Irrégularité financière au Cégep de Matane: goût amer chez les enseignants

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Selon le président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Matane, Judes Côté, les sommes reçues par l'ancien directeur général laissent un goût amer chez les employés, surtout que certains d'entre eux avaient sacrifié deux jours de salaire.

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Johanne Fournier

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Le Soleil

(Matane) Ça jase beaucoup dans les corridors du Cégep de Matane autour du fait que l'ancien directeur général de l'établissement soit parti avec près de 200 000 $ lorsqu'il a quitté ses fonctions. De cette somme, 70 000 $ seraient considérés comme des dépenses irrégulières. En calculant son salaire annuel, Emery Béland aurait empoché 325 000 $ en 2014.

La pilule est encore plus difficile à avaler quand certains employés pensent aux deux jours de salaire qu'ils ont sacrifiés pour atténuer les effets des compressions budgétaires. Lancée à la mi-novembre 2014 par Rémi Massé, qui a succédé à M. Béland comme directeur général de l'établissement et qui, par la suite, est devenu député d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia lors des dernières élections fédérales, l'initiative visait surtout à préserver les services aux élèves.

Interrogé à savoir s'il ressentait un malaise à avoir reçu une somme aussi généreuse alors que les employés avaient fait ce don, Emery Béland n'a pas répondu. Il s'est contenté de dire qu'il avait déjà quitté ses fonctions lorsque cette opération de solidarité s'est tenue. «J'ai pas tout à fait compris qu'on exige ça parce que moi, quand je suis parti, le solde de fonds était assez solide, a-t-il aussi admis. On pouvait passer par-dessus quelques problèmes, puis arriver quand même.»

Maintenant qu'ils sont au courant des sommes d'argent qu'a reçues l'ancien dirigeant, les employés ressentent-ils une certaine frustration? «Aujourd'hui, oui, répond le président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep, Judes Côté. On a un petit goût amer. Mais je peux pas faire d'association parce que l'ancien dg était parti. Mais, oui, ça fait mal! Si vous me demandiez si on le referait aujourd'hui, je vous répondrais non.»

Judes Côté nuance toutefois sa position par rapport au montant d'argent versé à l'ancien directeur général. «On a de la misère à se prononcer dans le dossier parce qu'on n'a aucun membre du syndicat qui est membre du C. A. du Cégep, indique-t-il. Vous allez me dire qu'on a des enseignants sur le C. A., c'est vrai. Mais quand il y a un huis clos, ils sont invités à sortir.» Or, la plupart des décisions concernant l'ancien directeur général ont été prises à huis clos.

Certains membres du conseil d'administration allèguent que le successeur d'Emery Béland était informé des présumées irrégularités financières et qu'il aurait fermé les yeux devant la situation. «J'avais quitté lorsque le rapport du vérificateur a été déposé, souligne Rémi Massé. Bien sûr, j'étais au courant de différentes discussions. Mais je trouve un peu exagéré et facile de dire que j'ai fermé les yeux. J'ai pas négocié le contrat, mais j'étais bien à l'aise avec le fait qu'il existe.» 

Assurer la transition

Le contrat dont il est question consistait, pour M. Béland, à assurer la transition entre lui et son successeur. «C'est comme ça qu'on s'est connus, précise celui qui est maintenant député. C'est un peu beaucoup la raison qui a fait en sorte qu'on a poursuivi notre relation au-delà du Cégep et qu'il est maintenant mon bras droit en politique.» Emery Béland est aujourd'hui l'adjoint de circonscription du parlementaire.

Lorsqu'il a quitté le Cégep de Matane, en juin 2014, M. Béland a reçu une indemnité de départ de 125 000 $, en plus d'une somme de 50 000 $ pour le remboursement de jours de vacances et de 20 000 $ visant à accompagner son successeur dans ses tâches. Ce dernier contrat a été octroyé à la firme de Marcel Cormier, qui a engagé M. Béland. Marcel Cormier est le président du conseil d'administration de la Société d'aide et de développement de la collectivité de la région de Matane. La directrice générale de cet organisme est Annie Fournier, qui assumait la vice-présidence du conseil d'administration du Cégep de Matane lors de l'octroi du contrat. Mme Fournier a affirmé ne pas être au courant de cette situation.

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