Journée de graduation à l'école destinée aux Innus

L'enseignant Steeve Forest et Jean-Sébastien Vollant, l'un des... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque)

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L'enseignant Steeve Forest et Jean-Sébastien Vollant, l'un des finissants, les premiers à graduer du nouveau Centre régional d'éducation aux adultes d'Uashat mak Mani-Utenam.

Collaboration spéciale Fanny Lévesque

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<p>Fanny Lévesque</p>

(Uashat) Jean-Sébastien Vollant peinait à achever ses études secondaires, même s'il ne lui en restait que bien peu à faire. C'est quand il a appris la création d'un centre de formation pour adulte au sein même de sa communauté innue qu'il a fait le choix, comme des dizaines d'autres, de retourner sur les bancs d'école.

En quelques mois à peine, l'Innu de 24 ans a terminé avec succès son français de cinquième secondaire, ce qu'il tardait à faire depuis des années. «J'avais complètement décroché, n'hésite-t-il pas à dire, rencontré par Le Soleil le soir de sa graduation. J'ai eu des jobs par-ci, par-là, des tentatives de retour à l'école, mais je n'avais pas la motivation.»

Mais, quand il est entré au Centre régional d'éducation aux adultes d'Uashat mak Mani-Utenam, une première école destinée à la clientèle innue de 18 ans et plus sur la Côte-Nord, le goût d'apprendre est vite réapparu. «Quand on est avec les siens, on est mieux. Ici, il y a le sentiment de communauté qui est très important pour nous», illustre-t-il.

Un bien-être qu'il avait de la difficulté à ressentir dans le système ordinaire. «J'étais mal à l'aise. Au centre, on est comme une famille, on est ouvert ensemble et on n'est pas gêné de dire ce qu'on a à dire», poursuit le jeune finissant. Un objectif d'ailleurs recherché par la direction de l'établissement, qui tend à se coller aux réalités autochtones.

«Le but, c'est de leur offrir un service qui leur convient et de leur faire comprendre que la réussite est possible», soutient l'enseignant Steeve Forest, qui se pince encore en affirmant que 75 élèves, âgés de 18 à 68 ans, fréquentent le centre ouvert depuis janvier. «On pensait en avoir une trentaine», confie-t-il.

Pour l'heure, les classes sont temporairement aménagées dans le sous-sol d'une église d'Uashat et dans une roulotte à Mani-Utenam, le temps que «le vrai» centre soit construit et accessible en 2017, un projet de 6,7 millions $. Malgré tout, l'école pour adulte dispose déjà d'une liste d'attente pour l'admission.

«C'était un besoin criant pour la communauté», assure M. Forest. Au centre, les élèves ont notamment accès à du personnel qui parle la langue innue. Des sorties traditionnelles et des activités de partage sont organisées. Il n'est pas exclu non plus que cet automne, les étudiants soient en congé une semaine pour la saison de la chasse.

Réussite «énorme»

En six mois, 10 élèves ont réussi à décrocher leur diplôme d'études secondaires (DES), une réussite qui est «énorme», selon l'enseignant. Des jeunes qui prennent tous le chemin du cégep. «Mon père rêvait qu'un de ses fils ait au moins son DES, c'est fait. Aujourd'hui, c'est un tremplin pour aller plus loin», lance Jean-Sébastien Vollant.

Le jeune homme quitte sa communauté pour poursuivre ses études au Collège Kiuna à Odanak, non loin de Trois-Rivières. «Mon plus grand rêve, c'est de devenir chef de l'Assemblée des Premières Nations», dit-il franchement, sachant déjà qu'il mènera aussi des études universitaires en sciences politiques. «Là, je sais ce que je vais faire dans la vie.»

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