Budget éducation: des millions dans le béton

Le gouvernement a choisi de rénover des écoles... (Archives La Presse, Marco Campanozzi)

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Le gouvernement a choisi de rénover des écoles et d'aider les jeunes apprenants.

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(Québec) Après une année de vaches maigres, le réseau de l'éducation retrouve le rythme de croissance des dépenses qu'il a connu au cours des 10 dernières années. Le gouvernement a choisi de rénover des écoles et d'aider surtout les jeunes apprenants, en doublant le nombre de maternelles 4 ans et en ciblant l'apprentissage de la lecture et de l'écriture dans les milieux défavorisés.

Le gouvernement réinjecte 1,2 milliard $ sur trois ans, une somme qui ramène la croissance des dépenses à 3% jusqu'en 2019. De cette somme, 700 millions $ iront dans le béton, soit dans la rénovation des écoles vétustes, et 500 millions $ dans l'aide directe aux élèves. 

Les écoles qui ont les besoins les plus criants, surtout situées dans la région de Montréal, seront rénovées en premier. C'est dans le réseau préscolaire et primaire que l'on retrouve les écoles les plus vétustes (33% des bâtiments sont en mauvais état). 

Une partie du budget (100 millions $) sera dirigé vers les écoles qui veulent faire des rénovations écoresponsables, tandis qu'une autre (50 millions $) servira à construire des gymnases et d'autres infrastructures sportives, en partenariat avec les municipalités. 

Pour ce qui est de la réussite scolaire, le budget reflète une volonté du gouvernement d'«agir tôt et au bon endroit». Dès l'année scolaire 2016-2017, le nombre de maternelles 4 ans doublera dans les milieux défavorisés, avec l'ajout de 70 nouvelles classes. Ces classes ont déjà démontré leur efficacité, en développant davantage le langage de ces enfants, prévenant ainsi des difficultés scolaires qui pourraient survenir plus tard.

La part du lion ira à l'encadrement des jeunes qui ont des difficultés à apprendre à lire et à écrire. Environ 29 000 élèves de 4 à 9 ans ciblés comme plus vulnérables profiteront de nouvelles mesures d'aide. L'implantation d'un nouveau programme d'éveil à la lecture et à l'écriture chez les tout-petits démontre une collaboration entre le ministère de l'Éducation et le ministère de la Famille, tout deux dirigés par Sébastien Proulx. 

Pour contrer le décrochage scolaire, le gouvernement mise sur les activités sportives et culturelles à l'école. 

Rappelons que l'an dernier, le milieu de l'éducation avait subi un dur coup, se contentant d'une augmentation de dépenses de 0,9%. Des parents et des enseignants se sont mobilisés, entourant les écoles et manifestant dans les rues, pour que l'éducation redevienne une priorité. 

Le ministre des Finances Carlos Leitao dit avoir entendu cette «colère», tout en précisant qu'elle n'a pas empêché tous les syndicats en enseignement de signer des conventions collectives avec le gouvernement.  

Du côté syndical, le présent budget est loin de réjouir. «L'austérité est pas finie. C'est pas que les objectifs sont pas louables, c'est que les moyens ne sont pas à la hauteur», a commenté Louise Chabot, présidente de la CSQ.

Des cégépiens plus mobiles pour favoriser les régions

Bénéficiant aussi d'une croissance des dépenses de 3%, les cégeps et les universités pourront mieux respirer. «Ils auront plus d'argent que pour simplement couvrir les coûts du système. C'est un véritable réinvestissement», s'est réjouie Hélène David, ministre de l'Enseignement supérieur. 

Selon elle, les recteurs d'université, qu'elle rencontre vendredi, devraient être satisfaits et mettre derrière eux les années plus difficiles. Pour Bernard Tremblay, président de la Fédération des cégeps, cet «argent neuf» ne permet pas d'oublier le passé, mais est «un bon signe». 

«On est dans le strict minimum. On peut pas dire que l'éducation est une grande priorité du gouvernement», croit pour sa part Antoine Côté, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec. 

Très attendue, le gouvernement crée une nouvelle mesure de mobilité pour les cégeps. Des étudiants des grands centres comme Montréal et Québec auront des avantages financiers à aller étudier à Sept-Îles ou à Gaspé. Une mesure qui permettra de mieux répondre aux besoins des régions et peut-être même de sauver certains programmes, durement affectés par la démographie à la baisse. Les modalités de cette mesure restent toutefois à déterminer.  

Ce programme de mobilité favorisera aussi le recrutement d'étudiants à l'international.

Ce qu'ils ont dit

«Pour nous, c'est nettement insuffisant. On n'a pas la même définition de signal fort en éducation»

- Louise Chabot, présidente de la CSQ

***

«Nos élèves méritent mieux que 50 sous par jour»

- Amir Khadir, député de Québec solidaire

***

«C'est sûr qu'on est heureux. Après cinq années difficiles, on sent vraiment un effort du gouvernement»

- Bernard Tremblay, président de la Fédération des cégeps

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