350 M$ pour les 350 ans de l'Université Laval

Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière

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(Québec) S'inspirant des grandes universités américaines, l'Université Laval a lancé jeudi la plus grande campagne de financement de son histoire. Elle souhaite s'offrir un cadeau de 350 millions $ pour ses 350 ans, et compte sur la fierté et le sentiment d'appartenance de ses diplômés pour y arriver.

Lors de cette campagne, qui se terminera en mai 2017, l'Université ne met pas de l'avant un grand projet porteur. Elle sollicite plutôt les dons des entreprises et du public pour assurer sa mission de façon générale. Et pour faire en sorte que les dollars qui seront donnés cette année deviennent récurrents.

Le recteur Denis Brière parle de changer les mentalités. «Si on peut changer cette culture philanthropique, ça va vraiment nous aider à long terme.» Au cours de l'année, la Fondation tentera de solliciter tous ceux qui ont fait des études à Laval. Ils sont 280 000 de par le monde, dont plus de la moitié résident toujours dans la grande région de Québec. Mais du nombre, seulement 10 000 sont déjà des donateurs.

«On dit tout le temps que les Québécois donnent moins que les autres. Moi, je crois pas tout à fait à ça. Moi, je crois que si on est bien structurés, si on développe le sentiment d'appartenance, les gens vont donner plus», soutient M. Brière, concédant que «ça se fera pas du jour au lendemain».

Selon lui, l'objectif de 350 millions $ est «ambitieux», mais tout de même réaliste. Déjà, la Fondation a réussi à amasser 280 millions $ en cinq ans, dans la phase silencieuse de sa campagne. Elle compte sur le public pour amasser le 20 % manquant, qui sera très utile au développement de l'institution. «On met à risque le développement de la région si l'Université Laval cesse de se développer», soumet M. Brière.

Harvard comme modèle

Yves Bourget, pdg de la Fondation de l'Université Laval, dit rêver «presque toutes les nuits» au modèle de l'Université Harvard, à Boston, qui a réussi à développer une grande fierté chez ses diplômés. Plus près de nous, il est aussi impressionné par ce que McGill, à Montréal, réussit à faire. «La balle est dans notre camp, c'est à nous de communiquer encore plus avec eux [les diplômés], pour resserrer le sentiment d'appartenance.»

Déjà, jeudi soir, quelque 2500 amoureux de l'institution se sont réunis au PEPS pour assister à un spectacle-gala mettant en vedette Marc Hervieux et Gregory Charles. La semaine prochaine, les membres de l'Association des diplômés de l'Université Laval seront appelés à se prononcer sur une fusion avec la Fondation de l'Université Laval. «En mariant nos efforts, avec une plus grande souplesse d'opération, ça va nous permettre d'être encore plus efficaces», croit M. Bourget.

Pour lui, peu importe le montant que le public est prêt à offrir, c'est le geste qui compte. La Fondation gère 850 fonds différents, si bien que le donateur peut choisir s'il donne à la recherche en santé, à la Faculté de musique, ou aux étudiants en administration, par exemple.

Le gouvernement du Québec contribue à 51 % du budget de l'Université Laval. Le reste provient des droits de scolarité des 50 000 étudiants et des contributions privées.

+++

NOTE: L'Université Laval joue sur le thème de son 350e anniversaire - qui date de 2013 - pour cette campagne de financement. Sauf qu'officiellement, elle a été créée en 1852. C'est son ancêtre, le Séminaire de Québec, un collège de formation de prêtres, qui est né en 1663.

Les conditions d'après-mandat ne nuiront pas, juge le recteur Brière

Le recteur Denis Brière est convaincu que toute l'affaire de la bonification des conditions d'après-mandat des hauts dirigeants de l'Université Laval, qui a fait la manchette au cours des derniers mois, ne nuira pas à la présente collecte de fonds.

«Je pense qu'on a eu deux questions [des donateurs] là-dessus», lance-t-il aux journalistes. M. Brière a de nouveau défendu cette «décision très sage» du conseil d'administration, qui, au lieu d'augmenter les salaires, a proposé que les hauts dirigeants qui restent longtemps en poste soient récompensés après la fin de leur mandat.

«Mon salaire, c'est le plus bas des 15 grandes universités de recherche au Canada», plaide-t-il, ajoutant que l'Université maintient son équilibre budgétaire depuis plusieurs années, ce qui rassure les donateurs.

M. Brière s'est aussi dit prêt à fournir toute l'information nécessaire sur les salaires à Hélène David, la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur, même s'il considère que les livres de l'Université Laval sont déjà ouverts. «On n'a pas de cachettes à faire! Du tout, du tout, du tout. Et on n'a pas honte de notre système de rémunération», martèle-t-il.

La ministre David a déjà averti les universités que la rémunération des hauts dirigeants sera le sujet numéro un de la rencontre du Bureau de coopération interuniversitaire, le 18 mars.

Les grandes campagnes de financement de l'Université Laval

1920 : Le clergé amasse 2 millions $ et donne naissance à six facultés : biologie, chimie, arpentage, génie forestier, agriculture et sciences sociales.

1948 : Mgr Maurice Roy et le premier ministre Maurice Duplessis récoltent 10 millions $. L'Université Laval déménage du Vieux-Québec à la cité actuelle, dans Sainte-Foy.

1966 : Présidée par le premier ministre Daniel Johnson, cette campagne recueille 35 millions $ et permet la construction du PEPS, premier grand complexe sportif à Québec.

1986 : L'Université amasse 43 millions $ qui l'aident à acquérir du matériel scientifique et informatique et à construire de nouveaux pavillons.

1994 : Les chaires de recherche, les bourses d'excellence et la bibliothèque sont au coeur de cette collecte de fonds, qui atteint 63 millions $.

2002 : Ayant étudié le droit à Laval, Brian Mulroney accepte la présidence d'honneur de cette campagne. Le comité récolte 220 millions $.

2016 : Cinq personnalités d'affaires souhaitent amasser 350 millions $. Il s'agit de Charles Brindamour (Intact), de Sophie Brochu (Gaz Métro), de Michel Dallaire (Cominar), d'André Desmarais (Power Corporation) et d'Andrew Molson (RES PUBLICA).

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