça te prépare à critiquer, à juger. Je détestais le volet d'éducation à la citoyenneté, parce que ça montrait comment être un bon citoyen, comment respecter les règles.»

Lise Proulx, présidente de l'Association québécoise pour l'enseignement en univers social, n'était pas très encline à voir le programme d'histoire être modifié il y a deux ans. Aujourd'hui, elle est soulagée en constatant que son contenu est apprécié et suscite l'adhésion de la majorité des enseignants. «Je pense que c'est un bon coup. Le programme a l'avantage de simplifier certaines choses», lance-t-elle. 

Pas d'argent

Elle déplore toutefois qu'aucune mesure financière spéciale ne soit venue appuyer le déploiement de ce nouveau cours dans les classes.

Une doléance que partage aussi Sylvie Théberge, vice-présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE). «L'implantation va reposer sur les épaules des enseignants, qui doivent faire de la recherche d'images et travailler beaucoup en amont, à même leurs journées pédagogiques de début d'année», explique-t-elle. 

La deuxième portion du cours, sur l'histoire de 1840 à nos jours, doit faire l'objet d'un projet pilote en quatrième secondaire cette année. Après avoir consulté ses membres, la FSE a signifié au ministère de l'Éducation qu'elle trouve son contenu trop lourd. «On trouve qu'il y a trop de choses à voir. Les enseignants n'auront pas le temps d'aller en profondeur, ils vont devoir rester en surface. Peut-être qu'il faudra faire des choix», évoque Mme Théberge.

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