Le projet de loi 86 rate la cible, dit le Conseil supérieur de l'éducation

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) En désaccord avec les grandes lignes du projet de loi 86, le Conseil supérieur de l'éducation appelle le ministre Sébastien Proulx à la plus grande prudence. Parce que s'il est adopté tel quel, les directions d'école n'auraient pas beaucoup plus de pouvoir qu'avant.

En commission parlementaire mercredi, Lucie Bouchard, présidente par intérim du Conseil, a constaté que le grand objectif du projet de loi, soit la décentralisation des pouvoirs, n'était pas au rendez-vous. Le projet de loi centralise plutôt la prise de décision entre les mains du ministre. Les écoles ne voient pas leur charge administrative réduite, et n'y gagnent en fait pas grand-chose. Le projet de loi ne fait que prendre des acteurs de l'école (comme des directeurs, des profs, des parents impliqués) pour les asseoir à la commission scolaire.

«Est-ce qu'on n'est pas en train de royalement rater notre coup?» lui a demandé le député caquiste Jean-François Roberge. Mme Bouchard a poussé un long soupir avant de répondre que «le Conseil doute» que les écoles aient plus de marge de manoeuvre avec ce projet de loi.

Lucie Bouchard craint également que les futurs conseils scolaires se transforment en «conseils de consommateurs», où l'intérêt individuel prime sur l'intérêt collectif. Les parents auront entre les mains un grand pouvoir, eux qui seraient nommés par leurs pairs et qui nommeraient aussi les membres de la communauté qui siégeraient avec eux.

«La voix des parents usagers prend la place de celle des citoyens [...] Pourtant, les enjeux éducatifs concernent l'ensemble de la communauté», a-t-elle déploré.

Ainsi, le Conseil supérieur de l'éducation souhaite que les élections scolaires soient préservées, à tout le moins pour les sièges des représentants de la communauté. Un vote électronique, par exemple, pourrait être mis en place.

Le Conseil note que le système de gouvernance actuel mérite «des redressements prudents». Il est en désaccord par exemple avec le plus grand pouvoir dévolu aux parents au sein des conseils d'établissement. Leurs visées pourraient se heurter à celles des profs, qui restent les experts de la pédagogie, croit Mme Bouchard.

Réussite de tous?

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse n'a pas été reçue en commission parlementaire, mais elle a tout de même déposé un mémoire. Elle dit craindre que le projet de loi 86 favorise les inégalités entre les élèves parce qu'il vise «la persévérance et la réussite scolaires du plus grand nombre d'élèves». La Commission demande au gouvernement de plutôt viser la persévérance et la réussite de «tous les élèves, sans exception». Les enfants immigrants, handicapés ou en difficulté d'adaptation et d'apprentissage devraient avoir les mêmes chances que les autres, croit la Commission.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer