Trois jeunes empêchés de jouer au soccer à l'école de leur choix

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Ces trois adeptes de soccer (ici accompagnés de leurs parents) ne peuvent aller dans le programme sport-études de l'école des Berges car celle-ci fait partie d'une autre commission scolaire que la leur, qui dit offrir un programme équivalent.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Jalouse des élèves de son territoire, la commission scolaire (CS) des Premières-Seigneuries refuse qu'ils aillent apprendre et jouer au soccer ailleurs.

Paul, Loïc et Ismaël, qui seront en 4e et 5e année du primaire en septembre, ont été acceptés dans le programme de concentration soccer de l'école des Berges, à la commission scolaire de la Capitale. Ils ne pourront toutefois pas la fréquenter, car la CS des Premières-Seigneuries refuse de signer leur entente de scolarisation.

Elle justifie sa décision en soutenant qu'une de ses écoles (du Parc, à Beauport) offre un programme similaire et qu'ils n'ont qu'à s'y inscrire.

«C'est vraiment pas pareil! À l'école des Berges, il y a des tests d'admission et les élèves doivent être référés par leur association de soccer. À l'autre école, il faut seulement avoir un intérêt pour le soccer. C'est pas le même niveau!» argumente Véronique Girard, la mère de Loïc.

Les trois familles concernées par la problématique résident à la limite géographique entre les deux commissions scolaires. Si bien que l'école des Berges, qui est sur le territoire de la Capitale, est bien plus près de leurs maisons et de leurs lieux de travail.

Mme Girard a fait appel à la protectrice de l'élève pour faire changer d'idée la commission scolaire. Peine perdue. «Ils ont changé leurs règlements cette année, ce qui fait en sorte de la bâillonner. Elle n'a plus rien à dire dans ces cas-là!» s'insurge-t-elle.

Histoire qui se répète

C'est que la même problématique est survenue l'an dernier. Sept élèves souhaitant jouer au hockey et au soccer à l'école des Berges se sont vu barrer le chemin par les Premières-Seigneuries, et ce, même si la protectrice de l'élève avait établi que les programmes offerts n'étaient pas «équivalents». Après que l'affaire est sortie dans les médias, la CS s'était ravisée et avait permis aux jeunes d'aller étudier sur le territoire de la commission scolaire voisine.

En octobre 2015, les Premières-Seigneuries ont toutefois changé leur règlement pour enlever toute référence à l'équivalence des programmes. La CS considère que son offre de services s'est «considérablement élargie» depuis 1998, si bien qu'elle autorisera ses élèves à fréquenter une école d'une autre commission scolaire «uniquement lorsque la commission scolaire [des Premières-Seigneuries] n'offre par le programme particulier de formation pour lequel le parent demande une entente de scolarisation».

«Notre ancienne politique était difficile à appliquer», justifie Martine Chouinard, secrétaire générale de la commission scolaire, qui explique que les commissaires sont simplement revenus à un règlement «plus près de l'essence de la Loi sur l'instruction publique».

«On croit aussi beaucoup aux programmes de sport que l'on a. On a sélectionné de nouveaux entraîneurs de soccer, alors on pense qu'on offre le même type de services», explique Mme Chouinard.

Chaque année, la commission scolaire refuse une centaine de demandes similaires. En soccer, la commission scolaire ne cache pas qu'elle souhaite freiner «l'exil» vers la CS de la Capitale, surtout que maintenant, ses élèves ont accès au tout nouveau centre sportif Marc Simoneau.

«On ne pense pas brimer le parent ou l'enfant avec cette décision-là», lance Mme Chouinard, ce que réfute Véronique Girard et tous les parents concernés. «C'est pas parce que vous me demandez d'avaler quelque chose de force que je vais aimer ça en bout de ligne», dit-elle.

Kino Métivier, directeur de l'école des Berges, trouve pour sa part «décevant» de ne pas pouvoir accueillir ces candidats dans son programme. «Mais je trouve surtout que là-dedans, ce sont les parents qui sont perdants. Autant pour leur choix d'école que pour leur organisation familiale», déplore-t-il.

M. Métivier soutient que son programme attire des élèves de plusieurs commissions scolaires de la région, mais que ce n'est qu'avec la commission scolaire des Premières-Seigneuries que «ça accroche». «C'est dommage, parce qu'il y a des parents qui vont dire : je vais l'inscrire au privé, ça va être plus simple», évoque-t-il.

Demandes de scolarisation faites par des parents à la commission scolaire des Premières-Seigneuries

  • 2013-2014 : 544 (437 acceptées)
  • 2014-2015 : 485 (392 acceptées)
  • 2015-2016 : 477 (388 acceptées)

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