Cri du coeur de Paul Gérin-Lajoie

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Avec les années, les différents acteurs scolaires se sont refermés sur le système pour se parler entre eux, et non plus ouvrir le dialogue avec la population, croit l'ancien ministre de l'Éducation Paul Gérin-Lajoie.

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(Québec) Paul Gérin-Lajoie se désole du fait que la population ne se passionne plus autant pour les «affaires scolaires». Pas tant par manque d'intérêt que par manque d'information, croit-il.

Le Soleil a profité de son passage à Québec vendredi pour rencontrer celui qui a été le tout premier ministre de l'Éducation du Québec en 1964. À 96 ans, M. Gérin-Lajoie a la voix faible, le débit lent, mais les idées toujours aussi claires. 

«Si je compare à la situation telle qu'elle était en 1960-1965, à ce moment-là, il y avait un grand intérêt qui se manifestait dans la population à l'égard des affaires scolaires. Cet intérêt-là a diminué au cours des années, mais je pense que c'est à cause du manque d'information», évoque-t-il.  À l'époque, il avait fait trois ou quatre fois le tour du Québec avec sa famille en répétant aux gens : «Qui s'instruit s'enrichit». Une maxime qui parle autant d'enrichissement financier que personnel, et qui s'applique encore aujourd'hui. Sauf qu'elle a accumulé de la poussière.

Selon Paul Gérin-Lajoie, avec les années, les différents acteurs scolaires se sont refermés sur le système pour se parler entre eux, et non plus ouvrir le dialogue avec la population. Il blâme le «manque de communication des commissions scolaires», qui ne sont plus assez ouvertes sur leur communauté.

D'où le faible intérêt pour les élections scolaires, qui ont obtenu un taux de participation moyen de 5 % en 2014. «L'information doit être véhiculée! C'est honteux de se trouver dans cette situation-là», lance-t-il. 

Ayant toujours défendu les élections scolaires, M. Gérin-Lajoie demande maintenant au gouvernement de décréter qu'elles se tiennent en même temps que les élections municipales, même si l'Union des municipalités n'est pas chaude à l'idée. 

Un tel positionnement permettrait à la population de mieux connaître les enjeux qui touchent à l'éducation et susciterait des débats. Le gouvernement Couillard, lui, cherche plutôt à abolir le recours aux élections au suffrage universel dans le milieu scolaire. 

Réforme de la gouvernance

M. Gérin-Lajoie a été entendu jeudi par les parlementaires qui étudient le projet de loi 86 qui porte sur la réforme de la gouvernance dans les commissions scolaires. «Je pense que certains changements arrivent à point, mais il ne faut pas penser à un grand chambardement», prévient-il. Il accueille favorablement le droit de vote des parents au nouveau Conseil scolaire, en autant que ceux-ci soient mieux informés. En Europe par exemple, il existe des Écoles des parents, pour ceux qui s'intéressent à la question scolaire. 

M. Gérin-Lajoie a bon espoir que son mémoire trouve écho auprès du ministre de l'Éducation Sébastien Proulx. «Le ministre a manifesté un intérêt réel à connaître ce que je pense des besoins actuellement en éducation», évoque-t-il. 

Son fils François, qui l'accompagne pour l'entrevue, se montre assez confiant que des modifications importantes seront apportées au projet de loi 86. «Il [le ministre Proulx] vient juste d'arriver. C'est pas lui qui l'a écrit, et il nous l'a dit», lance-t-il. 

Quant au budget, qui accorde une croissance des dépenses de 3 % à l'éducation, Paul Gérin-Lajoie ne l'a pas étudié attentivement, mais il est convaincu d'une chose touchant autant la population que le gouvernement. «Je pense que l'éducation ne reçoit pas toute l'attention qu'elle devrait, tous les soins que requiert la priorité qu'on doit lui donner.»

Paul Gérin-Lajoie, en compagnie de son fils François,... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 2.0

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Paul Gérin-Lajoie, en compagnie de son fils François, était de passage à Québec pour présenter un mémoire sur le projet de loi 86, à l'étude par les parlementaires. Maintenant âgé de 96 ans, le tout premier ministre de l'Éducation au Québec souhaite notamment que les élections scolaires se tiennent en même temps que les élections municipales.  

Le Soleil, Caroline Grégoire

La Dictée PGL a 25 ans

Devenue un classique dans les écoles québécoises, la Dictée PGL fête ses 25 ans cette année. La grande finale aura lieu le 29 mai à Québec. 

En attendant, ce dimanche 20 mars, sur le coup de midi, le grand public est invité à mettre ses méninges à contribution pour la Grande dictée en ligne, une première. Le texte sera lu en direct sur le Web par Michaëlle Jean, secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, pour souligner la Journée internationale de la Francophonie. Les internautes devront quant à eux taper les mots sans faire de faute d'orthographe.

Il est possible de s'inscrire jusqu'à la toute dernière minute au www.sansfaute.ca. «On a fait les tests cette semaine, et tout s'est bien passé. On a l'espoir que dorénavant, ce sera la façon de faire», dit François Gérin-Lajoie, président de la Fondation Paul-Gérin Lajoie, qui prend le virage vers les dictées numériques.

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