Gaspé attire de plus en plus de cégépiens de l'extérieur

Cassandre Vassart Courteau, Nathan Bouffard, Catherine Mercier et... (Collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

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Cassandre Vassart Courteau, Nathan Bouffard, Catherine Mercier et Benjamin Décarie Daigneault ont quitté la région de Montréal pour venir étudier à Gaspé et vivre une nouvelle expérience. Ils ne sont pas les seuls: 25 % des étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles ne sont pas originaires de la région.

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

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Geneviève Gélinas

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Le Soleil

(Gaspé) Ils sont quatre jeunes originaires de Montréal et des environs. Ils partagent une maison à Gaspé, le temps de compléter leurs études collégiales, à 900 kilomètres de chez leurs parents. Ces cas sont loin d'être rares au Cégep de la Gaspésie et des Îles où le quart de la clientèle vient désormais de l'extérieur de la région.

Benjamin Décarie Daigneault, étudiant en Sciences humaines, est originaire de Boucherville. Il aurait pu fréquenter un cégep à dix minutes d'autobus de chez lui. «J'avais un désir de quitter la ville, de m'émanciper du milieu familial. Avec mon ex-copine, on s'est dit qu'on allait faire quelque chose de différent, un voyage ou aller étudier ailleurs. On a pris la carte du Québec et on a choisi l'endroit le plus loin.»

Cassandre Vassart Courteau étudiait au collègue anglo-montréalais John-Abbott, qui offre une session d'échange avec le Cégep de la Gaspésie. Elle en avait assez de la routine et s'est inscrite même si elle n'avait jamais mis les pieds en Gaspésie. «J'ai réalisé que je m'en allais aussi loin juste à l'arrêt d'autobus à Rimouski. On est arrivés à Gaspé en pleine nuit.» Rien pour traumatiser Cassandre. Elle est restée deux sessions plutôt qu'une, est repartie à Montréal un an et est de retour au campus de Gaspé depuis janvier.

Certains de leurs proches leur avaient prédit une vie morne. «J'entendais "tu vas t'ennuyer, il n'y a rien à faire". Mais je suis 100 millions de fois plus actif qu'avant», lance Benjamin, qui cumule les activités parascolaires. À force de témoigner en faveur de la région, il a convaincu six autres étudiants de tenter Gaspé. Comme ses trois colocs, il partira vers l'université à l'automne, mais rêve de revenir en Gaspésie ensuite.

25 % des étudiants

Sur les 1064 étudiants inscrits au Cégep de la Gaspésie et des Îles à la dernière rentrée, 204 venaient d'autres régions du Québec et 59, de l'international. Au total, 25 % des étudiants ne sont donc ni Gaspésiens ni Madelinots. C'était 21 % l'année précédente.

Ces chiffres n'incluent pas 26 étudiants des collèges de Montréal qui participent cet hiver au programme de mobilité d'une session dont a bénéficié Cassandre il y a deux ans.

En Techniques du tourisme d'aventure, un programme unique au Québec dispensé au campus de Gaspé, presque tous les étudiants viennent de l'extérieur.

Le Cégep attire aussi des étudiants de France avec des programmes de double diplomation. Ces jeunes ont un diplôme technique français et décrochent un DEC au Québec en une année de plus. En Technologie forestière, 7 des 18 étudiants sont Français, dont 4en double diplomation.

Moins de moyens

«Si on remonte à leur création, les cégeps étaient là pour répondre à la clientèle régionale. Mais comme on vit un déclin démographique et qu'on veut continuer à offrir une diversité de programmes, l'objectif est d'avoir un nombre conséquent d'étudiants. Pour ça, il faut sortir de la région», dit le directeur général du Cégep, Yves Galipeau.

De 2011 à 2016, des dizaines d'étudiants ont reçu des bourses du Cégep et de la Conférence régionale des élus, pour un total de 461000 $. Ces montants auront toutefois disparu à la fin de l'année scolaire, la CRÉ ayant été abolie.

Les budgets de recrutement ont pâti des coupes au collégial. De 212000 $ investis en 2010-2011, ce montant est passé à 128 000 $ en 2015-2016. Ces sommes n'incluent pas les ressources humaines : le nombre d'employés qui peuvent se consacrer au recrutement a fondu lui aussi.

«On aimerait avoir plus d'argent. Mais le fait d'en avoir moins nous a amenés à être plus attentifs à nos stratégies. On utilise davantage les médias sociaux. On met des ressources en commun avec les cégeps de l'Est-du-Québec», illustre M. Galipeau.

Des recrues internationales dans les cégeps de l'Est

D'autres cégeps de l'Est-du-Québec comptent sur le recrutement hors région pour compenser le déclin démographique. Au Cégep de Matane, il y a autant d'étudiants originaires de la MRC de la Matanie que d'étudiants étrangers, soit 222, ce qui représente 31 % des effectifs. C'est quatre fois plus qu'il y a cinq ans. «On reçoit des étudiants étrangers par exemple en informatique ou en électronique industrielle, des programmes où il y a des besoins en main-d'oeuvre au Québec», indique la responsable des communications, Brigitte Lavoie. Pour y arriver, le Cégep signe des ententes - il en existe 60 juste avec la France - avec des établissements de l'extérieur.

Le Cégep de Sept-Îles compte une soixantaine d'étrangers, soit près de 10 % de sa clientèle. Vers 2008, les premières recrues sont arrivées de Nouvelle-Calédonie, où le développement des mines faisait grimper les besoins de main-d'oeuvre formée notamment en Technologie minérale ou en maintenance industrielle. Leur nombre a changé la face du cégep... et ses succès sportifs. «Ça nous faisait une solide équipe de soccer!», lance le directeur des études, Marc Lavoie. La provenance des étudiants s'est diversifiée depuis, les moyens de les attirer aussi. «On offre des bourses et on les amène à New York à Pâques», illustre M. Lavoie.

Au Cégep de Baie-Comeau, entre 10 % et 18 % des étudiants viennent d'ailleurs que de la Côte-Nord depuis cinq ans, soit entre 80 et 120 personnes. Ce recrutement permet d'amortir en partie la baisse de la clientèle, qui a chuté de 9 % depuis 2010. Un programme unique au Québec, Techniques d'aménagement cynégétique et halieutique (un programme en chasse, pêche et plein air), draine à lui seul 104 étudiants, dont beaucoup de l'extérieur.

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