Commissions scolaires: des parents furieux par la mise au rancart de la réforme

Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx met plutôt le... (Archives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx met plutôt le cap vers un nouveau plan de réussite scolaire, qu'il espère mettre en marche au cours des deux prochaines années.

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(Québec) Les parents sont furieux que le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, mette le projet de réforme des commissions scolaires au rancart. Par ailleurs, ils s'interrogent sur certaines des nouvelles cibles du gouvernement Couillard.

Selon la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), il est «urgent» de mettre fin au statu quo et le gouvernement doit s'assurer que la loi actuelle soit respectée et appliquée dès la prochaine rentrée scolaire.

«La Fédération estime essentiel de trouver des modalités afin que la Loi sur l'instruction publique, et toutes modifications qu'on pourrait y apporter, soit appliquée

partout de la même manière. [...] Si la loi, les bonnes pratiques et les résultats de la recherche avaient été bien appliqués au cours des 20 dernières années, nous n'en serions pas là», se désole la présidente de la FCPQ, Corinne Payne.

«Pour la réussite des élèves, le statu quo n'est tout simplement plus possible. Il faut un réel changement de culture des acteurs du milieu de l'éducation, du ministre à l'élève! C'est le défi que je lance au ministre Sébastien Proulx», poursuit la présidente dans un communiqué.

Cette sortie de la Fédération survient après que le ministre de l'Éducation ait confié à La Presse que le gouvernement de Philippe Couillard jetait à la poubelle le projet de loi 86 sur la gouvernance scolaire déposé par son prédécesseur, François Blais. M. Proulx met plutôt le cap vers un nouveau plan de réussite scolaire, qu'il espère mettre en marche au cours des deux prochaines années.

Pour ce faire, celui qui occupe la chaise de ministre de l'Éducation que depuis trois mois prévoit déposer un nouveau projet de loi d'ici la fin de la session parlementaire, le 10 juin. Le ministre a indiqué qu'il conserverait certains éléments porteurs du projet de loi déposé en décembre dernier comme la décentralisation des pouvoirs vers les écoles et une plus grande implication des parents dans les décisions.

Parmi les nouvelles cibles qu'aura le gouvernement, on retrouve notamment l'école obligatoire de 5 à 18 ans et offrir la maternelle 4 ans partout dans la province. Mentionnons que ces deux idées étaient également prônées par la Coalition avenir Québec (CAQ).

M. Proulx souhaite aussi revoir le modèle de financement des services aux élèves en difficulté d'apprentissage, créer un Institut national d'excellence en éducation et mettre en place un ordre professionnel des enseignants.

Réactions de la FCPQ

La FCPQ accueille favorablement les propositions du gouvernement d'offrir la maternelle à 4 ans et de revoir les financements destinés aux élèves en difficulté d'apprentissage. La Fédération estime toutefois que le fait de rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans ne donnera «aucun résultat si le réseau fonctionne comme actuellement».

«Faire plus de la même chose ne changera rien! Les problèmes de ressources, de dépistage de problématiques dès le plus jeune âge ou de persévérance scolaire ne pourront se résoudre avec une telle mesure si des changements ne sont pas apportés au niveau de la décentralisation, du respect des instances décisionnelles et des choix pris dans les milieux et basés sur les besoins et la recherche», indique Mme Payne, qui s'est montrée très brève quand à l'idée de mettre sur pied un ordre professionnel des enseignants. «Avons-nous les moyens de s'acheter une autre chicane?» conclut la présidente.

Ce qu'elles ont dit...

«On pensait sincèrement que M. Proulx voulait travailler avec les enseignants plutôt que d'imposer au milieu des façons de faire en vogue sans plus de réflexion.»

- Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement

«Concernant la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans, les études sont loin de faire consensus sur l'apport de cette solution à la réussite scolaire. Cette mesure ne peut être considérée à elle seule comme une solution pour augmenter la persévérance scolaire. Elle doit obligatoirement être accompagnée d'autres mesures d'appoint pour être efficace.»

- Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec

«Les présentations en commission parlementaire étaient unanimes : la priorité en éducation doit être la réussite des élèves, et la majorité des intervenants s'entendaient pour dire qu'une réforme de structures allait nous éloigner de cet objectif. Je suis heureuse que le ministre les ait entendus.»

- Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec

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