École obligatoire jusqu'à 18 ans: tous contre Legault

La députée de Québec solidaire, Françoise David, a... (Archives La Presse, Sarah Mongeau-Birkett)

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La députée de Québec solidaire, Françoise David, a cosigné une motion avec Alexandre Cloutier pressant l'Assemblée nationale de rejeter «l'idée de modifier les lois du travail pour que les employeurs ne puissent pas embaucher de jeunes décrocheurs, que ce soit à temps plein ou à temps partiel».

Archives La Presse, Sarah Mongeau-Birkett

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(Québec) Les libéraux, les péquistes et les solidaires s'unissent pour conspuer la proposition de la Coalition avenir Québec de rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans. Le parti de François Legault suggère aussi d'interdire aux décrocheurs de travailler pendant les heures régulières de classe avant qu'ils atteignent leur majorité.

«Quelle évidence avons-nous que de forcer un jeune à s'asseoir sur le banc d'école va améliorer sa persévérance, sa réussite et sa diplomation?» a demandé, mercredi, le premier ministre Philippe Couillard avant de répondre lui-même qu'il n'en existait aucune.

Il a noté qu'ajouter deux années supplémentaires coûterait 250 millions $. «L'argent serait beaucoup mieux employé à intervenir davantage précocement dans le parcours scolaire de l'enfant et à intervenir sur les élèves en difficulté», a fait valoir M. Couillard.

C'est le Parti québécois qui a sonné la charge contre la Coalition avenir Québec. «Lorsque j'ai entendu le porte-parole de la CAQ nous proposer de modifier les lois du travail pour que les employeurs ne puissent pas embaucher de jeunes décrocheurs, je suis presque tombé en bas de ma chaise», a décoché le péquiste Alexandre Cloutier. Il a qualifié la proposition de «farfelue».

Le député de Lac-Saint-Jean a cité le Conseil du patronat, selon qui un jeune décrocheur ne pouvant travailler pourrait, à la limite, devenir un sans-abri, un membre de gang de rue ou se livrer à la prostitution.

La députée de Québec solidaire, Françoise David, a cosigné une motion avec Alexandre Cloutier pressant l'Assemblée nationale de rejeter l'idée d'empêcher les employeurs d'embaucher des décrocheurs de moins de 18 ans.

Le plaidoyer de la CAQ

Même si c'est en vain, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a plaidé que le Québec ne devait pas demeurer dans le wagon de queue.

«En 1943, le Québec a été la dernière province à rendre l'école obligatoire à 14 ans. En 1988, le Québec a rendu l'école obligatoire jusqu'à 16 ans. Vingt-huit ans plus tard, en 2016, nous croyons, à la CAQ, que l'école devrait être obligatoire jusqu'à 18 ans ou jusqu'à l'obtention d'un diplôme.»

«L'école est déjà obligatoire jusqu'à 18 ans en Ontario, au Nouveau-Brunswick et dans 18 États américains. Et Barack Obama a annoncé dernièrement qu'il voulait étendre cette obligation à tous les États américains», a poursuivi M. Legault.

Son collègue François Bonnardel estime que le Parti québécois caricature la position de la CAQ. Il a expliqué qu'un jeune de moins de 18 ans qui serait obligé de décrocher pour des raisons de santé ou pour des questions financières pourrait obtenir une dérogation - pour autant que sa famille justifie sa demande - et ainsi tenter sa chance sur le marché du travail.

En 2010 et 2011, le Parti québécois a flirté avec l'idée de rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans ou jusqu'à l'obtention d'un diplôme, mais il l'a mise de côté par la suite.

Le modèle américain?

Que François Legault ait prononcé le nom du président américain n'a pas fait broncher Philippe Couillard. «Je ne sais pas si notre collègue, a-t-il dit à propos du chef caquiste, envie le système social américain, notamment les soins de santé, le système éducatif, mais il ferait mieux d'étudier davantage la question avant de présenter cet exemple.»

La CAQ demande par ailleurs au gouvernement «de développer sur cinq ans un système universel, mais non obligatoire, de prématernelle pour tous les enfants de quatre ans». Actuellement, un plan existe, mais il vise les quartiers défavorisés.

La solidaire Françoise David craint qu'un trop grand développement sur ce front nuise au réseau des centres de la petite enfance.

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