Adaptation scolaire: le cas d'Éloi loin d'être unique

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Selon Brigitte Dubé, cofondatrice de la Coalition de parents d'enfants à besoins particuliers, le nombre d'enfants «laissés pour compte» dans les écoles explose.

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(Québec) «Bon, un autre», a soupiré Brigitte Dubé, cofondatrice de la Coalition de parents d'enfants à besoins particuliers, lorsqu'elle a lu dans Le Soleil l'histoire d'Éloi (nom fictif). Selon elle, le nombre d'enfants «laissés pour compte» dans les écoles explose.

Les parents d'Éloi - qui présente plusieurs troubles, dont la dysphasie et l'hyperactivité - poursuivent la commission scolaire des Navigateurs pour 245 000 $. Ils l'accusent d'avoir «sciemment ralenti le développement» de leur enfant, en ne lui fournissant pas les outils et le soutien nécessaires à sa réussite. 

«La commission scolaire des Navigateurs, elle a sa réputation. Je vous dirais qu'il est problématique de traiter avec elle lorsqu'on a un enfant aux besoins particuliers. Il faut vouloir se battre», soutient Mme Dubé, mère d'un enfant autiste et d'un autre hyperactif. 

Brigitte Dubé a elle-même déposé une plainte auprès de la commission scolaire, dont elle ne veut pas pour l'instant divulguer les détails. Si la situation ne se règle pas, «ça pourrait finir au judiciaire», lance-t-elle, résignée. 

Selon elle, ce ne sont pas les politiques des Navigateurs qui posent problème, mais plutôt la façon dont les élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) sont encadrés au quotidien. «Ce qui est écrit noir sur blanc, si c'était appliqué, il n'y en aurait pas, de problème.»

Parce qu'il est compliqué et coûteux d'offrir des services personnalisés à ces élèves, la commission scolaire aurait tendance à baisser les bras. «Dès qu'ils ne rentrent pas dans une case ou dans une norme, ils ne savent pas trop où les mettre», croit Mme Dubé. 

Un effet des coupes

Pour le député péquiste Alexandre Cloutier, le cas d'Éloi est un exemple «absolument terrible» des conséquences des centaines de millions de dollars qui ont été coupés par les libéraux en éducation ces dernières années. «Les politiques d'austérité ont fait en sorte que ce sont les plus vulnérables de notre système qui écopent», réagit-il. 

Selon lui, cet enfant aurait dû obtenir un suivi plus personnalisé, alors que des centaines d'emplois d'orthophonistes, de psychoéducateurs et de psychologues ont été perdus dans le réseau public depuis deux ans. 

«Pour moi, c'est inévitable qu'il y ait de plus en plus de cas qui se retrouvent devant les tribunaux. Les parents sont au bout de leurs recours. L'accès aux études et la gratuité scolaire sont des droits», soutient M. Cloutier. 

Celui qui aspire à devenir chef du Parti québécois promet un réinvestissement de 500 millions $ par année dans le système d'éducation. Il souhaite également revoir la politique sur l'intégration des élèves en difficulté, ce qui n'a pas été fait depuis 15 ans. «Ça n'a jamais été normé, c'est laissé à la discrétion des différentes commissions scolaires, ce qui fait que les services aux enfants à besoins particuliers varient énormément d'une commission scolaire à l'autre. Il faut qu'il y ait un minimum de règles.»

En 2014, au Québec, le taux de diplomation des EHDAA était de 45 % après sept ans passés au secondaire.

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