Irrégularité autour de sommes versées à l'ancien dg du Cégep de Matane

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Le Cégep de Matane

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Johanne Fournier

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Le Soleil

(Matane) En plus d'une indemnité de départ équivalant à son salaire annuel, soit environ 125 000 $, le Cégep de Matane a versé à son ancien directeur général, Emery Béland, deux montants totalisant environ 70 000 $ lorsqu'il a quitté ses fonctions en juin 2014. Les vérificateurs de l'établissement auraient conclu à de l'irrégularité. Le conseil d'administration a bien tenté de récupérer les 70 000 $, mais en vain, a pu apprendre Le Soleil.

Le premier montant de 50 000 $ qui a été remis à l'ancien cadre consiste en un remboursement de 110 jours de vacances. L'autre montant d'environ 20 000 $ a été accordé à Cormier Groupe Conseil de Matane. Le président de cette firme, Marcel Cormier, a fait transiter ce montant vers Emery Béland, avec qui il ne cache pas ses liens d'amitié, afin d'accompagner le nouveau directeur général du Cégep dans ses tâches. Ce successeur, c'est Rémi Massé. Il a été à la barre de l'établissement pendant un peu plus d'un an avant de s'engager dans la dernière campagne électorale fédérale. Emery Béland était d'ailleurs son directeur de campagne et Marcel Cormier, un bénévole. Au lendemain de l'élection de M. Massé dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Emery Béland est devenu son adjoint de circonscription.

Devant les présumées anomalies soulevées par les experts de la firme comptable Raymond Chabot Grant Thornton, le conseil d'administration a demandé un avis juridique auprès d'un cabinet d'avocats de Rimouski. C'est ce que nous a confirmé l'actuelle vice-présidente, Sylvie Pelletier. Il était suggéré qu'une mise en demeure soit envoyée à l'ancien directeur général pour le remboursement des 50 000 $. Concernant les 20 000 $ octroyés à Marcel Cormier, les avocats auraient recommandé de laisser tomber les démarches de remboursement puisque la somme des efforts et des frais à consacrer à sa récupération risquait d'être trop élevée par rapport au montant en cause. «C'est aussi parce que le contrat avait été dûment signé par le président», ajoute Mme Pelletier.

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En plus d'une indemnité de départ équivalant à son salaire annuel, soit environ 125 000$, l'ancien directeur général du Cégep de Matane, Emery Béland, a empoché environ 70 000$ lorsqu'il a quitté ses fonctions en juin 2014. 

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Selon les documents obtenus par Le Soleil en vertu de la Loi d'accès à l'information, les discussions du conseil d'administration entourant cette situation se sont déroulées à huis clos. Or, selon Mme Pelletier, les administrateurs ont opté pour un règlement à l'amiable afin d'obtenir un remboursement. L'ancien dirigeant confirme avoir pris part à une rencontre. Selon lui, il n'a pas été question de remboursement. «Il y a eu un problème de communication, justifie-t-il. Quand tu quittes ton emploi, tu as le droit à des journées de vacances accumulées. Il y a eu des questionnements là-dessus et j'ai dû aller expliquer au collège. J'avais le droit de prendre sept semaines de vacances. Mais, c'est impossible à prendre. Y a-t-il quelque chose de pas correct là-dedans? J'ai rien à cacher. Mais, je comprends que deux ans après, le C. A. regarde ça et se demande ce que c'est.» 

Pour M. Béland, si les vérificateurs financiers ont considéré ces sommes comme une irrégularité, «c'est parce qu'il aurait dû y avoir une résolution du conseil d'administration». Le nombre de jours cumulés de vacances s'explique, à son avis, par des intérims liés à l'absence de certains employés-cadres qu'il a assumés simultanément à son mandat de directeur général. «Par ces intérims, j'ai peut-être fait sauver 400 000 $ au collège», estime-t-il. 

Quant au contrat d'environ 20 000 $ accordé à Cormier Groupe Conseil, il consistait à faire la transition entre l'ancien directeur général et son successeur. «J'ai offert mes services et j'ai engagé Emery pour faire la job», explique Marcel Cormier. 

Il y a quelques semaines, le président du conseil d'administration, qui était en poste au moment des faits, a quitté ses fonctions. «J'avais l'intention de le faire depuis déjà fort longtemps», a indiqué Guy Desjardins par écrit, en spécifiant qu'il n'avait rien d'autre à nous dire. La vice-présidente de l'organisme a elle aussi tiré sa révérence. Annie Fournier a refusé de répondre à nos questions, sauf pour préciser que son mandat d'administratrice était rendu à terme et qu'il n'était pas renouvelable. 

La nouvelle présidente a préféré ne pas commenter. Elle allègue ne pas être au courant de cette histoire, même si elle siège depuis quelques années au sein du conseil. «La procédure avec laquelle on marche au sein du C. A., c'est pas la façon que moi, je connais, s'est contentée de dire Thérèse Sagna. C'est le président qui autorise toutes les dépenses du dg. Pour moi, un conseil d'administration, ça implique tout le monde!»

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